jeudi 17 octobre 2019

Sorry we missed you

Aide à domicile, c'est un métier ou une vocation?
Réalisateur : Ken Loach Britannique, né en 1936 se lance dans le cinéma vers les années 60-70. Dans les années 90 il remporte des prix à Cannes. Loach est consacré par la Palme d'Or au festival de Cannes pour son film Le vent se lève en 2006. Puis 2 éme Palme d’or pour "I, Daniel Blake". Homme de gauche, ses films revendiquent généralement les droits de l’homme, dont les libertés politiques et les lois du travail
Pays : UK Année : 2019
Acteurs : Kris Hitchen (Ricky) ; Debbie Honeywood (Abby)
Dir. Photo : Robbie Ryan
Résumé : le scénario est inspiré d’un fait divers, avec la mort au travail d’un employé, malade du diabète, qui avait travaillé comme un fou pour les livraisons de Noël dans le cadre d’une entreprise de coursiers (imdb). Ken Loach montre la violence qui résulte de la compétition des entreprises suivie de celle des contractants individuels. Ici Ricky, dont la famille subit la mauvaise situation économique générale, se retrouve à chercher un travail plus rémunérateur pour rembourser les prêts et ne plus devoir sans cesse déménager. Abby, travaille comme aide sociale, avec une plateforme qui donne les rendez-vous et les tâches et ne propose pas de solution pour les événements imprévus. En bref, on est dans le déni des couvertures sociales des employés, grâce au libéralisme cher à Mme Tatcher. La famille prend de plein fouet cette tension du quotidien avec des effets néfastes non seulement pour les parents mais aussi pour les enfants dont un adolescent.
Ken Loach introduit la violence dès les premières séquences grâce à l’entretien d’embauche de Ricky qui ne laisse pas de doute sur le futur, le patron est caricatural. Le rythme du film est également stressant, les seuls repos pour le spectateur sont au cours de la représentation du travail social d’Abby avec les vieilles personnes, où du véritable amour est donné aux personnes.
Filmographie : Le vent se lève; My name is Joe; Bread and Roses; It’s a free world; La part des anges ; Looking for Eric ; Jimmy’s hall ; Moi Daniel Blake 
Avis : Un plaidoyer contre l’Ubérisation de la société. Film choc de Ken Loach, qui ni va pas par quatre chemins.
Note : 9/10 Rédigé par Jacquie


lundi 14 octobre 2019

Julie en Juillet

Une cérémonie de mariage ?
Réalisateur : Fatih Akin acteur, réalisateur, producteur scénariste allemand d'origine turque né en 1973. Ours d’or à Berlin pour Head on, Grand prix du scénario (De l’autre côté) Grand prix mostra de Venise pour Soul Kitchen. Fatih Akin est un réalisateur attachant pour ses films sur l’immigration, l’amour, la jeunesse et le partage. Toujours léger même quand les sujets sont graves.
Pays : Allemagne Turquie Année : 2000
Acteurs : Moritz Bleibtreu (Daniel bannier) ; Christiane Paul (Juli) ; İdil Üner (Melek) ; Mehmet Kurtuluş (Isa) ; Branka Katić (Luna)
Résumé : Ce film est qualifié de road movie, oui, on est sur la route…mais vers l’amour. C’est une comédie dramatique où un jeune homme rêveur, recherche l’âme sœur et se laisse guider par le hasard tellement il est inhibé. Il part à l’aventure aidé par l’idée que la prédiction d'une jeune hippie doit se réaliser et qu’il a rendez-vous avec son destin. Deux pôles : la fille qu’il croit aimer et celle qui l’aime déjà et le retrouve partout. Les aventures sont invraisemblables mais on s’amuse de ces péripéties. Les acteurs sont bons et les personnages attachants. J’avais bien aimé Soul Kitchen, j’ai aussi apprécié celui-là. On ne peut pas toujours se prendre la tête !
« Un film jouissif, plein d’espoir et de vie, de Fatih Akin, cinéaste allemand d’origine turque, qui ne cesse de proposer sa vision d’un monde coloré, bigarré et multiracial où les êtres humains sont juste des êtres humains. Le petit jeu autour des frontières est paradigmatique et Fatih Akin lui-même dans un rôle de douanier montre bien la direction. » Maqroll
Filmographie : Head-On ; De l'autre côté ; Soul Kitchen ; In the Fade ; Julie en juillet ; Solino 
Avis : Une charmante comédie amoureuse qui fait penser aux Hippies de Paolo Cohello.
Note : 9/10 Rédigé par Jacquie


