dimanche 17 avril 2016

Cultivez local


Réalisateur : Patrick Viron né en 1951 réalisateur de documentaires. Maintenant réalisateur indépendant. De son point de vue, le film documentaire constitue une façon originale et personnelle de combattre des idées reçues et offre une extraordinaire source d’ouverture au monde.
Pays : France Année : 2012
L’ARDEAR Rhône-Alpes est une association créée en 1985. Aux côtés de la Confédération Paysanne, elle participe à la mise en place d’une agriculture à taille humaine, une agriculture permettant de vivre du métier de paysan, dans un milieu rural vivant. Une agriculture respectant la nature, une « Agriculture Paysanne ».
Résumé : 1- Mes Voisins de Paniers (Isère) C'est une association de vingt fermes du nord du département de l'Isère. Elle a pour but de mettre à la disposition des consommateurs, sur chaque ferme, les produits issus de l'ensemble des fermes. 2- Le restaurant scolaire de Saint Martin-en-Haut (Rhône) En 2009, l'équipe municipale décide de créer un restaurant tout neuf pour l'ensemble des établissements scolaires de la commune. Ce restaurant, il sera géré directement par la municipalité et approvisionné par les fermes des environs. 3 - La Carline (Die, Drôme) La Carline n'est pas qu'un magasin de produits biologiques. C'est aussi une structure coopérative co-gérée par différentes parties prenantes : les salariés, des paysans locaux et des consommateurs. 4 - La Fromagerie Bio du Maine (Mayenne) C'est une coopérative agricole regroupant 45 fermes laitières. Dès 1994, les paysans organisent la collecte de leur lait. En 2010, pour aller au bout de leur démarche, ils investissent dans une fromagerie et créent un fromage, l'Entrammes. 5 - L'abattoir-découpe de La Mûre (Isère) En 2000, l'abattoir de la Mûre est repris par des éleveurs. Ils décident alors d'en faire un outil au service de la vente directe : ils lui adjoignent une salle de découpe et de préparation des colis qu'ils peuvent ensuite vendre eux-mêmes. 
http://www.agriculturepaysanne.org/rhone-alpes
http://www.agriculturepaysanne.org/files/dossier-de-presse-film-Cultivez-local-.pdf
Filmographie : Terres d’Entraide, Cultivez local, du paysage au sage, 
Avis : Ce film de 56 minutes a été conçu pour vous permettre d'échanger sur les enjeux de la relocalisation alimentaire et les circuits courts, typiquement lors de soirées-débats, de conférences, ou de formations sur cette thématique.
Note : 8/10 Rédigé par L’ARDEAR Rhône-Alpes

mercredi 13 avril 2016

36 vues du pic Saint Loup

Beaucoup de couleurs dans le monde de Kate
 
Réalisateur : Jacques Rivette 1928-2016 réalisateur français, critique de cinéma. Important contributeur à la nouvelle vague. Ce réalisateur laisse beaucoup de place à l’imagination des acteurs.
Pays : France Année : 2009 
Acteurs : Jane Birkin (Kate) ; Sergio Castellitto (Vittorio); André Marcon (Alexandre) ; Jacques Bonnaffé (Marlo) ; Julie-Marie Parmentier (Clémence)
Résumé : Jacques Rivette, avec sa sensibilité particulière, nous offre un film très simple… mais très riche si on fait un effort pour passer le côté simpliste et improbable. On voit une femme, Kate, arrêtée au bord de la route, son trivial 4x4 en panne, passe une superbe voiture décapotable (une Ferrari je crois) qui l’ignore… puis revient sur ses pas. En sort un beau mec tout de blanc vêtu, qui sans un mot met les doigts dans le moteur bricole 2 fils et remet en route le véhicule, sans un mot. C’est pas déjà un compte de fée, dans l’intro ? La jeune femme fait partie d’un petit cirque ; le patron (son père est mort il y a peu) Kate revient au cirque après des années d’absence. Pourquoi ? pourquoi cet accueil glacial ? Pourquoi la belle voiture est stoppée, derrière le 4x4, dans le village?…quelques mots… Il suivra Kate partout comme un détective ou un psy...
Il mène une sorte d’enquête pour connaitre mieux Kate qui l’intrigue, tout en se faisant aimer des gens du cirque dont il essaye de comprendre le métier, la vie.
Le film est très symbolique, tout tourne en rond autour de la piste, on y voit des interdits de franchir ses limites. L’histoire passée vient petit à petit avec des clowns tristes…
Le film relève du conte tout en symboles et spectacle, la princesse, le chevalier blanc, le donjon bien rond, le noir du barnum, les couleurs des roulottes, l’espace champêtre avec le pic St Loup loin et hautain.
« … Un homme y débarque et une femme y revient. Lui (Sergio Castellitto), c'est l'étranger tel que l'aime Rivette : poète ou voyou, parfois les deux, vaguement enquêteur et même psy. Elle (Jane Birkin) s'appelle Kate, mais c'est toujours la Jane B. que l'on connaît, angoissée et attirante, que Rivette avait utilisée… » Pierre Murat
Filmographie : Céline et Julie vont en bateau, Le Pont du Nord, La Bande des quatre, La Belle Noiseuse
Avis : Cinéma simple sans chichi, au contraire parait presque infantile, mais attachant par la délicatesse de la narration. La photo est belle et accompagne cette fable avec une dimension profonde.
Note : 9/10 Rédigé par Jacquie


