jeudi 13 décembre 2018

Entre deux rives

Un pêcheur en perdition
Réalisateur : Kim Ki-duk, né en 1960 ; réalisateur, producteur, scénariste. 5 ans dans la marine, 2ans dans un monastère… après un passage en France il est passionné de cinéma. Prix de scénario en Corée. L’île en 2000 est son premier grand succès. Il récolte de nombreux prix. Wikipdia
Pays : Corée du Sud Année : 2016
Acteurs : Ryoo Seung-bum (Nam Chul-woo, le pêcheur) ;Lee Won-geun (Oh Jin-woo, sa sécurité) ; Young-Min Kim (le méchant inspecteur)
Dir. Photo : Young-sam Jung
Résumé : Un pêcheur malchanceux tombe en panne de moteur dans un lac qui fait la démarcation entre les deux Corées. Il est capturé par les forces de l’ordre Sud Coréennes et interrogé sur les raison de son incursion sur le territoire. En fait il est détenu « provisoirement ». Les séances de questionnement sont dures à la hauteur de l’esprit tortueux de l’inspecteur. Suivent des tentatives de le faire rester dans le Sud, et une mise à l’épreuve hasardeuse dans Séoul. Enfin autorisé à retourner chez lui, après un coup de publicité TV, il doit subir d’autres types d’interrogatoires des autorités communistes…
« De chaque côté, le pauvre pêcheur subit le même cauchemar kafkaïen : il est considéré comme suspect quoi qu'il fasse, avant d'être instrumentalisé par la propagande. Un vrai héros de tragédie, que l'interprétation habitée de Ryoo Seung-bum rend très émouvant. » Samuel Douhaire
« Indubitablement, le cinéaste avait beaucoup à dire sur l’aliénation déshumanisante vers laquelle a mené l’antagonisme belliqueux entre les deux régimes coréens, pourtant la façon qu’il a de les mettre dos à dos pour dénoncer leur manque de considération envers un pauvre homme littéralement pris dans les mailles du filet, manque cruellement de subtilité. » Avoir à lire
Filmographie : L'Île, Adresse inconnue, The Coast Guard ; Printemps, été, automne, hiver… et printemps ; Samaria, Locataires, L'Arc ; Entre deux rives 
Avis : Film intéressant sur le plan des rivalités entre les deux Corées. Ryoo Seung-bum est excellent et fait oublier le manque de vitalité du scénario plombé par le côté Kafkaïen.
Note : 8/10 Rédigé par Jacquie


vendredi 7 décembre 2018

Dheepan

Festival de Cannes 2015 : Palme d'or
 Un moment tranquille (sur unifrance.org)
Réalisateur : Jacques Audiard, réalisateur, scénariste français né en 1952. César du meilleur réalisateur en 2006 pour De battre mon cœur s'est arrêté et en 2010 pour Un prophète.
Pays : France Année : 2015
Acteurs : Antonythasan Jesuthasan (Dheepan, l’homme) ; Kalieaswari Srinivasan (Yalini, la femme) ; Claudine Vinasithamby (Illayaal, la fille) ; Vincent Rottiers (Brahim) ; Marc Zinga (Youssouf)
Dir. Photo : Éponine Momenceau
Résumé : Un combattant Tamoul tente de fuir le Sri Lanka après la guerre civile. Pour mieux passer, il prend l’identité d’un homme décédé et trouve une femme pour faire office d’épouse et une fillette. Arrivés en France ils sont hébergés à différents endroits jusqu’à ce qu’on leur propose un poste de gardien d’immeuble dans une banlieue nauséabonde. Le film décrit un peu leurs difficultés d’intégration et leurs difficultés à former une famille unie. Des difficultés persistent entre la fille et sa pseudo mère, entre Dheepan et sa pseudo épouse qui ne songe qu’à rejoindre sa sœur en Angleterre. L’atmosphère est très violente à l’extérieur car une bande à élu domicile sur place et prépare des mauvais coups. La rivalité avec une autre bande donne lieu à des violences dont des coups de feu. Yalini qui travaille dans cet escalier à problème est subjuguée par la figure du jeune chef de bande et se fait dangereusement remarquer. Suit un délire de violence et de bataille rangée dans laquelle Dheepan prend part pour sauver Yalini qui l’a appelé au secours….
Autant la fuite du Sri Lanka et les difficultés d’intégration en France sont intéressantes, autant la bataille rangée des dealers est sans attraits,autant la fin est encore plus nulle, incroyable!
« Si la greffe prend mal entre la chronique sociale et le revenge movie, c’est que le film poursuit un troisième cheminement, celui du conte. Impossible dans une France qui ne parvient qu’à déchaîner une agressivité sourde, l’assimilation rêvée se fera dans un autre ailleurs, édénique, celui-ci. Dans l’épilogue londonien, Yalini, sourire aux lèvres et nourrisson dans les bras, joue littéralement la conclusion du conte de fée auquel elle aspirait : « Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants. » Raphaëlle Pireyre  « Dès qu’il arrive en France, Dheepan est mû par une lutte intérieure, par le souvenir enfoui de sa capitulation face à l’ennemi. Il avoue d’ailleurs lui-même son échec face à son ancien colonel dans une scène didactique. Mais le spectateur aimerait ressentir cette violence interne," Dounia Georgeon
Filmographie : Sur mes lèvres ; De battre mon cœur s'est arrêté ; Un prophète ; De rouille et d'os ; Dheepan
Avis : Film hétéroclite qui raconte les tribulations de deux immigrés particuliers, exfiltrés après une guerre. De la violence là-bas ils passent à la violence criminelle ici. Ce n’est pas le meilleur d’Audiard.
Note : 8/10 Rédigé par Jacquie


mardi 27 novembre 2018

Jonas

Multi-récompensé au Festival de la fiction TV de La Rochelle 2018 
Félix Maritaud en Jonas adulte
Réalisateur : Christophe Charrier ; scénariste et réalisateur français né en 1980. Assistant de production pour Jacques Audiard, et d’autres. Clips vidéo, court métrages. Jonas est sa première fiction pour la TV.
Pays : France Année : 2018
Acteurs : Félix Maritaud (Jonas adulte) ; Nicolas Bauwens (Jonas adolescent) ; Tommy-Lee Baïk (Nathan) ; Aure Atika (la mère de Nathan) ; Ilian Bergala (Léonard)
Dir. Photo : Pierre Baroin Musique : Alex Beaupain
Résumé : Un téléfilm proposé et soutenu par Arte. Le montage des scènes est quelquefois difficile à saisir tant l’écriture est légère. Du coup on ne pige pas tout de suite ce que fait ce trentenaire ravageur qui crame comme une allumette. Il est en recherche de sexe comme beaucoup d’homos, mais sa recherche est particulière. Sa vie n’est pas un exemple à suivre, cigarettes, alcool, drogue, sexe et violence ; ce n’est pas très politiquement correct. Comment comprendre que c’est le même que l’ado craintif du début ?? 
Le film est intéressant à différents points de vue, dont l’aspect image avec ses nuits chaudes et oranges en moto. Les climats sont bien rendus par les images et les jeunes acteurs, couleurs, cadrages angoissants. On est toujours surpris par les événements. Le thème de l’enlèvement d’enfants au moment de la crise ado est original et pourquoi pas porteur de réflexion, l’homosexualité, souvent traitée, en rajoute une couche. On peut s’attendre à d’autres bons films de ce réalisateur.
« Glissant d’une époque à l’autre au fil d’un montage d’une bluffante fluidité, Jonas, premier long métrage de Christophe Charrier, diffusé sur Arte, se resserre doucement sur l’événement traumatique qui hante son héros… Jusqu’à une scène de pur effroi — et de pure mise en scène —, comme on ne les oublie pas. » Isabelle Poitte
Avis : Pour un premier film c’est très bon. Le thème est original et les acteurs présents.
Note : 9/10 Rédigé par Jacquie


