dimanche 1 décembre 2013

Un singe en hiver







Réalisateur : Henri Verneuil (1920- 2002) d’origine arménienne il débarque en France à 4 ans avec ses parents. Etudes d’ingénieur, journaliste s’intéresse au cinéma et devient assistant réalisateur. A réalisé une trentaine de longs métrages dont la plupart est réussie. Est consacré par le public après La vache et le prisonnier en 1959. En 1996 il obtient le César d'honneur pour l'ensemble de sa carrière.
Pays : France Année : 1962
Acteurs : Jean Gabin (Albert Quentin) ; Jean-Paul Belmondo (Gabriel Fouquet) ; Suzanne Flon (Suzanne Quentin) ; Noël Roquevert (« Landru », le patron du « Chic Parisien ») ; Paul Frankeur (M. Esnault, le patron du café) Dir. Photo : Louis Page
Résumé : D’après le roman d’Antoine Blondin Un singe en hiver 1959 Prix Interallié. Le film et le roman racontent l’amitié qui nait entre un quinquagénaire rangé et un jeune père que sa femme vient de quitter. La situation se déroule dans une ville du bord de mer en Normandie pendant la saison creuse, donc dans un petit village dont on ne verra pas l’église ni le curé pas plus que l’instituteur. Le cadre est restreint et occupera un petit hôtel et un bar voisin où se concentre l’activité des vieux habitants. Tout tournera autour des deux personnages principaux Albert en couple avec Suzanne. Albert et Gabriel ont en commun l’usage des scénarios qu’ils se jouent dans leurs têtes, en guise de réalité personnelle. Le sujet est également l’alcool, drogue et poison. Il intervient comme modificateur de comportement et garant de gaité, de farces qui nous amusent aussi bien que facteur d’exclusion sociale ou d’échecs pour des personnalités en déshérence l’ayant vaincu ou non. Albert, ancien fusiller-marin ayant servi en Chine, va devenir la figure mythique du père pour Gabriel, jeune père pas très courageux. Le roman décrit petit à petit cette amitié qui s’installe entre les deux extrêmes, le film va plus vite en besogne. La jeunesse de l’un fait resurgir les passions du passé pour Albert et l’amitié de l’autre désenclave Gabriel de sa solitude et de son non vouloir. Albert en voyant les délires de Gabriel, retrouve vigueur pour les siens qu’il cultive dans le silence, au lit. Le fil conducteur semble être : on a tous nos passions et nos rêves ou ce qu’on n’arrive pas à dépasser ; le passé doré ou imaginé. Combien d’entre nous ressassent leurs victoires, leurs amours passés... sans grand bénéfice. Gabriel ressasse son rêve hispanisant de toréador, quand il boit il s’y croit tellement que c’est presque palpable, comme dans la folie il multiplie les détails et y croit. Une autre idée qui irrigue le film est donc aussi la solitude, la désorientation ou le sujet « paumé » ce qui vaut le titre du roman « Un singe en hiver ». La signification en est donnée plusieurs fois ; des animaux égarés par l’hiver se retrouvent en ville, et des habitants compatissants les récupèrent pour les ramener dans leur jungle natale. Antoine Blondin parle de cette compassion sociale à propos de Gabriel et de sa fille, qu’il replace dans un train pour Paris ou pour Albert que sa promesse et son couple maintiennent dans une vie rangée. Sur le roman voir un cahier bleu
Un petit aperçu croquignolet !
Filmographie : La Vache et le Prisonnier ; Un singe en hiver ; Mélodie en sous-sol ; Le Clan des Siciliens ; Peur sur la ville ; I...comme Icare ; Mille milliards de dollars ;
Avis : le roman est un délice, le film aussi par ses interprétations de 3 grands acteurs. Henri Verneuil suit bien l’atmosphère du roman, et ne laisse rien au hasard. Bien qu’un peu datées la mise en scène sobre et une photo de qualité rend crédible ce petit extrait de la France profonde.
Note : 10/10 Rédigé par Jacquie




1 commentaire:

Francoise Deiber a dit…

ah Gabin, un acteur tout en verve et en muscles ! un sacré charisme !