mardi 17 novembre 2009

Les Herbes Folles

Alain Resnais a reçu un prix exceptionnel au festival de Cannes 2009 pour l'ensemble de sa carrière à l'occasion de la sélection de ce film.
Réalisateur : Alain Resnais Jeune réalisateur de 87 ans il est devenu célèbre avec son premier long métrage en réalisant Hiroshima mon amour de Marguerite Duras en 59 puis il décoiffe encore avec « L’année dernière à Marienbad » (Lion d’or à Venise) en 61. A.Resnais sait s’entourer de gens brillant tant pour ses acteurs que pour les scénaristes (Duras, Robe Grillet). Il obtient de nombreuses récompenses.
Voir : Wikipedia
Pays : France Année :2009
Acteurs : Sabine Azéma (Marguerite Muir) ; André Dussollier (Georges Palet) ; Anne Consigny (son épouse) ; Emmanuelle Devos (la copine dentiste) Mathieu Amalric (le flic)
Dir. Photo : Éric Gautier ; Musique : Mark Snow
Résumé : D’après un roman de C.Gailly. Une histoire extra-ordinaire dans un quotidien banal, un homme sur le retour d’âge, Georges, dont on entend les pensées trouve un portefeuille de nana…. Ce moment nous est signalé comme le commencement de tout, et tout c’est les relations qui vont suivre avec la troublante Marguerite Muir. C’est comme si de ce jour un magicien avait répandu un sort… Plus rien n’aura « qu’un seul côté » les faits ont leurs vies propres imprévisibles et le non rationnel la part belle. On sent la poussée d’une énergie de transgression du normal…. Les plans de présentation avec des herbes poussant au milieu de l’asphalte d’une route donnent un avertissement au spectateur ; l’énergie vitale n’a pas de bornes et nos héros vont s’en apercevoir. La chevelure étonnante de Marguerite nous le rappellera tout au long du film ainsi que l’humour de Georges, ou les mimiques des flics.
Je remarque que plus les réalisateurs prennent de l’âge plus ils tendent à produire de la poésie et de l’humour.
« J'y ai senti (dans le roman de Christian Gailly) un côté syncopé, comme improvisé, un art de la variation sur des «standards», au sens musical du terme. J'ai aussi été marqué par l'entêtement de Georges Palet et Marguerite Muir, les protagonistes, qui sont incapables de résister à l'envie d'accomplir des actions irrationnelles, qui déploient une vitalité incroyable dans ce que l'on peut considérer comme une course à l'erreur. » Alain Resnais voir site officiel :
Filmographie : Nuit et brouillard ; Hiroshima mon amour ; L'année dernière à Marienbad ; Smoking et no smoking ; Pas sur la bouche
Avis : Film envoutant, ou rien n’est ordinaire, ou tout peut basculer d’un moment à l’autre dans le fantastique complet. Les images sont délirantes très colorées et belles. On s’attend à voir apparaitre le diable lui-même ou pousser des champignons magiques. Un bon moment !
Note : 8/10 Rédigé par Jacquie

mercredi 11 novembre 2009

Cinéma Engagé

Lettre à AnnaBientôt :

Lettre à ANNA 

Anna Politkovskaïa, l'histoire d’un assassinat

Sortie nationale le 18 novembre 2009
Un film d’Eric Bergkraut

"Anna Politkovskaïa a été assassinée le 7 octobre 2006 dans le hall de son immeuble à Moscou. Ce jour-là, Vladimir Poutine fêtait son 54ème anniversaire. Elle disait à son sujet que « tant qu'il serait au pouvoir, on ne pourrait pas vivre dans un pays démocratique ».
Ce film documentaire est à la fois un portrait intime de la journaliste et une chronique de la Russie des années Poutine. Des entretiens inédits et exceptionnels éclairent la nature de son combat pour la vérité́ sur les « guerres de Tchétchénie » et la liberté de la presse en Russie. De la première guerre de Tchétchénie, à la prise d'otages de Beslan, jusqu'au procès de ses assassins présumés, les confidences de ses enfants, Véra et Ilya, de ses collaborateurs à Novaïa Gazeta et de ses proches mettent en perspective une femme lucide et déterminée."
voir le site officiel dont l'extrait ci dessus est tiré 
 Voir la page d'Amnesty Intl

samedi 7 novembre 2009

Le Diable au Corps

Les Acacias films ont eu la bonne idée de restaurer et rééditer ce film, ne manquez pas de le voir ou de le revoir. Actuellement à Paris : Le Champo 51 rue des Ecoles 75005 Paris et Mac-Mahon 5 av. Mac-Mahon 75017 Paris

Prix du meilleur acteur pour Gérard Philipe, prix de la critique internationale au festival de Bruxelles 1947.