dimanche 25 novembre 2018

Wajib

La  vie quotidienne
Réalisateur : Annemarie Jacir née à Bethléem en 1957. Réalisatrice, et scénariste « qui mêle la fiction à la réalité du quotidien des territoires palestiniens et l’histoire de la Palestine à sa propre histoire » « Parallèlement à son travail de réalisatrice, Jacir a ainsi mené depuis le début des années 2000 un travail de recherche, de conservation et de diffusion des archives filmiques palestiniennes à travers le projet Dreams of a Nation. » Orient XXI
Pays : Palestine Année : 2017
Acteurs : Mohammad Bakri (Abu Shadi, le père) ; Saleh Bakri (Shadi le fils) ; Maria Zreik (Amal) Dir.Photo : Antoine Héberlé
Résumé : Shadi qui est architecte en Italie revient au pays, à Nazareth (Palestine/Israël) pour le mariage de sa sœur. Selon la coutume, il accompagne son père porter les invitations en mains propres. Shadi qui a quitté le pays depuis quelques années, est décalé par sa vie européenne, il est souvent choqué de voir la misère intellectuelle dans laquelle vivent ses compatriotes. Dans ses réflexions sur l’esthétique de la ville et de ses habitations il y a la douleur d’un artiste devant la laideur… mais aussi la pitié devant les voisins et amis qui sont si gentils. Les sujets de désaccord avec son père sont nombreux et non limités aux considérations sur la famille et le mode de vie. On trouve en sous jacence le conflit Israélo-palestinien avec la présence d’Israéliens dont certains sont chargés de « surveillance » plus ou moins masquée.
Le conflit éclate entre le père et le fils, ce dernier ne se rendant pas compte de ce que c’est que de vivre cette occupation au jour le jour. En bref, il est toujours facile de critiquer et moins de faire. Le père a du mal à accepter le regard européen que véhicule son fils… et vice versa Shadi pense que son père le méprise, et c’est grâce à la conversation avec un voisin qu'il comprendra combien son père l’aime malgré cela. L’image de la fin, en conclusion, un café partagé dans la nuit montrera une acceptation des faits par le fils et des pas en avant par le père..
« Une ville belle et abandonnée à la fois, jonchée de poubelles et de bâches défigurant des maisons et des paysages à la beauté orientale, des gens sous tension permanente qui s’efforcent de maintenir une tenue entre le stoïcisme de la fidélité à la terre et la mort à soi-même. Le conflit entre le père et le fils recouvre ainsi l’oscillation douloureuse, kafkaïenne, dirait-on, de l’identité des Palestiniens d’Israël, qui ont fait le choix de rester dans un pays dont ils sont devenus citoyens mais qui leur demeure étranger. » Le Monde Jacques Mandelbaum
Filmographie : Le sel de la mer ; Wajib
Avis : Un film mi-fiction, mi-documentaire sur une grande ville en Palestine de population mixte (musulmans, chrétiens, juifs). Les traditions culturelles sont tenaces les habitudes aussi…. Il ne manque qu’un peu de paix et d’amour pour que la ville soit belle.
Note : 7/10 Rédigé par Jacquie

mardi 20 novembre 2018

L’avenir


Merci Arte ! visible toute la semaine en replay
 
Berlinale 2016 : Ours d'argent du meilleur réalisateur 
Les indifférents? Photo Press kit
 
Réalisateur : Mia Hansen-Løve, réalisatrice française née en 1981. Fille de deux profs de philo… entre au conservatoire d’art dramatique, puis se lance dans le cinéma. Travaille aux cahiers du cinéma, tourne des courts métrages. Tout est pardonné est son premier film. Wikipedia
Pays : France Année : 2016
Acteurs : Isabelle Huppert (Nathalie) ; Édith Scob (Yvette) ; Roman Kolinka (Fabien) ; André Marcon (Heinz)
Dir.Photo : Denis Lenoir Musique airs de Woody Guthrie ; Shubert
Résumé Un couple de profs de philo, se sépare pour des raisons qui leurs sont propres. Nathalie magistralement interprétée par Isabelle Huppert, tient sa force dans son enracinement dans le présent et dans la réflexion philosophique. Nathalie à la cinquantaine va voir son monde affectif se lézarder, une partie de ses intérêts, écrire des livres sur les philosophes, va être frappé de porte close chez son éditeur. Bref tout s’écroule autour d’elle et c’est une situation assez commune à ces âges-là, où bien des virages doivent se prendre. On voit alors un personnage qui va plier sous le vent comme le roseau de La Fontaine, et puiser dans son métier et les philosophes matière à garder le sens du présent. Sa vocation et son engagement pour les étudiants, sera son viatique. Elle n’a aucune illusion sur le fait de retrouver un compagnon, c’est ce qu’elle dit à son ancien étudiant un peu amoureux. Sa vie est faite de relations à sa famille, à ses amis, au monde virtuel des livres et à la puissance de la pensée au service de la vie. L’esprit et le discernement au secours de l’envahissement des affects.
« … Et dès lors L’Avenir, narration d’une totale limpidité, n’est plus, ou plus seulement, la chronique d’une femme, ou l’histoire d’un passage à un ailleurs d’un personnage dans l’âge qui vient.
C’est un flot irisé d’une infinité d’échos, de suggestions, d’harmoniques. Cette aventure de l’existence vaut pour chacun, à n’importe quel âge, de n’importe quel sexe, dans n’importe quelle situation matérielle, sociale, conjugale… » Jean Michel Frodon
« Comme à son habitude, Hansen-Løve prend le temps qu’il faut pour poser chaque scène, pour installer au fur et à mesure le personnage, son entourage et son environnement, de repas de famille en réunions désaccordées avec le nouveau service marketing de son éditeur, de cours en classe en discussions intellectuelles avec son ancien étudiant (nimbées d’un léger suspense érotique), de débats avec son mari en disputes avec sa mère aussi envahissante qu’hystérique. » Serge Kaganski
Voir aussi Film du losange Presskit
Filmographie : Tout est pardonné ; Le Père de mes enfants ; L'Avenir
Avis : Le moment présent d’une femme, « au midi un quart » de sa vie. Portrait touchant de ses désillusions et combats pour simplement être. Enfin un film où les persos lisent des vrais livres ! 
Note : 9/10 Rédigé par Jacquie


dimanche 18 novembre 2018

La Villa


Réalisateur : Robert Guédiguian, réalisateur français né en 1953 à Marseille, est d'origine arménienne et fils d'un ouvrier électricien. Marseille, le milieu ouvrier, l’Arménie feront les sujets principaux de ses films. Profondément ancré à gauche depuis sa jeunesse, il est actuellement bouleversé par la déroute de la gauche et la montée du mercantilisme et de l’individualisme. Une belle carrière de cinéaste dans ce style qui lui est propre : un regard tendre pour les laissés pour compte. Prix « Un certain regard » au festival de Cannes 1997 pour Marius et Jeannette. Plus
Pays : France Année : 2017
Acteurs : Ariane Ascaride (Angèle) ; Jean-Pierre Darroussin (Joseph) ; Gérard Meylan (Armand) ; Anaïs Demoustier (Bérangère la compagne de Joseph) ; Robinson Stévenin (Benjamin le pêcheur) Dir.Photo : Pierre Milon
Résumé : Pour sûr un Guédiguian classique ! avec ses acteurs favoris qui sont quasiment sa famille (surtout Ariane Ascaride), et le souvenir du passé fondateur.
L’histoire est banale, sauf que le père de famille était de ces utopistes qui voyaient l’humanité chaleureuse, partageuse, éprise de sens commun. Entre eux une histoire de rancune, des incompréhensions, des vies souvent misérables à ras de terre mais un sens de l’honneur, du devoir. L’ancêtre plongé dans un profond silence dont il ne sortira pas ne peut plus répondre aux questions de ses enfants (s’ils les posaient !). Meurtris, ils sont réunis par cette mort prochaine, mais communiquent à peine. Le regard posé en arrière, ils ne peuvent se sortir de leur déconvenue et d’un climat d’huis clos lourd de non-dit. Le film vaut par cette évocation, les images des environs de Marseille et de sa rade, les sentiers des contrebandiers dans les pins. On revoit le viaduc gigantesque des films précédents, ici il symbolise le temps qui passe puis la communication magique à ceux qui ne peuvent pas parler.
Filmographie : À la vie, à la mort ! Marius et Jeannette ; À l'attaque ! Les Neiges du Kilimandjaro Avis : Un bon film à la gloire de la culture ouvrière telle qu’elle se partageait un temps. Avec son côté grégaire, solidaire, ses valeurs de l’amitié et l’espoir d’un futur radieux.
Note : 7/10 Rédigé par Jacquie