mardi 8 octobre 2019

L’amant d’un jour

Le père, la fille, un dialogue.
Merci Arte de nous offrir des films qui ont quelque chose à dire! sur le site.

Réalisateur : Philippe Garrel, réalisateur français, né en 1948. L'Enfant secret reçoit le prix Jean-Vigo fait entrer Ph Garrel dans la notoriété. Issu du cinéma nouvelle vague, ce ne sont pas les scénarios qui le préoccupent. « Le rythme est souvent lent et ses réalisations comportent une esthétique contemplative » Wiki
Pays : France Année : 2017
Acteurs : Éric Caravaca (Gilles) ; Esther Garrel (jeanne) ; Louise Chevillotte (Ariane)
Dir. Photo : Renato Berta
Résumé : L’auteur traque l’inconscient féminin, la femme, les raisons de ses actions et de ses sentiments. C’est une démarche intéressante, de montrer qu’une femme peut faire l’amour pour le plaisir uniquement, oui ça existe (même à un âge avancé ! lire Sorcières de Mona Chollet). Ici c’est triste, sauvage, pas de passions. Le photographe nous donne des plans vastes de paumés au milieu de la ville ou de couloirs hallucinants de pauvreté, des gros plans de visages qui respirent l’échec. Mais le film n’atteint pas le fond de l’inconscient féminin, la forme, le pourquoi (Garrel lit trop Freud, misogyne notoire). A la différence d’un homme les fantasmes féminins ne sont pas de cette espèce, même si l’appareil sexuel féminin a les mêmes besoins de s’exprimer (plus ou moins semblables). Chez la femme la demande sentimentale est plus grande. Des siècles d’enfermement de la femme dans son rôle de mère, de confidente (vraie cause ?) ont développé un besoin de fusion propre aux sentiments voir à l’âme. Ce qui est paradoxal dans ce film c’est qu’Ariane, amoureuse de Gilles depuis 3 mois, soit conduite à faire l’amour avec des jeunes occasionnels. Que peut-elle en attendre ? Gilles ne la baise pas bien ?
La propension à faire l’amour debout dans les toilettes sordides de la fac, m’inquiète sur la vie amoureuse de mes contemporains. J’ai des goûts de luxe ?
Regarder l’entretien de Philippe Garrel au sujet de ce film est éclairant sur la volonté et les moyens du cinéaste.  La conclusion pourrait être : la liberté sexuelle existe aussi pour la femme mais n’est jamais valorisée et pire conduit à l’échec, donc mieux vaut rester discrète. (confession d’une 68arde contemporaine de Garrel !) 50 ans plus tard ni la parole ni la pratique n’est libérée… Je préfère L’amant double de F. Ozon pour illustrer ce fait, c’est plus jouissif !
Filmographie L'Enfant secret ; J'entends plus la guitare ; Les Amants réguliers ; La Jalousie ; L'Ombre des femmes ; L'Amant d'un jour 
Avis : Un film sur la sexualité féminine plutôt déprimant. Quoi que, montre la revendication de la liberté sexuelle pour les femmes.
Note : 8/10 Rédigé par Jacquie.