mardi 8 mars 2016

Sweetie

Des acteurs qui donnent beaucoup

Réalisateur : Jane Campion: réalisatrice et scénariste New Zélandaise, est née en 1954 dans une famille liée au théâtre. elle fait des études artistiques. Se lance dans le cinéma dans les années 80, fait un peu de TV. Ses courts métrages sont primés. Elle tourne Sweetie en compétition à Cannes, puis Un ange à ma table qui est Grand Prix du Jury à Venise et elle obtient finalement la Palme d’Or avec La leçon de Piano. Depuis son dernier film elle se lance dans les séries TV avec succès : Top of the Lake
Pays : Australie Année : 1989
Acteurs : Genevieve Lemon (Sweetie); Karen Colston (Kay); Tom Lycos (Louis); Jon Darling (Gordon); Dorothy Barry (Flo) 
Résumé : « Kay est une jeune fille mal dans sa peau, un peu gourde par rapport à ses copines. Elle a peur de tout et en particulier des arbres, de leur frondaisons mais surtout de leurs racines (n’y voyez pas une peur du sexe, vous sauriez tout). Elle va consulter une voyante affublée d’un parent lourdement handicapé. Celle-ci lui déclare qu’elle rencontrera un homme qui deviendra son mari. Elle se jette sur le premier qui correspond au signalement par angoisse de le manquer (on en connait d’autre quand la peur de rester seule est grande). Tant bien que mal elle se met en ménage mais elle a toujours des angoisses au sujet des arbres… tout tourne de travers autour d’elle. Peu de temps après elle quitte le lit conjugal et se réfugie dans ses jouets d’enfants. Puis sa soeur débarque avec un amant et s’installe chez elle… ses tourments reprennent de plus belle, déjà petite elle était jalouse de sa sœur, préférée de son père. Le film continue dans la folie avec une vraie givrée incontrôlable, mais qui est libérée du côté sexe.. La sœur surnommée Sweetie est justement ce que Kay n’est pas, à l’aise dans la vie malgré son handicap intellectuel. Le film est alors un déluge d’extravagances qui ne se limite pas à Sweetie, les parents sont un peu étranges.
« Chaque plan est contaminé par ce dérèglement, de la nudité encombrante et animale de Sweetie aux fissures du sol, ces brèches de folie qui s'insinuent dans la vie de Kay. Après vingt ans, le film a gardé toute son étrangeté, toute sa sève vénéneuse. Le premier long métrage de Jane Campion et, peut-être, le meilleur. » Cécile Mury 
Filmographie Sweetie ; Un ange à ma table ; La Leçon de piano ; Portrait de femme ; Holly Smoke ; In the Cut ; Bright Star ; Top of the Lake ; 
Avis : Un film surprenant qui graduellement instille une atmosphère de folie quotidienne, riche en symboles.
Note : 9/10 Rédigé par Jacquie