mercredi 14 novembre 2018

Toni Erdmann

Un clown triste veut récupérer sa fille
Sur Arte lundi 12 Nov
 
Réalisateur : Maren Ade, réalisatrice, scénariste et productrice allemande née en 1976. École de cinéma de Munich. Everyone Else, son deuxième film, a été sélectionné en compétition au Festival de Berlin et a remporté un ours d’argent.
Voir Wikipedia
Pays : Allemagne Autriche  
Année : 2016
Acteurs : Sandra Hüller (Ines Conradi) Peter Simonischek (Winfried Conradi ou Toni Erdmann)
Dir.Photo : Patrick Orth
Résumé : Ce film traite des relations d’un père à la retraite et de sa fille qui travaille corps et âme pour faire sa place dans le business international. Lui est un hurluberlu qui a toujours aimé faire des farces, présenté comme un individu qui ne sait pas communiquer. Sa fille de 37 ans a déjà réalisé une partie de sa carrière, elle est cadre international mais l’opiniâtreté avec laquelle elle mène ses projets professionnels lui cachent les réalités de la vie. En particulier, les sentiments sont absents, et en amour c’est plutôt catastrophique voire déviant ou pervers. Le père par sa présence toujours incongrue et fantasque essayer de la faire réfléchir sur la vie désincarnée qu’elle mène. Ce qui donne des situations cocasses, d’où la comédie ; mais c’est un drame celui des gens de la société des affaires implacable (business) et celui de deux êtres de la même famille qui s’aiment et ne peuvent communiquer.
La façon de filmer de Maren Ade est longue pour exprimer ces deux sujets (2h43). Heureusement que notre héro est un peu clown, sinon la fille froide à souhaits est caricaturale championne du professionnellement correct ... 
Filmographie : Everyone Else (Alle Anderen) ; Toni Erdmann
Avis : Film long, mais son originalité qui est indéniable nous fait passer un bon moment.
Note : 9/10 Rédigé par Jacquie


samedi 23 juin 2018

La jeune fille de l’eau

The Lady of the Water
L'homme de maintien de la résidence

Réalisateur : M. Night Shyamalan : Réalisateur américain né en 1970 à Pondichéry. Sixième sens est le film qui l’a lancé dans le public et chez les professionnels. La jeune fille de l’eau n’a pas reçu un gros succès… Ces films suivants divisent la critique mais fonctionnent auprès du public. « L'univers de Shyamalan est marqué par la représentation de créatures mystérieuses… » Wiki
Pays : US Année : 2006
Acteurs : Paul Giamatti (Cleveland) ; Bryce Dallas Howard (Story) ; Bob Balaban (Harry Farber) ; Sarita Choudhury (Anna Ran) ; M. Night Shyamalan (Vick Ran)
Dir. Photo : Christopher Doyle
Résumé : Une histoire plus ou moins fantastique avec de belles images et des imbroglios à la pelle. Il fallait y penser la personne éveillée venant d’un autre monde, sort d’une piscine située dans un genre de campus « The Cove » peuplée de personnages complètement foutraques. L’idée est super comique, mais elle se mélange à des considérations sur notre vie sociale moins drôles. C’est un film bande dessinée… surtout du domaine ados et encore ados ! On ne se fatigue pas les méninges sur la morale. Le réalisateur joue lui-même un rôle dans le couple frère-sœur de Anna et Vick…
Filmographie : Sixième Sens ; Incassable ; Split
Avis : Film fantastique pour ados.
Note : 7/10 Rédigé par Jacquie


samedi 16 juin 2018

Un été italien

Genova
Un rôle bien difficile, mais réussi.

Réalisateur : Michael Winterbottom né en 1961 réalisateur, producteur monteur Britannique. Il effectue plusieurs métiers dans le cinéma et produit des films aussi différents que La stratégie du choc, et Un été Italien.
Pays : UK Année : 2008
Acteurs : Colin Firth (Joe) ; Hope Davis (Marianne la mère) ; Willa Holland (Kelly) ; Catherine Keener (Barbara) ; Perla Haney-Jardine (Mary)
Résumé : Le film raconte le quotidien d’une petite famille dont la maman vient de disparaitre au cours d’un accident. Deux filles sont avec leur père en Italie où il a choisi de reconstruire leurs vies. La plus petite très choquée par le décès, s’estime responsable de la mort de sa mère, et elle percevra sa mère tout au cours du film. La plus grande entre juste dans l’adolescence et cherche à prendre ses distances de sa sœur et de son père.
« Ce qui fait la force du film du réalisateur britannique c’est un récit simple, beau et touchant ; une histoire personnelle pour lui qui a également deux filles, peut-être le scénario pour lequel il est allé le plus puiser dans sa propre expérience. Cette histoire, aussi bien écrite soit-elle, fonctionne grâce à un excellent casting. » Carine Filloux
Les deux filles jouent très juste leurs rôles et Colin Firth est très à l’aise, du coup on est dans le quotidien sans poses. L’histoire est très simple, et on suit tour à tour chaque personnage qui cherche sa place dans une ville pas forcément très hospitalière.
Filmographie : Jude ; Tournage dans un jardin anglais ; The Killer Inside Me ; La Stratégie du choc ;
Avis : Un film sur le deuil familial vécu par deux filles différentes.
Note : 7/10 Rédigé par Jacquie


vendredi 8 juin 2018

Les amants crucifiés

Sur le lac, la déclaration
Réalisateur Kenji Mizoguchi. 1898-1856. Un des meilleurs cinéastes japonais, auteur de plus de deux cents films. Produit beaucoup de films comme lui demande sa société, puis avec la notoriété il pourra prendre son temps. Dans les thèmes favoris viennent la condition de la femme au Japon, la critique de la société japonaise son hypocrisie et son gout pour le totalitarisme, puis après-guerre la liberté promise. Il tourne beaucoup de films « en costumes ». Wiki
Pays : Japon Année : 1954
Acteurs : Kazuo Hasegawa (Mohei) ; Kyōko Kagawa (O-san) Eitarō Shindō (l’imprimeur) ; Dir. Photo : Kazuo Miyagawa
Résumé : C’est l’adaptation d’une pièce de Monzaemon Chikamatsu écrite en 1715. L’action se passe au Japon médiéval. Ishun est Grand Imprimeur à Kyoto, capitale impériale du Japon, et créancier de nombreux courtisans. Ishun est marié à O-San, de trente ans plus jeune que lui. Ishun est avare et ne s’intéresse qu’à ses plaisirs. Il doit ses succès commerciaux à la corruption des fonctionnaires et à l’avarice avec laquelle il traite son personnel.
Ce qui frappe dans ce film c’est le parti pris d’esthétique, les cadrages avec des objets signifiants aus lignes épurées, les attitudes des acteurs un peu compassés néanmoins mais terriblement beaux. On a l’impression que peu importe le récit, tout est dans l’image, d’ailleurs les dialogues sont réduits. On ne peut que louer l’art de Mizoguchi et de son Dir Photo, Kazuo Miyagawa. Du fait de l’évasion des deux héros, on visite, road movie avant la lettre… la scène de poursuite au milieu des tonneaux est superbe ainsi que les scènes sur le lac.
« Les Amants crucifiés a pour pivot central une histoire d’amour totalement partagé de deux êtres purs, un amour d’abord non déclaré du fait des conventions sociales mais qui va pouvoir s’exprimer une fois passé dans l’illégalité. Comme le titre le laisse supposer, tout cela se terminera mal, Mizoguchi n’a d’ailleurs aucun attrait pour les happy-ends. » L‘œil sur l’écran
« Ah quel plaisir ! Quel plaisir de sentir le souffle de la modernité à travers une œuvre dite "classique". Quel plaisir d'être pris par la puissance d'un film mélangeant harmonieusement drame humain, passion amoureuse et critique sociale. Les Amants crucifiés est un splendide mélodrame dans lequel Mizoguchi défend le droit à l'amour... mais c'est surtout un profond drame... » Kalopani
Filmographie La Vie d'O'Haru femme galante, Les Contes de la lune vague après la pluie, L'Intendant Sansho, Les Amants crucifiés, La Cigogne en papier ; Oyuki la vierge ; Les Coquelicots Avis : Un film culte du cinéma japonais bien que déjà ancien de la part d’un réalisateur issu du muet. Un régal esthétique. Le Racine des japonais !!!
Note : 10/10 rédigé par Jacquie




lundi 4 juin 2018

Monsieur Schmidt

About Schmidt
Que fait cette vieille femme dans mon lit ?