mercredi 2 octobre 2019

Une femme d’exception

On the Basis of Sex

Réalisateur : Mimi Leder née en 1952, réalisatrice et productrice américaine.
Pays : US Année : 2018
Acteurs : Felicity Jones (Ruth Ginsburg) ; Armie Hammer (Martin Ginsburg) ; Justin Theroux (Mel)
Résumé : Une jeune femme, battante, entre à Harvard pour faire son droit. Elle doit affronter un machisme rampant de la part de ses collègues et flagrant de la part des professeurs. Sortie avec brio de l’école, elle a du mal à trouver un emploi dans un cabinet, elle devient professeur de droit.
Elle est marquée par le sexisme ambiant et prend l’occasion du cas d’un homme discrédité car il remplit une charge dévolue aux femmes. Elle entreprend cette mission pour que la cause des femmes avance.
Le film, sur un modèle classique, montre le sexisme ordinaire et la lâcheté de ceux qui le reconnaissent. Ici, il s’agit de la société américaine des années 50. Il n’y a pas grand-chose de changé… mais un progrès. 
Autant vous dire qu'il n'y a pas beaucoup de critiques, ce film a l'air transparent, comme les femmes que nous sommes. Il y a un DVD pour nous montrer le chemin que d'autres ont parcouru le réalisateur est une femme!
« Une femme d’exception n’est certes pas décisif sur la lutte des droits des femmes, mais il arrive néanmoins à être assez captivant dans le détail du récit de ce combat inachevé, par la grâce d’un scénario bien charpenté, davantage que par une mise en scène vraiment inspirée. » Avoir à lire
Filmographie Deep Impact; Vanished 
Avis : Un film sur les empêchements rencontrés par les femmes pour exercer un métier de prestige habituellement dévolu aux hommes.
Note : 9/10 Rédigé par Jacquie






samedi 28 septembre 2019

Louise en hiver

Allégorique? ou pratique?
Réalisateur : Jean-François Laguionie réalisateur de films d'animation et écrivain français, né en 1939. Il réalise plusieurs courts métrages, dont le célèbre La Traversée de l'Atlantique à la rame (1978), qui est récompensé d'une Palme d'or à Cannes et qui obtient aussi un César. Il est considéré comme un des meilleurs de l’animation en France. Wikipedia .
Pays : France Canada Année : 2016
Animation
Résumé : dans une station balnéaire de Normandie, une vieille dame fait ses valises et regarde une dernière fois le spectacle de la mer, elle est prête mais regarde une pendule arrêtée... Elle rate le dernier train pour la capitale. Elle restera esseulée tout l’hiver en se débrouillant avec les ressources locales. Cette dame nous fait partager les douceurs de la côte sans les touristes et sa vie de Robinson sur la plage. Jamais de détresse, d’anxiété, juste un peu de solitude qui l’amène à converser avec la nature et se lier à un gros chien qui la comprend. Au cours de cet hiver elle va se souvenir de sa jeunesse, de ses amours. La narration est très belle, les sentiments sont touchants, elle ne s’ennuie jamais (nous non plus) et continue sa vie avec sérénité.
« Et puis en juillet, les touristes reviennent. Louise ne se pose plus de question, elle reprend sa vie. Quant à nous spectateurs, nous conserverons de cette belle aventure un peu de douceur et beaucoup de sérénité au sein d’une nature aquarellée qui frémit de couleurs, de lumière et de chants d’oiseaux. » Claudine Levanneur
Filmographie : Le Château des singes ; L'Île de Black Mór ; Le Tableau ; Louise en hiver ; Le Voyage du prince

Avis : Très beau film poétique par la narration et le dessin. A ne pas manquer.
Note : 10/10 Rédigé par Jacquie