Réalisateur : Claude Autant Lara :Réalisateur, scénariste, décorateur français (1901-2000). Né dans une famille d’artiste, il découvre le cinéma en peignant des décors en 1919. Anticonformiste il critique la société d’après guerre A part ce film qui fit scandale il défraie la chronique avec l’Auberge rouge et le Blé en herbe. Il est célèbre pour la Traversée de Paris en 1956. Suit une période ou ses prises de positions ne sont pas politiquement correctes…..
Pays : France Année : 1947
Acteurs : Gérard Philipe (François) ; Micheline Presle (Marthe) ; Denise Grey (Mme Grangier) ; Jean Debucourt (le père de François) ; Dir. Photo : Michel Kelber
Résumé : l’Armistice de la fin de la guerre en 1918 fait éclater en liesse une petite ville de banlieue. Cependant que les cloches sonnent un enterrement est en cours, de loin un jeune homme suit le cercueil. De temps en temps les sons de la cloche déraillent comme un vieux 78 tours et une époque antérieure s’offre à nos yeux. De cette façon le réalisateur nous livre différents épisodes de la vie de François Jaubert notre héro. Jeune lycéen, il est tombé amoureux d’une jeune femme (Marthe) qui participe aux services de santé de l’armée provisoirement installés au Lycée. La jeune femme est fiancée, mais elle est attirée par ce jeune homme ; après un arrêt de leur relation, Marthe se marie avec son « soldat » (on est en 1917). Quand Marthe et François se revoient à l’occasion de la rentrée scolaire l’amour les réunis à nouveaux chacun ayant un peu vieilli. A la faveur d l’absence du mari, les jeux amoureux reprennent, et François devient de plus en plus possessif….. ils font la réprobation de tous les habitants tant ils sont peu discrets.
En fait il s’agit d’une adaptation libre du roman de  Raymond Radiguet Le diable au corps publié par l’écrivain  alors âgé de 18 ans, cette histoire est en grande partie autobiographique, mais notre romancier n’aura pas beaucoup plus de chance avec la vie que Marthe, il mourra en 1923 à 20 ans. Cocteau, l’avais pris sous sa coupe sentimentale et plumitive, il écrira sur Raymond Radiguet des pages les plus intéressantes.
"On aime les personnages, on aime qu'ils s'aiment, on déteste avec eux la guerre et l'acharnement public contre le bonheur" Jean Cocteau
Filmographie : Le Diable au corps ; Occupe-toi d'Amélie ; L'Auberge rouge ; Le Blé en herbe ; Le Rouge et le Noir ; La Traversée de Paris ;
Avis : Même si l’adaptation n’est pas très fidèle au roman, le film développe la liaison scandaleuse en pleine guerre d’un tout jeune homme avec une femme plus mure. Je préfère donc le livre qui est plus sentimental dans la confession de l'auteur, mais le film est aussi une œuvre très forte.
Note : 10/10 Rédigé par Jacquie

dimanche 1 novembre 2009

Irène

Cannes 2009 dans Un certain regard

Réalisateur :
Alain Cavalier, cinéaste français né en 1931. Fait des études d’histoire puis commence une carrière dans le cinéma comme assistant de Louis Malle. Réalisateur original dès le départ il cherche son expression sans artifice pour arriver aux films inclassables de ces dernières années.
Le Filmeur, a obtenu le Prix de l’Intimité en 2005.
Cannes en 1986 le Prix du Jury pour Thérèse., et meilleur film aux Césars.
Pays : France Année : 2009
Acteurs : aucun, sauf lui-même. Dir. Photo : lui même
Résumé : En bref, il n’y a pas d’histoire. Il s’agit d’une tentative du réalisateur de renouer avec le passé, de faire le deuil de sa femme. Seul avec sa petite caméra, il va partir sur les lieux où ils ont vécu à la recherche d’une transmission à travers la mort/la perte et choisir des objets signifiants comme facilitateurs de cette relation qu’il recherche. C’est une quête de l’être perdu et regretté à travers des traces qui sont chargées d’émotions pour lui. Ce film est un reportage sur sa recherche tardive mais indispensable à sa vie actuelle.
Le réalisateur, puisque film il doit y avoir, nous donne à lire son journal intime qu’il commente sans grande pudeur, et nous livre de petites choses pour que nous esquissions Irène dont il nous montre les photos qu’à la fin. Il met en scène des chambres, des paysages, des objets, se filme lui-même, raconte ses déboires physiques au cours de cette recherche et enfin nous raconte comme à un ami, l’après midi fatal.
Alain Cavalier montre bien (démontre) qu’il a aimé Irène, mais il sait qu’il n’a pas toujours été à la hauteur et bien compris ses états d’âme. D’ailleurs il rêve qu’il fait brûler ses carnets si précieux aujourd’hui, pour percer le mystère. Il tourne autour des mots en disant qu’elle était fragile, et quelles étaient ses tourments à l’aide d’artifices extérieurs (la pastèque, le bidet, les lits). Ce film est certainement pour lui une extraction de refoulements douloureux, un apaisement. Voir l'article Thomas Sotinel dans Le Monde, et celui de l'Humanité
Filmographie :
La Chamade ; Ce répondeur ne prend pas de message ; Thérèse ; René ; Le Filmeur
Avis : Film inclassable, mais plutôt document ou poème ou élégie, peu importe. Très touchant tant la sincérité et la délicatesse de l’auteur est présente. D’un point de vue cinéma c’est très loin du grand public, mais une excellente performance.
Note : 8/10 Rédigé par Jacquie