2003 Nomination à l'Oscar du meilleur acteur pour Jack Nicholson et à l'Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle pour Kathy Bates 
Réalisateur : Alexander Payne, né en 1961 réalisateur et scénariste américain. Oscar du meilleur scénario adapté (partagé avec Jim Taylor) pour L'Arriviste. Oscar du meilleur réalisateur pour Sideways. Oscar du meilleur réalisateur pour The Descendants. Oscar du meilleur réalisateur pour Nebraska.
Pays : US Année : 2002
Acteurs : Jack Nicholson (Warren Schmidt) ; Kathy Bates (Roberta Hertzel) ; Hope Davis (Jeannie Schmidt) : Dermot Mulroney (Randall Hertzel) : June Squibb (Helen Schmidt) :
Dir. Photo : James Glennon
Résumé : Adaptation du roman du même nom de Louis Begley. Warren joué par Nicholson part en retraite (bien sûr il n’y a pas pensé avant…) après des années de travail de bureau. Au lendemain de la fête en son honneur, sa femme décède brutalement. Warren est complétement déboussolé par ces deux abandons successifs. Il se retrouve en possession d’un énorme camping-car et décide d’aller se faire réconforter par sa fille des milliers de km plus loin. Celle-ci n’est pas disposée à le recevoir… il s’occupe donc et visite quelques villes et lieux, où des aventures l’attendent. Il est mal dans sa peau et déprime…
« Monsieur Schmidt, joué par un Jack Nicholson toujours au top, fait le point sur sa vie. Ce qu'on aime dans les films d'Alexander Payne, c'est l'ambiance décontractée de ses films. Souvent grâce à la musique, on se laisse transporter dans le voyage intérieur du personnage. » JimAriz
« Cruel, tendre, émouvant, hilarant... Tels sont les adjectifs qui peuvent définir ce Monsieur Schmidt. Cruel parce qu’il n’hésite pas à conspuer ses proches (sa femme en particulier avec cette réplique choc : "Que fait cette vieille femme dans mon lit ?"). Tendre parce que une fois esseulé, il n’hésite pas à traverser les Etats-Unis pour renouer contact avec sa fille unique perdue chez les whites trashes (les bons ploucs américains). » Edgar Hourrière Avoir-alire.com
Filmographie L'Arriviste ; Monsieur Schmidt ; Sideways ; The Descendants
Avis : Road Movie, de la prise de retraite, du milieu business bien moqué, aux aventures sentimentales de ce sexagénaire apeuré par le monde réel. Tenant son journal sous forme de lettres à un africain orphelin.
Note : 9/10 Rédigé par Jacquie




mardi 29 mai 2018

Vincent, François, Paul et les autres


Réalisateur Claude Sautet 1924-2000. études de cinéma à l'IDHEC, assistant de Franju. Succès avec Classe tous risques, puis Les Choses de la vie, Puis succès avec César et Rosalie, Vincent, François, Paul... et les autres, Max et les ferrailleurs. Couronné par un meilleur réalisateur aux Césars pour Nelly et Monsieur Arnaud.
Pays : France Italie Année : 1974
Acteurs : Yves Montand (Vincent), Michel Piccoli (François), Serge Reggiani (Paul), Gérard Depardieu (Jean)
Dir. Photo : Jean Boffety
Résumé : Un film de mecs… de la cinquantaine… andropause ? Non. De jeunes copains ils sont devenus vieux et affrontent les misères de l’âge et de la vie professionnelle, et plus particulièrement leurs décalages par rapport à leurs épouses. Leurs amitiés les maintiennent en ordre de marche, mais la vie de bohème ne les porte plus, les aléas de la vie et l’usure des sentiments fêlent leur vie insouciante. On ne montre que des hommes, mais par opposition les femmes paraissent mener le drame. Quand elles en ont assez elles partent. Uniques « objets » de leurs vécus, elles lâchent, détruisant «l'édifice social de leurs maris ». Cependant elles sont présentes comme repère, ou phares de leurs vies. C’est pathétique, mais tellement courant… Cette société que Sautet décrit est datée dans ses habitudes de boire et fumer mais aussi pour cette camaraderie adolescente persistante dans un contexte actuel d’individualité à outrance. 1968, a apporté la liberté sexuelle, celle des femmes, les familles ont commencé à se recomposer. Ce film, en filigrane pose la question de l’amour et du couple mais ne donne ni recette ni jugement.

Paradoxalement peu de critiques disponibles. Télérama: « Les héros de cette chronique douce-amère affrontent les premiers remous de la crise économique et morale des années Giscard, mais leur mélancolie est intemporelle. » « Petit à petit, la France grise et médiocre des années 70, que Sautet a si bien dépeint (ses films semblant finalement contaminés par cette gentille insignifiance de petits bourgeois réfugiés dans leurs relations puériles), a glissé dans nos souvenirs…" Eric Pokespagne
Filmographie : Les Choses de la vie ; Max et les Ferrailleurs ; César et Rosalie ; Vincent, François, Paul... et les autres ; Un mauvais fils ; Quelques jours avec moi ; Un cœur en hiver ; Nelly et Monsieur Arnaud ;
Avis : Un beau film avec des acteurs qui sont devenus de grands acteurs confirmés, c’est amusant de voir Depardieu mince faire du sport, il est vraiment génial dans cette prestation de boxeur. La photo de Jean Boffety est belle, soutient l’intérêt du film en induisant l’intimité avec l’acteur.
Note : 9/10 Rédigé par Jacquie




jeudi 17 mai 2018

L’éveil de la Permaculture

La répartition des cultures, de l'habitat, des élevages est importante
Réalisateur : Adrien Bellay passe plusieurs années à exercer le métier de monteur, a travaillé pour le monde de la publicité, du spectacle et de l’humanitaire, il collabore avec des sociétés de production et participe à de nombreuses émissions pour France Télévisions. Il décide de se tourner vers le documentaire indépendant. 
Pays : France Année : 2017
Documentaire
Résumé : C’est un film militant, sur les méthodes de culture et surtout sur un Art de Vivre proche et respectueux de la nature. Durée de 80 minutes, qui peut être découpé en parties correspondant à différents terroirs. On pourra y voir des cultures sur des toits d’immeubles, des cultures en talus sur bois mort et plus généralement des cultures sur de petites fermes avec un objectif d’autosuffisance. Les expériences de quelques chercheurs en la matière seront rapportées dans des entretiens ainsi que les stagiaires volontaires à l’établissement en permaculture.
En quelques mots: La permaculture est une méthode de conception, création et aménagement de systèmes écologiquement soutenables, économiquement viables et socialement équitables. Elle s’appuie sur des éthiques et une série de principes, s’inspire des écosystèmes naturels, et vise l’intégration harmonieuse des activités humaines. Accessible à tous, la permaculture peut être mise en œuvre partout, aussi bien à l’échelle d’un potager que d’une ferme, d’une ville ou d’un territoire.
Andy et Jessie Darlington, les deux formateurs, vont communiquer aux auteurs : apprentissage sur le fonctionnement des écosystèmes, les valeurs de partage et d’humanité prennent enfin sens.
Les entretiens avec les stagiaires ou apprentis permaculteurs mettent en relief le besoin de resourcement dans la population de jeunes adultes.
Filmographie : La Voix des Tatuyos ; L’Éveil de la Permaculture.
Avis : C’est un film militant, sur les méthodes de culture et surtout sur un Art de Vivre proche et respectueux de la nature.
Note : 7/10 Rédigé par Jacquie


vendredi 13 avril 2018

Sous le soleil de Satan

Palme d'or à Cannes en 1987
Un Depardieu intériorisé magistral
César du meilleur film
César du meilleur acteur pour Gérard Depardieu
César de la meilleure actrice pour Sandrine Bonnaire
César du meilleur réalisateur pour Maurice Pialat
César de la meilleure photographie pour Willy Kurant 
Réalisateur : Maurice Pialat peintre, réalisateur français né en 1925 mort en 2003. De bons films et des échecs A nos amours et Sous le soleil de Satan le consacrent aux Césars et à Cannes.
Pays : France Année : 1987
Acteurs : Gérard Depardieu (abbé Donissan) ; Sandrine Bonnaire (Mouchette) ; Maurice Pialat (le doyen Menou-Segrais)
Dir.Photo : Willy Kurant Musique
Résumé : Adaptation du livre de G. Bernanos paru en 1926 wikipedia
Le sujet du film est la foi et la vocation aux prises avec le réalisme. L’affiche montre un prêtre… celui qui ne s’y attend pas est un niais. Donissan est un jeune prêtre un peu rustre qui n’a aucune confiance en lui, le doyen Menou-Segrais essaye de le diriger ou de le conforter. Mais ce prêtre atypique est amené à reconsidérer ses croyances et retrouve en Donissan le questionnement fondamental. Donissan est tellement nature et sentimental qu’il fait des rencontres fantastiques, incongrues, hallucinantes. Ces expériences mystiques sont troublantes et éprouvantes pour le mental du prêtre. Par ailleurs le réalisateur met en présence une jeune fille perverse et un peu cinglée qui joue avec le feu. Le réalisateur se sert d’images de labyrinthe dans la campagne pour évoquer les perturbations du prêtre et les étrangetés de Mouchette. Beaucoup d’explications sont données par les personnages dans des dialogues qui ressemblent à des monologues de théâtre.
« Les magnifiques séquences de Donissan déambulant dans les plaines constituent un écho puissant à celles situées en intérieur qui, elles, baignent dans des clairs-obscurs remarquables. » « Le spectacle est exigeant, mais la puissance dramatique d’une telle histoire, basée sur la transcendance de l’esprit, marquera à ne pas en douter plus d’un spectateur. » Avoir à Lire
Filmographie L'Enfance nue ; Nous ne vieillirons pas ensemble ; Loulou ; À nos amours ; Sous le soleil de Satan ; Van Gogh ;
Avis : Film culte, à voir. En plus de l’adaptation réussie du livre de Bernanos, les acteurs et le photographe sont excellents.
Note : 10/10 Rédigé par Jacquie