mardi 24 septembre 2019

Capitaines d’Avril

Capitães de Abril

Grand Prix du Festival International de São Paulo, Prix du Public Festival CINESSONNE 
Réalisateur : Maria de Medeiros est une actrice réalisatrice et chanteuse portugaise née en 1965. a vécu toute son enfance à Vienne où son père est attaché culturel. Ils rentrent à la suite de la Révolution des Œillets en 1974. Fait des études de théâtre en France et commence une carrière d’artiste au théâtre et également au cinéma où on la verra dans Pulp Fiction..
Pays : Portugal +Europe Année : 2000
Acteurs : Salgueiro Maia (Stefano Accorsi) ;Antonia (Maria de Medeiros) ; Gervasio le Major (Joaquim de Almeida) ; Manuel le mari de Antonia (Frédéric Pierrot) ; Lobao Fele (Martinez)
Dir. Photo : Michel Abramowicz
Résumé : C’est le premier film de Maria de Medeiros. Au Portugal, dans la nuit du 24 avril 1974, la radio a diffusé une chanson interdite, « Grândola ». C’était le signal attendu pour le coup d’état organisé par les militaires qui allait changer le destin du pays. Il raconte la Révolution dite « des œillets » de 1974 qui mettra fin au régime dictatorial de Salazar et de son suiveur Marcelo Caetano, à travers deux personnages le capitaine Salgueiro Maia et Manuel. « Ayant longuement consulté ses véritables protagonistes, je sais qu'eux-mêmes se sont vus, ce jour-là, un peu comme des héros hollywoodiens. » Maria de Madeiros, traite donc le sujet comme unun film d’aventure et y ajoute une touche féminine. Wikipedia https://fr.wikipedia.org/wiki/Capitaines_d%27avril
« on se laisse prendre par la main, en raison (pour une fois) du sujet : des militaires qui désobéissent, une révolution non violente, le vent de la liberté et de la démocratie qui souffle sans faire couler de sang, c'est tellement rare et enthousiasmant que ça fait passer la pilule du conformisme filmique. » Serge Kaganski https://www.lesinrocks.com/cinema/films-a-l-affiche/capitaines-davril/
J'ai bien aimé le point de vue féminin, et la photographie originale de la représentation des militaires.
Filmographie : Capitaine d’avril 
Avis : Pour mieux connaitre le Portugal et la Révolution des Œillets, ce beau film la raconte.
Note : 8/10 Rédigé par Jacquie


samedi 24 août 2019

L’amant double

Réalisateur : François Ozon ; Réalisateur français né en 1967. La sexualité, l'ambiguïté, l'ambivalence et la subversion des normes sociales ou familiales sont certains de ses thèmes privilégiés. Etudie le cinéma à l’université et à la Femis. Plus Wikipedia
Pays : France Belgique Année : 2017
Acteurs : Marine Vacth (Chloé) ; Jérémie Renier (Paul Meyer / Louis Delord)
Dir.Photo : Manuel Dacosse
Résumé : inspiré par le roman : Lives of the Twins de Joyce Carol Oates. wikipedia
Chloé est très mal dans sa peau et souffre de maux de ventre. Elle explique très bien où elle en est à son entrée chez le psychologue. Sa thérapie n’avance pas trop, mais psychologue et patiente deviennent amoureux et vivent en couple. Chloé découvre par hasard que Paul a un jumeau qui fait le même métier. Qui s’y frotte s’y pique !
Le film est fascinant, tant on est dans le flottement, les jeux de miroirs, le subconscient et la réalité. Pour tout compliquer les dialogues ne sont pas clairs, on entend des bribes de phrases..
Tant et si bien que l’analyse rationnelle des aventures de Chloé reste difficile et frise le fantastique dans certains aspects architecturaux ou dans les relations avec la voisine, ou l’exposition en cours du musée de Tokyo.
J’ai beaucoup aimé la photographie de Manuel Dacosse qui joue avec les glaces, les couloirs, et les corps. La mise en scènes des ébats amoureux est belle et particulièrement érotique.
Sur la curieuse introduction du film et la coupe des cheveux sans un mot mais lourd de psychodrame voir
« Mes films racontent souvent notre besoin d’imaginaire pour supporter le réel. Dans toute relation de couple, même heureuse, il y a une part de frustration et le besoin d’un espace mental où le fantasme peut s’exprimer. L’autre ne peut jamais satisfaire entièrement nos désirs. On a souvent besoin de plus, ou différemment, d’un à-côté. » François Ozon Dossier Presse
Filmographie : Sous le sable ; Huit femmes ; Swimming Pool ; Le Temps qui reste ; Angel ; Potiche ; Dans la maison ; Jeune et Jolie ; Une nouvelle amie ; Frantz ; L'Amant double 
Avis : Un film déroutant, où le psychologique joue le fantastique. Vous vous poserez des questions même à la fin…. un beau délire sur les jumeaux.
Note : 8/10 Rédigé par Jacquie