jeudi 3 mars 2016

Les délices de Tokyo

La nature, une énergie qui influence le cours de nos vies

Réalisateur : Naomi Kawase, réalisatrice et écrivain, japonaise née en 1969. Elle étudie puis enseigne la photo. Elle entreprend des films qui sont remarqués. En 2007 à Cannes elle reçoit le Grand Prix pour la Forêt de Mogari. Plus
Pays : Japon  Année :2015
Acteurs : Kirin Kiki (Tokue), Masatoshi Nagase (Sentaro), Kyara Uchida (Wakana)
Résumé : D’après un roman de Durian Sukegawa. Naomi Kawase nous décrit l’univers triste d’un homme essayant de refaire sa vie qui survit en vendant des gâteaux dans une échoppe. Dans cette petite boutique, près de l’école, une très jeune fille est également isolée d’un point de vue familial et a un regard compatissant pour le marchand. Survient le troisième personnage, pas du tout déprimé ! qui veut aider le marchand à faire de meilleurs gâteaux….
Chez certaines personnes les circonstances de la vie n’ont pas permis une enfance ou un départ heureux. La société actuelle dévouée à la consommation ne laisse pas beaucoup de place à l’altruisme, entre la compétition et « le veau d’or ». L’histoire nous montre comment un regard différent peut changer les choses, entre celui de l‘adolescente et celui de la vielle dame il se produit un petit miracle.
Bien sur le cinéma de Naomi Kawase est rempli de signes émanant de la nature, des cerisiers, des oiseaux, on retrouvera le canari de Hanezu. Le drame est plus perceptible que dans Hanezu, tout fini par être expliqué. La vieille femme est superbement jouée et nous entraine dans l’histoire. 
Filmographie : Shara ; La Forêt de Mogari ; Still the Water ; An - Les Délices de Tokyo ; Hanezu ; 
Avis : Film esthétique et tendre qui soulève le problème de l’isolement. 
Note : 8/10 Rédigé par Jacquie


lundi 29 février 2016

HANEZU L’esprit des montagnes

Hanezu no tsuki
une cohabitation avec les dieux, les morts.

Réalisateur : Naomi Kawase ; réalisatrice japonaise née en 1969. Elle étudie puis enseigne la photo. Elle entreprend des films qui sont remarqués. En 2007 à Cannes elle reçoit le Grand Prix pour la Forêt de Mogari. Savoir plus
Pays : Japon Année : 2011
Acteurs : Tôta Komizu (Takumi, le sculpteur) ; Hako Ohshima (Kayoko la jeune femme) ; Tetsuya Akikawa (Tetsuya, le mari)
Résumé : D’après le roman de Masako Bando. Tourné dans la région de Azuka qui serait le lieu de la pus ancienne civilisation du Japon. « Hanezu met aux prises une femme et deux hommes. Cette histoire simple a pour point de départ un poème du recueil Manyoshu, le plus ancien de la littérature japonaise. A intervalles réguliers, une voix off répète les vers de cette légende qui conte la rivalité entre deux montagnes mâles, amoureux d'une troisième éminence.» Thomas Sotinel
Le film est court et met en scène les mythes régionaux, les mélanges entre le passé et le présent, une passion entre un homme et une femme (mariée). Les éléments de la nature sont mêlés, à la vie quotidienne, et à une réminiscence très appuyée du passé, comme si chacun revivait un drame du passé. Y a t il une réincarnation dans la lignée de la famille ? Tout se reproduirait-il suivant une spirale ? A aucun moment la situation n’est expliquée avec des mots, au spectateur de s’imprégner des images pour comprendre selon sa sensibilité. C’est beaucoup demander à son public, et la critique s’en est ressentie.
Filmographie : Hanezu ; Still the water ; les délices de Tokyo ; La forêt de Mogari ; 
Avis : Beau film mais qui laisse sur sa faim… sauf si on est en confidence.
Note : 7/10 Rédigé par Jacquie