jeudi 5 avril 2018

Irrintzina

Réalisateur : Sandra Blondel et Pascal Hennequin, cinéastes indépendants.
Pays : France Année :2017
Documentaire
Résumé Film documentaire réalisé à la hâte, en urgence ! retrace l’origine du mouvement Alternatiba qui prend naissance à Bayonne avec Bizi. Tourné de janvier 2015 à janvier 2017. Le point central est le tour de France en vélo (quadruplettes, triplettes) pour alerter sur l’urgence de réparer le climat. Le mouvement sera rejoint par Attac à Paris. Le film montre également les actions de désobéissance comme les fauchages de chaises à la BNP pour faire pression sur la banque et une obstruction à une réunion de financiers et d’industriels à Pau à la suite de la COP21 ratée comme vous le savez.
« Alternatiba est un mouvement parti du Pays basque à l’instigation de l’association Bizi !, afin d’alerter sur l’urgence climatique. La démarche est double : d’un côté, la mise en avant des alternatives apportant une réponse aux enjeux climatiques ; de l’autre, l’organisation d’actions de désobéissance civile ciblant les multinationales et les banques portant des responsabilités dans la crise climatique. Depuis la COP21, la conférence internationale sur le climat tenue à Paris fin 2015, Alternatiba s’est unie avec Action non violente COP21 (ANV-COP21) pour former « les deux jambes » de cette démarche. » Reporterre
Avis : Le film est assez confus mais montre une formidable détermination de la jeunesse. Film militant.
Note : 7/10 Rédigé par jacquie


mardi 3 avril 2018

Des Idiots et des Anges

Idiots and Angels

Réalisateur : Bill Plympton dessinateur de bande dessinée et réalisateur de films d'animation américain né en 1946.
Dessinateur de bande dessinée et de caricatures pour des magazines. Deux Grands prix du long métrage.
Un résumé de son œuvre en vidéo : Bill Plympton reel 1915
Pays : US Année : 2009
Animation
Résumé Un homme très rustre se lève en colère contre l’univers… il est vrai qu’il ne fait pas bon vivre dans cette ville polluée, embouteillée où les affaires se passent dans un bar. Peu aimable il ingurgite de nombreux verres d’alcool et paquets de cigarettes. Le reste du public (peu nombreux !) est mal à l’aise aussi, une diseuse de bonne aventure voire une prostituée, une jeune femme épuisée qui fait le ménage, un barman épais, dont le seul intérêt est l’argent. Pour une raison inconnue, notre héros, se voit pousser des ailes. Celles-ci vont le contraindre à faire le bien, ce dont il n’a pas l’habitude…
Il est intéressant de voir cette hypothèse de plus près, un homme dont on est sûr de ne pas vouloir, ni le rencontrer ni avoir de relations avec lui, va vivre une progression fulgurante vers le bien. Au départ ses ailes vont s’installer contre sa volonté et le contraindre à faire bien, rendre le sac à la vieille dame, jusqu'au point où ce personnage suscitera l’amour de la femme du barman.
La description de notre société dans cette période de temps inconnue, fait penser à la nôtre en pire, est aussi une mise en garde de l’avenir que nous nous préparons : pollué, peuplé de moutons et d’individus voués au dieu Pognon.
« il nous embarque dans une histoire sans paroles où un homme se découvre des ailes. Plus sombre que ses films précédents, Des idiots et des anges illustre le thème profond de son œuvre : un humain déchiré entre ses instincts et sa conscience. » Télérama
J’ai bien aimé les petits clins d’œil, sur la vie sexuelle vue par les oiseaux, qui ici servent d’anges gardiens. La forme, dessin et animation noire, est envoutante.
Filmographie : The Tune ; L'Impitoyable Lune de miel ! ; Les Mutants de l'espace
Avis : Une animation proche de la BD, en forme de cauchemar qui fait réfléchir sur l’avenir de l’homme, sa possible rédemption.
Note : 10/10 Rédigé par Jacquie


vendredi 30 mars 2018

César et Rosalie

Une belle voiture... de bons acteurs.
Réalisateur : Claude Sautet scénariste et réalisateur français 1924-2000. Critique musical, études à l'IDHEC. Assistant puis trouve le succès avec Classe tout risque. Puis change de style et réalise des comédies dramatiques, dans lesquels il retrouve le succès avec de très bons acteurs tels que : Michel Piccoli et Romy Schneider. Il remporte deux fois le César de réalisateur. Wikipedia
Pays : France Année : 1972
Acteurs : Yves Montand (César) ;Romy Schneider (Rosalie) ; Sami Frey (David)
Dir.Photo : Jean Boffety Musique : Philippe Sarde
Résumé : Une femme divorcée, particulièrement libérée, vit avec un beau et riche ferrailleur. Elle rencontre un de ses petits amis de jeunesse, qui, lui, est resté amoureux. Le trio Romy Schneider, Yves Montand et Samy Frey va s’aimer se déchirer à la faveur des allées et venues de Rosalie. Rosalie tellement libre qu’elle finira par partir… C’est là, le sujet du film ; une femme qui choisit avec qui elle vit et partage le lit ou le quotidien. En 1972 c’était révolutionnaire, et c’est toujours un peu « spèce ». Le charme de Romy est inouï ainsi que celui de Montand. Je ne dirais rien de Frey…  Pour les amateurs de voitures on y voit une 4L flambant neuve, la mythique SM de Citroën.
« On n'est pas très loin de Jules et Jim, mais, comme le note Sautet dans ses Conversations avec Michel Boujut : « Rosalie n'est pas signe de mort. Elle est signe de vie pour David et César. Elle ne leur donne de l'amour que pour qu'ils aient plus de vie. » Le charme du film naît évidemment de la magie qui unit les trois interprètes, la séduction de Romy Schneider — « qui n'est pas une emmerdeuse, mais une femme emmerdée de ne pas savoir choisir », disait Sautet à son scénariste —, la truculence d'Yves Montand et la « classe » de Sami Frey contribuant à créer un trio magique, amoureux de l'amour, rare dans les annales du cinéma français. Et, pourtant, apprend-on encore dans ce livre déjà cité, c'est à Vittorio Gassman et à Catherine Deneuve qu'avait d'abord pensé Sautet. Le miracle d'un film tient aussi au hasard... César et Rosalie n'en finit pas de séduire. — Aurélien Ferenczi
Filmographie Les Choses de la vie ; Max et les Ferrailleurs ; César et Rosalie ; Vincent, François, Paul... et les autres ; Un mauvais fils ; Quelques jours avec moi ; Un cœur en hiver ; Nelly et Monsieur Arnaud. 
Avis : Un must des comédies dramatiques. Le réalisateur nous décrit un certain style d’insouciance qui cache un besoin le liberté irrépressible d’une femme. Bien qu'ancien le film n'a rien perdu.
Note : 9/10 Rédigé par Jacquie