mercredi 28 octobre 2009

Winnipeg mon amour

 My Winnipeg

Prix du meilleur film canadien de Toronto 2007
Réalisateur : Guy Maddin.
Homme à tout faire du cinéma né en 1956 à Winnipeg, Manitoba (Canada). Il est un réalisateur « surréaliste » de fictions : imagination effervescente, trempe volontiers dans la cave de son inconscient même dans la composition d’un documentaire. On ici un « documentaire fantastique ».
Pays : Canada Année : 2007
Acteurs : Ann Savage (la mère), Louis Negin, Darcy Fehr, Amy Stewart Dir. Photo : Jody Shapiro
Résumé : Songes de nuits d’un citoyen de Winnipeg …. Nous sommes embarqués dans un train fantôme qui soit sur des rails, soit dans les allées des parcs promène les esprits de ses voyageurs à travers l’histoire de la ville, de ses habitants. Ce train symbolique est censé emmener un homme qui n’a jamais quitté la ville mais souhaite se soustraire à cet attachement, il dit qu’il va revisiter sa ville et son passé afin d’en être libre. Guy Maddin ne sous estime pas la part psychologique de sa vie d’enfant et nous livre des fragments de ce qui l’a forgé au fil des ans et qu’il mélange savamment à des fragments de films d’actualités ou des remakes.
Il se sert du thème du train pour parcourir son film, et le maître de l’image (Jody Shapiro) s’en donne à cœur joie dans les effets ombres et brouillards du noir et blanc.
Un article intéressant de Jean-Luc Douin
Les commentaires de Guy Maddin sur le site de ED Distribution
Filmographie : Tales from the Gimli Hospital; Archangel; Careful; Dracula; Des trous dans la tête ; Et les lâches s'agenouillent..
Avis : Un film de ouf… mystérieux, obsédant, on croirait dormir ! poétiquement beau, symboliste, onirique. Besogneux, tel qu’un effort de retour dans la petite enfance, les détails pittoresques sont là, l’humour aussi. La sensibilité du rêveur, conduit pendant tout le film par ses fantasmes maternels et par sa croyance aux mystères de la nature est le soubassement continu du film. Conclusion pour ne pas vous tromper, ça m’a plut, mais j’aime déjà le cinéma d’auteur… c’est un degré plus loin dans le non conventionnel….
Note : 7/10 rédigé par Jacquie