mercredi 24 février 2016

Le procès de Viviane Amsalem

Gett

Réalisateur : Ronit (1964) et Shlomi Elkabetz, frère et sœur ont réalisé une trilogie sur la femme. Ronit est aussi comédienne.
Pays : Israel France Allemagne Année : 2014
Acteurs : Ronit Elkabetz (Viviane) ;Simon Abkarian (Elisha) ;Menashe Noy (Carmel)
Dir. Photo : Jeanne Lapoirie
Résumé : « De prime abord, l'affaire est d'une grande banalité. Voilà trois ans que Viviane Amsalem, la quarantaine, demande le divorce au prétexte qu'elle n'aime plus son mari. Et que ce dernier, Elisha, le lui refuse, arguant qu'il l'aime toujours… Tout cela serait d'une grande banalité si cette crise conjugale n'avait pour cadre Israël, pays où il revient à un tribunal rabbinique de prononcer la dissolution d'un mariage. Avec cette contrainte supplémentaire : le divorce ne peut se faire qu'avec le consentement de l'époux. » LeMonde En savoir plus
Le récit montre la difficulté et la ténacité nécessaire pour obtenir le divorce pour une femme en Israël. Il est décrit le tribunal religieux comme un simulacre de justice où la cause est entendue par des hommes de parti pris. C’est affligeant tout du long ; la religion induit une grande misère qui n’est pas qu’intellectuelle. Ce film n’est pas une fiction c’est un documentaire !
« Tout repose enfin sur l’opposition ludique et l’équilibre entre l’interprétation spectaculaire et admirable d’Elkabetz (toujours dans l’excès et le lyrisme, comme Orane Demazis chez Pagnol, d’ailleurs), et le jeu plus distancié et quotidien d’Abkarian…
Enfin, ce que dit le film est universel, intemporel et renvoie chaque membre d’un couple à sa propre ambiguïté : ce n’est pas notre séparation qui me fait le plus mal, mon amour, pas même que tu puisses trouver le bonheur avec un autre, mais que je puisse l’accepter sans broncher.. » Inrocks
Filmographie : Prendre femme ; les Sept jours 
Avis : Film nécessaire certainement pour Israël et bien d’autres pays qui considèrent les femmes comme des auxiliaires de vie voire des esclaves.
Note : 7/10 Rédigé par Jacquie


vendredi 19 février 2016

Voyage en Chine

Réalisateur : Zoltan Mayer photographe renommé, devenu ici réalisateur.
Pays : France Année : 2014
Acteurs : Yolande Moreau (Liliane) ; André Wilms (Richard) ; Dong Qing (Ruo Yu la fiancée), Qu Jing Jing (Danjie), Ling Dong Fu (Chao), Liu Ling Zi (Li Shu Lan), Yilin Yang (Yun),
Dir. Photo : George Lechaptois
Résumé : Sur un vécu de couple aigri par les ans et baignant dans une incompréhension totale, le décès d’un fils à l’autre bout de la planète va interroger le père (en silence) et la mère qui va casser son rythme de vie et essayer de faire son deuil en rapportant le corps de son fils en France. Elle lâche tout, part avec courage dans un pays dont elle ne sait rien. C’est ce voyage à la recherche du corps et de l’histoire de son fils qui parcourt tout le film. Certain diront que le scénario est faible, sans doute, mais la vie des couples n’est elle pas souvent semblable ? Le plus grand mérite du film c’est de vous faire voir des images splendides. On vous dira la Chine n’est pas comme ça, and so what ? Les couleurs choisies, les paysages sont un enchantement. D’ailleurs n’est ce pas un conte de fée, tellement la vie de cette femme est « remplie » grâce à cette démarche ?
« Reposant sur le courant de pensée taôiste, le film distille charme et zénitude. Le travail de deuil est ici sublimé, l’harmonie entre humain et nature prend peu à peu le pas, la sagesse s’impose. Zoltan Mayer est un fin connaisseur de la Chine, au détour d’une scène, d’un cadrage, il met en valeur ce qui fait l’essence de sa culture, ses contrastes, son immensité territoriale et ethnique. » Fritz Langueur ciné bel

Filmographie Voyage en Chine (2015), Le Sens de l'âge (2011), Millefeuille (2010) 
Avis : Beau film esthétique et zen.
Note : 9/10 Rédigé par Jacquie

Un commentaire d'Anne LB :
Je viens de le visionner; interprétation sobre, un beau film sur le deuil d'un enfant, la séparation, l'amitié naissante avec l'étranger. Bref , plein de thèmes dans une approche subtile. J'ai beaucoup aimé ... et puis le final : elle a tissé tellement d'intime avec ces rencontres chinoises qu'elle revient. Très beau film.