jeudi 22 mars 2018

La prière

Berlinale 2018 : Ours d’argent meilleur acteur pour Anthony Bajon 
Réalisateur : Cédric Kahn Acteur, scénariste, réalisateur Français né en 1966. Se fait reconnaitre avec une vie sauvage tiré d’une histoire vraie d’un père qui part avec ses deux fils et se cache.
Pays : France Année : 2018
Acteurs : Anthony Bajon (Thomas) ; Damien Chapelle (le compagnon) ; Àlex Brendemühl (Marco le responsable) ; Louise Grinberg (Sybille) ; Hanna Schygulla (Sœur Myriam)
Dir. Photo : Yves Cape
Résumé : Suite à une overdose de drogues Thomas se retrouve dans un centre de rééducation libre dans une ferme perdue dans les montagnes. Rebelle, il a du mal à vivre la règle que se donne cette communauté basée sur la prière/ou méditation et la vie de travail en pleine nature. Thomas n’est pas à l’aise avec la prière mais il est libre et il réfléchit pendant ces poses forcées. Le film nous montre les difficultés du sevrage et la volonté mise à l’épreuve. Tout ce qui est rituel religieux qui a un côté aliénant me gratte le poil. Cependant, la vie au grand air sans tentations, la camaraderie qui s’installe vite, transforme ces hommes blessés par la vie. Le partage fondé sur l’amour entre « victimes », le lien social qui se crée les aident à sortir de leurs enfermements. Il ne suffit pas de soigner le besoin de drogues, ils doivent trouver leurs propres ressources et s’aimer eux-mêmes, ce qui est un long travail comme chacun sait.
Le film est fort car les jeunes ne sont pas bien dans leur peau, et ceci s’évacue souvent par de la violence physique, le travail de la terre est là pour ça aussi. C’est presque un documentaire.
Les plans montrant les corps à corps, comme au début pour Thomas sont impressionnants de beauté et de justesse, laissant une place importante au toucher à la communion entre eux. La notion de foi est abordée de loin, celle de la démarche vers la prêtrise est aussi un peu effleurée.
Une grande place est laissée aux visages exprimant douleurs, compassion, angoisse ou bonheur. Enfin la nature, ici la montagne tient sa place de pacificatrice et de reflet du possible.
Filmographie : Les Regrets ; Une vie meilleure ; Vie sauvage ; La Prière
Avis : Film sur la réhabilitation possible après la drogue, dans un centre en pleine nature à la montagne tablant sur la mise en commun et les soutiens mutuels.
Note : 9/10 Rédigé par Jacquie


samedi 17 mars 2018

Juste la fin du monde

Cannes 2016 Grand prix du Jury
Un moment de communication sans paroles, poignant

Césars 2017 Meilleur réalisateur et meilleur acteur Gaspard Ulliel 
Réalisateur : Xavier Dolan acteur, réalisateur scénariste Canadien né en 1989. Son premier long métrage J'ai tué ma mère, le fait connaitre à Cannes. Depuis tous ces films sont appréciés par la critique et le public, du moins le public dit art et d’essai. Dans les sujets traités, il est souvent question d’amour filial. Plus
Pays : France Canada Année : 2016
Acteurs : Nathalie Baye (Martine, la mère) ; Vincent Cassel (Antoine) ; Gaspard Ulliel (Louis) ; Léa Seydoux (Suzanne) ; Marion Cotillard (Catherine) Dir.Photo : André Turpin Musique Gabriel Yared
Résumé : Adapté de la pièce Juste la fin du monde, de Jean-Luc Lagarce. Le scénario raconte la visite d’un homme jeune dans sa famille qu’il a quitté 12 ans auparavant. Il a quitté pour la ville et son métier mais surtout parce qu’il est mal au milieu d’eux (un peu rustres). Il revient pour revoir les lieux et personnes de son enfance, et surtout parce que les jours sont comptés pour lui ; il est atteint d’un cancer. Dès son arrivée on comprend que tout va de travers dans cette famille, il arrive en taxi, sa mère se bichonne et les autres ne savent pas quoi faire, même pas aller l’accueillir devant la porte. Son frère ainé (superbe prestation de Vincent Cassel) est une brute arrogante dénuée d’intelligence, comme les autres il reproche à son frère de les avoir laissé tomber. Sa jeune sœur qui est ado maintenant est mal dans sa peau est en admiration devant ce frère qui a osé partir. Le point central est toujours la mère qui seule sait parler aux autres et raccommoder l’ambiance quand le frère ou la sœur ont fait une crise de colère.
Mis à part les caractères des personnages caricaturaux, le drame qui se joue est celui de l’incommunicabilité. La première difficulté est celle de Louis qui est venu annoncer sa mort prochaine à sa famille et qui est incapable de dire les mots, il part de travers sur des lapsus quand il se décide à le dire et finalement repartira encore plus seul qu’à l’arrivée.
A défaut de paroles certains s’expriment par le regard que nous sert le réalisateur avec force de gros plans. Heureusement que ce sont de très bons acteurs, sinon on aurait eu un fiasco.
« Ce qui va se jouer dans ce huis clos grotesque et désespéré est une tragédie de l’intime, de la solitude radicale de l’homme, où l’âme se voit littéralement mise à nu. »
En savoir plus . A voir ce film on se dit quel bonheur d’être dans une famille, peut être « chiante », pauvre mais aux relations aimantes normale quoi ?…
Filmographie : J'ai tué ma mère ; Laurence Anyways ; Mommy ; Juste la fin du monde 
Avis : L’incompréhension familiale comme sujet, rendu dramatique par la maladie du narrateur qui ne peut exprimer ce qu’il ressent, aucune bienveillance n’est disponible, il se taira… Un prix bien mérité, des acteurs au top.
Note : 10/10 Rédigé par Jacquie


mercredi 14 mars 2018

Free Zone

Cannes Festival 2005, Hanna Laslo, meilleure actrice.
Portraits de femmes
Réalisateur : Amos Gitaï Israélien né en 1950, commence des études d’architecture interrompues par la guerre de Kippour. Se lance dans le cinéma avec des documentaires. Plus
Pays : Israël Belgique France Année :2005
Acteurs : Natalie Portman (Rebecca) ; Hanna Laslo (Hanna Ben Moshe) ; Hiam Abbass (Leila) ; Makram Khoury (Samir "l'américain") Dir.Photo : Laurent Brunet
Résumé : Le cadre est la frontière entre Israël et la Jordanie, et plus généralement les conflits des israéliens avec leurs voisins. Comme chacun le sait, il y a beaucoup de souffrance parmi les peuples concernés en particuliers chez les palestiniens et les israéliens. Amos Gitaï nous montre la vie de trois femmes prises dans cette guerre qui ne les concerne pas en tant qu’âme, mais qui est inhérente à leurs peuples. La plus jeune d’origine américaine voudrait être intégrée à la communauté juive, elle se heurte à des tabous, et rate son mariage. L’israélienne Hanna, les pieds sur terre, est courageuse mais marquée par les déboires de la société israélienne, elle lutte pour vivre de son travail: les vaches, le taxi. La troisième plus intellectuelle est palestinienne lute pour son peuple, mais surtout pour protéger et garder son fils… proche d’elle. Les malheurs font que toutes les trois vont se retrouver dans le même taxi pour des raisons différentes, mais la détresse de chacune appellera le soutien moral des autres. Le plan de départ, long certes, montre la douleur de la rupture amoureuse de la jeune femme… sur fond de comptine cyclique. Puis nous sommes dans un climat hostile où les hommes incarnent le pouvoir, l’arbitraire, la haine alors que nous passons la frontière. Enfin, arrivés dans la zone libre le sujet du voyage est dévoilé avec en prime de nouveaux personnages malheureux dont le plus calme est celui à qui on vient de détruire par le feu sa propriété, lui aussi a l’habitude de tout recommencer. La fin est tout en continuité, la jeune qui fuit (qui ou quoi ?) les deux autres restent dans leur discussion sur la dette d’argent, mais en même temps démarrent une amitié avec beaucoup d’humour de la part du cinéaste !
« Rarement on aura mieux saisi la somme de biographies tortueuses, de populations déplacées, de promesses non tenues, qui sont le ferment des déchirements au Moyen-Orient. » Aurélien Ferencz Telerama
Filmographie : Kadosh ; Kippour ; Kedma ; Le Dernier Jour d'Yitzhak Rabin
Avis : Un beau film sur trois femmes puissantes dirait Marie Ndiaye.
Note : 9/10 Rédigé par Jacquie


mercredi 7 mars 2018

Three Billboards

"Three Billboards Outside Ebbing, Missouri "
Explication entre soi.