samedi 24 octobre 2009

Le ruban blanc


Palme d'or Cannes 2009
Réalisateur : Michael Haneke : Autrichien né en 1942, fait des études de philo et de Psychologie. De critique de cinéma il devient metteur en scène au théâtre. Il passe à réalisateur avec son premier film en 89 :le 7ième continent. Grand prix du jury de Cannes avec « La pianiste » en 2001, puis en 2005 le prix de la mise en scène à Cannes pour « Caché » et enfin la palme avec « Le Ruban blanc ».
Pays : Allemagne France Autriche Italie Année : 2009
Acteurs : Leonie Benesch (Eva) ; Josef Bierbichler(le Régisseur) ;Rainer Bock(le Docteur) ;Christian Friedel (l'instituteur) ; Burghart Klaussner (le Pasteur) ;Ursina Lardi (la Baronne) ; Susanne Lothar (la Sage-femme) ;Ulrich Tukur (le Baron) Dir. Photo : Christian Berger
Résumé : Dans l’Autriche du début du XIX ième siècle il se passe des choses bien étranges dans un village rural banal. Le nombre de malveillances fini par intriguer les notables au-delà des faits rapidement classés. Le Baron propriétaire terrien assure avec les travaux de son exploitation une bonne partie de la subsistance des paysans qui vivent bien difficilement. Le Pasteur et ses nombreux enfants vivent dans une belle maison mais les enfants sont élevés très sévèrement par leurs parents. L’Instituteur autre notable avec le Pasteur assure l’éducation scolaire et religieuse des enfants du village. L’accident de cheval du médecin débute une série de malveillances plus ou moins graves….
Michael Haneke nous décrit une époque qui est celle de ses parents où l’injustice sociale est un fait, le peu d’amour donné aux enfants un autre, la perversion remplace le manque de valeurs humanistes.
Dans un interview de Le Monde  MH dit : « Le petit village du Ruban blanc apparaît comme un modèle de la société de cette époque, avec ses hiérarchies. Tout se passe en catimini, derrière les portes. Le niveau intellectuel de cette population n'est pas très élevé, mais elle ressent un malaise inexplicable. Lorsque le film se termine, le narrateur dit : "Tout va changer." Il exprime le désir conscient des gens. Ils ne savent pas quoi changer, mais ils veulent changer.«
Les critiques ont la dent dure sur ce film, c’est vrai que le film est grave, plein de symboles et de sens, les acteurs sont très performants et les enfants sont bien conduits.
Filmographie : Le Septième continent ; Benny's video ; 71 Fragments d'une chronologie du hasard ; Funny Games ; La Pianiste ; Caché ; Le Ruban blanc
Avis : Film grave pour lequel le noir et blanc apporte à la fois le contraste qui existe entre les paysans et les nantis, et la fragilité, la douceur des relations humaines quand elles existent ou bien le drame quand elles semblent ne pas exister. C’est bien un grand film, il ne peut pas plaire à tous !
Note : 9/10 Rédigé par Jacquie

jeudi 22 octobre 2009

BABEL


Golden Globe 2007, meilleur drame

Cannes 2006, mise en scène et Prix du jury

César 2007, meilleur étranger

Réalisateur : Alejandro González Inárritu : Réalisateur et producteur mexicain né en 1963. Démarre sa vie professionnelle comme animateur radio puis il se lance dans le cinéma, part aux US où il devient réalisateur.Ses premiers films sont des succès.
Pays : US Mexique France Année : 2006
Acteurs : Brad Pitt (Richard), Cate Blanchett (Suzanne), Gael Garcia Bernal (le cousin mexicain), Kôji Yakusho (Wataya le père) ; Rinko Kikuchi (la fille Wataya)
Dir. Photo : Rodrigo Prieto Musique : Gustavo Santaolalla
Résumé : Au point de départ un minuscule habitat au Maroc, deux jeunes frères et un autocar de touristes avec un couple d’américains pour qui rien ne va plus dans leur ménage. Le hasard va sceller la vie de ces 4 personnes, entrainant d’autres sur le passage. Sur le thème biblique de Babel, Inàrritu nous montre les implications des actions des uns et des autres dans des quotidiens personnels de gens complètement différents, il y a au moins 4 histoires racontées qui se tissent les unes dans les autres. Le mythe de Babel nous indique que nous sommes doués de parole mais que nous ne nous comprenons pas, nous n’entendons pas les autres. Partout la communication est difficile, l’isolement pointé du doigt soit qu’il soit physique : un accident dans les montagnes, perdus dans le désert près du Mexique ou bien moral : les enfants la nuit, le couple sans paroles, la jeune fille sourde. Quand la parole est là, il manque la paix intérieure pour comprendre l’autre et lui faire confiance, au poste frontière. Toutes ces incompréhensions vont entrainer des catastrophes. L’incompréhension de départ c’est celle d’un couple un peu usé par la vie qui sera placé face au danger, élément dévastateur qui remettra les valeurs en place.
Voir ce qu’écrit Cinéma et spiritualité :
Filmographie : Amours chiennes, 21 grammes, Babel
Avis : Très beau et très riche film par son contenu très réaliste de la vie quotidienne, de très belles images expressives d’acteurs professionnels ou non. Beaucoup de sensibilité aux petites choses qui font la dimension humaine. En fait très moral, à voir et revoir par tous.
Note : 8/10 Rédigé par Jacquie