Venise : meilleur scénario
Oscars : Frances Mc Dormand meilleur actrice 
Réalisateur : Martin McDonagh, réalisateur, écrivain, scénariste Britannique né en 1970. Ecrit des pièces de théâtre. Puis se lance dans le cinéma avec un court métrage. Son premier film est Bons baisers de Bruges film comique noir.
Pays : UK USA Année : 2017
Acteurs : Frances McDormand (Mildred Hayes) ; Woody Harrelson (shérif Willoughby) ; Sam Rockwell (Jason Dixon) ; John Hawkes (l’ex de Mildred) ; Caleb Landry Jones (Red)
Dir.Photo : Ben Davis Musique Carter Burwell
Résumé : Sur fond d’Amérique profonde dans le Missouri… une femme n’arrive pas à faire le deuil de sa fille assassinée… La police n’a trouvé aucun suspect, l’enquête n’est pas terminée, Mildred se désespère de ne voir aucun élément éclairer ce drame, ni atténuer sa douleur. Il lui vient à l’idée de l’écrire sur des panneaux publicitaires à la sortie de la ville. Mildred ne fait rien à moitié, et la police locale, les bien-pensants se monteront contre elle. Petit à petit on découvre des personnages, le sien (Mildred) qui n’est pas le plus banal, celui d’un policier qui vit encore chez maman (Dixon), le jeune responsable des publicités (Red), son ex-mari qui est violent, un commissaire (Willoughby) qui se révèle humain, le curé qui n’est pas sans tache, le dentiste obèse qui lui en veut… on ne sait pas pourquoi etc.
Avec les excès des uns et des autres, une panoplie de caractères très riche en couleurs nous est proposée. Cependant le film ne reste pas dans cet humour sarcastique d’un côté pittoresque (ou piteux?) le drame montre la difficulté de faire un deuil quand la mort est inexpliquée et les crimes non punis. La force seule semble régner dans ce petit village, autant pour les policiers que pour les relations entre les gens (aux US ont sort souvent son fusil…) les insultes et pressions sont monnaie courante. Mildred est une femme seule, son mari violent et ex flic est parti avec une adolescente… elle est d’autant plus vulnérable que femme et isolée. Elle prend des risques et on craint pour elle. Vers la fin du film, Mildred qui en fait beaucoup trop a créé un certain chaos et sans le vouloir, crée aussi des préjudices aux autres. La tension monte, le jeune Red est tabassé et un policier se retrouve également à l’hôpital. Pour finir, après l’orage l’apaisement apparait avec un désir d’oubli et peut être de pardon…ou n’est-ce que le déchainement de la colère qui a atténué la « boule de peine » ? Pierre Murat parle avec justesse des personnages que nous soumet le film.
« Curieux comme le réalisateur, peu familier de l’Amérique profonde, ait pu si crûment en décrire les individus, dans leur étrangeté, leur fragilité cachée. Sans doute, à partir d’un certain degré d’émotion et de souffrance, les petites gens de toutes les petites villes se ressemblent-ils : mus par les mêmes faiblesses, poussés aux mêmes éclats. »
« Électrisée par des décharges de violence intenses, étoffée par une galerie de personnages hauts en couleur, la mécanique scénaristique, bien huilée de bout en bout, entraîne le film dans un flot ­rocambolesque où la brave Mildred, confite de douleur et de ­culpabilité, s’abandonne à une soif de vengeance désespérée. » En savoir plus sur le Monde 
Filmographie : Bons baisers de Bruges ; Sept psychopathes ; Three billboards
Avis : Film plein d’humour, la violence est toujours comique. Une situation malheureusement banale qui prend un tour de règlement de comptes.
Note : 10/10 Rédigé par Jacquie


dimanche 25 février 2018

La jeune fille sans mains

Un dessin tout en légèreté qui rappelle ceux du Père Castor...

Réalisateur : Sébastien Laudenbach cinéaste et illustrateur né en 1973. Professeur à l’École Nationale des Arts Décoratifs (EnsAD) à Paris. Intervenant régulier à La Poudrière (Valence). Ce film est son premier long métrage. Plus
Pays : France Année : 2016
Animation : voix Anaïs Demoustier (La jeune fille) ; Jérémie Elkaïm (Le prince) ; Philippe Laudenbach (Le diable) ; Sacha Bourdo (Le jardinier)
Résumé D’après un conte de Grimm. Il existe également une pièce de théâtre sur ce sujet d’Olivier Py. Un peu comme tous les contes, celui-ci délivre un message aux enfants (mais pas seulement à ceux-ci). Ce message comporte des faits douloureux et des espoirs. Il indique l’existence d’un chemin d’émancipation. Au-delà du bien et du mal ou plutôt ce que l’on prend pour tels, le cheminement de la jeune fille vers l’idéal amoureux et la fondation d’une famille, existe car elle le cherche toujours. Il serpente entre le blanc et le noir, les rochers et les bois, se ressource grâce à l’eau qui prodigue ses vertus de pureté et d’adoucissement. Jamais elle doit capituler, même quand l’élu de son cœur part à la guerre. Quand elle reçoit des nouvelles alarmantes par le jardinier, elle pense à son enfant et décide de partir sans aide, dans une « traversée du désert » pour se reconstruire. Les contes sont importants pour les enfants car ils leur permettent de hiérarchiser leurs valeurs facilement. Pour les adultes il y a aussi des messages…ne pas se laisser enfermer par le jugement des autres, la position sociale, ou les événements. Pour les jeunes filles, la transformation corporelle n’est pas hideuse mais un passage vers l’amour et la maternité. Pour les femmes, ne vous laisser pas enfermer par un homme même si vous l’aimez…
Du point de vue esthétique, le parti pris du réalisateur produit une création originale que Sébastien Laudenbach argumente ainsi : « un film qui donne une grande importance au dessin, un dessin léger et parsemé de trous, qui bien souvent ne trouve sa cohérence que lors de sa mise en mouvement, ce qui est l’essence de l’animation. » Je l’apparente au travail de l'illustrateur canadien Frédéric Back, dans L’homme qui plantait des arbres (sur ce blog) jan 2013.
Dossier de Presse
Avis : Conte de Grimm peu connu ayant pour sujets la cupidité, l’amour filial, la nature, l’amour.
Note : 10/10 Rédigé par Jacquie


jeudi 22 février 2018

La belle Noiseuse

Un couple avec une belle entente... sous pression
Grand Prix du jury du festival de Cannes 1991
Réalisateur : Jacques Rivette, 1928-2016 ; réalisateur français, critique de cinéma. Important contributeur à la nouvelle vague. Son cinéma est essentiellement intellectuel et esthétique. Il laisse la place au rêve et au fantastique, rien n’est complétement définitif, il y a toujours un point de fuite.
Pays : France Année : 1991
Acteurs : Michel Piccoli (Frenhofer) ; Jane Birkin (Liz) ; Emmanuelle Béart (Marianne) ; Marianne Denicourt (Julienne) ; David Bursztein (Nicolas) ; Gilles Arbona (Porbus)
Dir.Photo : William Lubtchansky Musique
Résumé : Long métrage (4h !) dans lequel Rivette déploie : le temps, le couple et l’art de peindre. Deux couples sont en présence un vieux couple d’artistes heureux dans la campagne du Languedoc, un jeune couple complétement « barrés » qui se la jouent… un Méphisto au milieu de tout ça qui n’est pas sans avoir courtisé la belle Liz. Le vieux peintre est philosophe et a trouvé un équilibre dans sa retraite, sa femme également jusqu’à l’arrivée d’une provocation artistique par de jeunes blancs becs. L’occasion c’est un dîner arrosé, l’espoir du gain chez l’autre, la fierté de voir sa femme poser pour le peintre, et le challenge qui titille l’égo du peintre. Liz le dira c’est dangereux de provoquer un artiste. Il répondra, agacé par ses craintes : quelques fois, Liz tu me fais vraiment chier.
Ce qui m’a intéressé vivement c’est la tentative de débusquer le ressort qui fait peindre un tableau et qui lui donne du sens. D’où sort l’inspiration géniale… ? on voit bien que c’est douloureux, qu’il faut de multiples abandons, que ça casse beaucoup autour. Là encore on ne met pas le doigt dessus, ça reste du domaine spirituel ou bien de l’âme. Dans ce questionnement le film de Rivette est original et constructif pour tout apprenti peintre.
Sur Ina.fr un interview de Michel Piccoli http://www.ina.fr/video/CAC91044973
Filmographie : Suzanne Simonin, la Religieuse de Diderot, Céline et Julie vont en bateau, Le Pont du Nord, La Bande des quatre, La Belle Noiseuse 36 vues du Pic Saint Loup.  
Avis : Un film de violence psychologique dans un cadre superbe où les couleurs douces et la nature paraissent incompatibles avec le déchainement de ce qui dormait. Terriblement bien joué, belle entente des acteurs avec le réalisateur qui perce à travers la narration.
Note : 10/10 Rédigé par Jacquie


dimanche 11 février 2018

Noces

Les deux amies au lycée
Réalisateur : Stephan Streker né en 1964, réalisateur scénariste Belge. A été (est) aussi journaliste sportif (football) et critique de cinéma. Noces est son troisième long métrage.
Pays : Belgo-Luxo-Franco-Pakistan Année : 2016
Acteurs : Lina El Arabi (Zahira) ; Sebastien Houbani (Amir) ; Babak Karimi (Mansoor le père) ; Neena Kulkarni (la mère) ; Olivier Gourmet (André) ; Alice de Lencquesaing (Aurore) ; Zacharie Chasseriaud (Pierre)
Dir.Photo : Grimm Vandekerckhove
Résumé Ce film est inspiré d’un fait divers, et retrace les difficultés à vivre en Europe pour les populations culturellement différentes de la nôtre. En effet, le fait de vivre en France ou en Belgique communique aux enfants nés de l’immigration des idées et des envies nouvelles, dont celle de liberté. Ici nous sommes dans une petite communauté Pakistanaise qui vit en symbiose avec la société Belge (qui soit dit en passant est moins « lave plus blanc » que la française). Le hiatus apparait avec l’adolescence de la jeune Zahira qui adore sa famille, mais sa vie personnelle lui appartient, et rejette les décisions de sa famille à son égard. Il s’agit en fait de la marier à un homme « du pays », pour elle c’est intolérable et espère que son frère interviendra auprès de son père. Zahira est croyante et respecte la religion. Elle se trouvera prise entre deux forces, son besoin de liberté et l’amour pour sa famille. Pour nous, peu religieux, un tel choix parait aberrant. Ce film montre en quoi ce choix est une réalité, car les esprits de toutes les générations d’immigrés n’ont pas évolués en même temps, d’où le blocage.
Ce que ce film montre aussi : être une femme n’a pas la même valeur suivant votre condition sociale ou votre milieu culturel. La sœur ainée tient un discours intéressant… quand elle dit pourquoi se révolter quand une issue positive n’est pas possible… accepter et faire avec, reste la seule issue sans dommages. Et nous revoilà devant la position inférieure de la femme qui nous vient du fond des âges… mais qui existe toujours ! le XIXe et le XXe ont vu évoluer les choses pour la culture occidentale…mais nous savons bien que les mentalités ont encore des progrès à faire dans le respect de la femme en tant qu’être humain… une âme en incarnation comme celle d‘un homme. Pourquoi l’un serait plus respectable que l’autre ? payé plus pour le même travail ? Ici ce qui nous choque c’est l’absence de liberté individuelle, or nous avons peur que cela nous arrive ! que notre civilisation régresse. C’est comme la contraception, l’IVG, les femmes sont dans la peur d’un retour en arrière. Le port du foulard également reporte cette peur. J’ai beaucoup aimé le discours de la sœur ainée qui replace le choix dans le raisonnable et nous éclaire sur le pourquoi de cette démission des femmes devant la pression culturelle. On ne peut se révolter que quand il y a une pression suffisante… pour l’emporter, bon ce n’est pas nouveau, mais ne jetons pas la pierre !
Filmographie Noces ; Le monde nous appartient ; Michael Blanco
Avis : Beau film qui traite intelligemment un problème de nos sociétés multiculturelles. Bien joué, belle mise en scène.
Note : 10/10 Rédigé par Jacquie


jeudi 8 février 2018

Les bureaux de Dieu

Le stress, les pressions dans la salle d'attente
Réalisateur : Claire Simon née en 1955 est une réalisatrice française qui est entrée dans le cinéma par l’aspect technique, elle sait monter, tenir la caméra etc. Elle a fait des études d’ethnologie et réalise des documentaires et des films de fictions qui sont toujours des observations de personnages. Gare du Nord par exemple. A été enseignante à la Femis.
Pays : France Belgique Année : 2008
Acteurs : Nathalie Baye, Isabelle Carré, Rachida Brakni, Béatrice Dalle, Nicole Garcia. Toutes des « dames du planning ». Dir.Photo : Philippe Van Leeuw et Claire Simon
Résumé Le scénario de ce film a été écrit à partir de scènes réelles observées dans plusieurs centres du Planning Familial entre 2000 et 2007, par Natalia Rodriguez Forero et Nadège Trébal
« Des dames impeccables, des jeunes filles en jean, des adolescentes... Certaines viennent avec une copine, un parent, un amoureux. D'autres se présentent seules, pour dévider l'écheveau de leurs angoisses et de leurs désirs. Il est question de faire l'amour, de prendre la pilule, d'interrompre ou non une grossesse... Avec toutes ces voix, tremblantes, espiègles, timides ou désenchantées, Claire Simon orchestre un film choral, passionnante chronique de la condition féminine en particulier, et humaine en général. Elle nous installe pour deux jours dans le huis clos d'un centre de Planning familial, perché en haut d'un immeuble haussmannien, juste sous le ciel. Une hauteur idéale pour les « bureaux de Dieu », c'est-à-dire là où se trame et se dénoue le destin des femmes. » Cécile Mury http://www.telerama.fr/cinema/films/les-bureaux-de-dieu,345065,critique.php La grand idée de ce film est d’avoir pris des actrices professionnelles pour jouer les conseillères avec beaucoup de bienveillance et de leur avoir fait venir des filles et des femmes tout venant pour exprimer les jeunes femmes en consultation. Pour avoir participé autrefois à des conseils avant d’envoyer les filles en Hollande, j’ai trouvé ce film très réaliste, et les conseillères très pro. Les filles et femmes en demande, c’est toujours très variable et étonnant.
Ce film peut se voir comme un documentaire ou une étude de société. Il serait bon de le repasser vers le 8 mars journée des droits de la femme… Une mère a-t-elle le droit de fouiller dans les affaires de sa fille ? Un homme a-t-il le droit de faire l’amour à une femme sans s’enquérir de sa contraception ? le film pose des questions importantes sur le respect de la vie de sa compagne, et sur celui de l’enfant à venir.
Filmographie : Sinon, oui ; Ça c'est vraiment toi ; Ça brûle ; Les Bureaux de Dieu ; Gare du Nord
Avis : Un film à programmer pour les ados et les parents… qui ont du mal à parler de ça…
Note : 10/10 Rédigé par Jacquie


mercredi 7 février 2018

La tortue rouge

 Prix spécial « Un certain regard » Cannes 2017  


Réalisateur : Michael Dudok de Wit; Neerlandais né en 1953. Se fait connaitre grâce à des courts métrages. Il est sollicité par les studios Ghibli pour un long métrage qui lui prendra plusieurs années : La tortue rouge. Wikipedia    

Pays : Franco Belgo Japonais Année : 2016
Animation : Jean-Christophe Lie,
Musique Laurent Perez del Mar,
Scénario co-écrit avec Pascale Ferran
Résumé : Le scénario est celui d’un conte, une histoire d’un Robinson sur une île déserte. Sa rencontre ne sera pas celle de Vendredi, mais celle de La femme qui incarne les archétypes de la nature, de l’amour. La part de mystère de la nature humaine, dont la spiritualité se nourrit, est représentée ici par cette femme inconnue qui débarque dans sa vie contre toute attente de bonheur. C’est ensuite l'histoire de couple qui remplit la vie de ces trois habitants (un bébé est né). La nature à l’exclusion de toute construction humaine inspire et comble cette famille jusqu’à la vieillesse de l’ancien naufragé. Puis le conte et le merveilleux reprend en une large boucle. Une originalité, il est sans paroles.
« D'emblée, ce somptueux film d'animation s'enivre de la puissance de la nature, lui offre un vaste conte aux lumières changeantes, animé « à la main » et « à l'ancienne », à l'aquarelle et au fusain. Ceci n'est pas une banale histoire de naufragé, mais un mythe de sable et d'eau salée » Télérama 
« Dans ce récit fantastique, souvent matiné de représentations irréelles, lors des nuits agitées des protagonistes qui nous invitent même à caresser la crête des vagues de l’intérieur (quelle idée sublime), la grande verte et ses étendues océaniques évoque parfois, dans ses paraboles et ses images, L’île de Kim ki-duk, le goût de la transgression en moins, et surtout L’île nue de Kaneto Shindô, dans son cadre et sa narration cyclique. » Avoir-alire
https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Tortue_rouge
Filmographie : Premier long métrage.
Avis : Film d’animation, conte, esthétique dans sa réalisation.
Note : 10/10 Rédigé par Jacquie