vendredi 19 mars 2021

Beau travail

César de la meilleure photographie 


Réalisateur : Claire Denis, réalisatrice française,diplômée IDHEC en 1972, Devient l’assistante de Jacques Rivette Wim Wenders Jim Jarmusch. Premier film en 1988, Chocolat, sélectionné à Cannes. Puis de nombreux films d’auteur. Ces films sont caractérisés par des belles prises de vue, des sentiments exprimés sans paroles explicatives, mais plutôt par des non dits, sa palette décrit les désirs, l’amour en demi teintes.
Pays : France
Année : 2000
Acteurs : Denis Lavant (adjudant-chef Galoup) Michel Subor (commandant Bruno Forestier) Grégoire Colin (Gilles Sentain)
Dir.Photo : Agnès Godard Musique Charles Henri de Pierrefeu et Eran Zur
Résumé

Ce film fait partie de ceux que je reverrais avec plaisir. Il ne s’y passe rien…. sauf dans les esprits. L’exercice physique, l'entraînement militaire, les règles de vies sont donnés comme une potion indispensable à chacun. Dans ce coin perdu du monde, le respect de la vie et de chaque personnalité doit être tenu de façon impeccable. Chacun lave et repasse son linge pour être et donner une image « parfaite » de la France. Mais, les sentiments personnels, la possessivité viennent créer un trouble fatal dans l’esprit de Galoup qui souffre de jalousie.

Claire Denis montre comment insidieusement la jalousie entre dans le mental de Galoup, sans aucune implication sexuelle, rien que « je n’accepte pas de partager l’amitié de mon commandant » Dans un tel environnement dépaysement, climat dur, isolement, peu de nouvelles de la métropole, aridité même du paysage, la jalousie s’insinue chez Galoup.
« Beau travail est un objet filmique captivant de bout en bout, une preuve superbe et tangible de cinéma comme art de l'altérité, une manifestation supplémentaire de la puissance d'expression et de la singularité du talent de Claire Denis » Serge Kaganski
Filmographie : Chocolat ; Beau Travail ; Trouble Every Day ; 35 rhums ;White Material ; Un beau soleil intérieur ; High Life
Avis : Film d’une beauté étonnante quand on parle de légionnaires (Bravo Agnès Godard). Mise en scène époustouflante des corps athlétiques de ces jeunes hommes, poétique et zen. Les couleurs choisies sont en dégradés de verts, militaires mais pas trop, comme les sentiments d’abandon de ce bataillon.
Note : 10/10 Rédigé par Jacquie




jeudi 29 octobre 2020

Adieu les cons

 

La recherche des informations dans un hôpital
Réalisateur : Albert Dupontel, vient tard au cinéma, commence comme acteur, position qu’il reprend souvent. Voir sur Wikipedia son parcours atypique. Césars 2014 : César du meilleur scénario original pour 9 mois ferme. César du meilleur réalisateur pour Au revoir là-haut.
Pays : France Année : 2020 

Acteurs : Virginie Efira (Suze Trappet) ; Albert Dupontel (JB, l’informaticien) ; Nicolas Marié (Serge Blin, l’aveugle) ; Jackie Berroyer ( Dr Lint, le médecin Alzeimer) ; Philippe Uchan (Kurtzman le PDG) ;Bastien Ughetto (Adrien)

Dir.Photo : Alexis Kavyrchine

Résumé : Film d’un comique à la Monthy Pyton, affutez vos neurones avant d’y aller. On démarre par le cabinet d’un médecin (Bouli Lanners) très informatisé qui annonce peu ou prou à une jeune femme qu’elle a un cancer grave. C’est déjà tout un feu d’artifice de drôleries et de moqueries. Puis le héro (Dupontel lui-même) entre en scène et montre son art en quelques secondes ; il est un informaticien doué mais pas reconnu par sa direction. 

Dupontel fait jouer de bons acteurs comme Vuillermoz, voire Terry Gilliam, dont il fera plusieurs clins d’yeux à ses films : l’esprit de Brazil, les classeurs de dossiers qui sortent du mur, la romance, l’absurde quotidien, l’oppression administrative.

Des trouvailles : l’archiviste aveugle interprété avec brio par Nicolas Marié, des moqueries la reconnaissance faciale, ou le psy qui travaille avec la police. Virginie Efira est pulpeusement dramatique.

J’ai bien apprécié les éclairages et prises de vue, le Dir photo ? Alexis Kavyrchine.

« Soit une fable délirante et perfusée à la plus subtile des candeurs, où un personnage – voire deux ou trois – se lancent dans une quête mêlant l’absolu intime à la tentative de libération sociétale. L’enjeu intime et récurrent des films de Dupontel (la quête de l’enfant remplace ici celle de l’amour ou de la maternité) fait donc jeu égal avec un autre enjeu très « gilliamesque » dans l’âme, à savoir celui de fuir un monde moderne tellement chronophage qu’il confine à l’absurde. » Guillaume Gas

https://www.albertdupontel.com/filmographie/adieu-les-cons/

Filmographie : Bernie, 9 mois ferme ; Au revoir là-haut

Avis : Les avis sont partagés, mais moi, j’ai adoré ! et je le conseille contre la déprime du COVID. Bon ça va être fermé pendant 1 mois….

Note : 10/10 Rédigé par Jacquie

vendredi 23 octobre 2020

Josep

Réalisateur : Aurel, dessinateur de presse, il travaille pour le quotidien Le Monde, les hebdomadaires Marianne et Politis. Le film est réalisé en collaboration avec Florence Corre. Le scénario est de Jean Louis Milesi. 

Pays : France, Espagne, Belgique Année : 2020  

Acteurs : Sergi López (Josep Bartolí) ; Sílvia Pérez Cruz (Frida Kahlo) ; David Marsais (Valentin) ; Valérie Lemercier (la mère de Valentin) Musique : Sílvia Pérez Cruz

Résumé : A la suite de la prise de pouvoir de Franco, de nombreux espagnols, républicains ou anarchistes tentent de fuir l’Espagne en se réfugiant en France. L’action se situe en 1939. Le début du film rappelle cet historique, tout en tentant de présenter une menace pour la France venant non pas des réfugiés mais des régimes ultra-droite et de l’Allemagne nazie. « L’accueil qui leur est fait illustre les revirements politiques des gouvernements successifs en matière d’asile et inaugure une ère de camps dont ceux de Calais et de Grande-Synthe ne sont que le prolongement près de trois quarts de siècle plus tard. » Cairn info Devant l’afflux massif des réfugiés espagnols « les autorités françaises se sont trouvées débordées : elles placent les réfugiés sous le statut d'hébergés sous contrôle … ou les regroupent dans des camps d'internement français, selon les décrets-lois des 12 novembre 1938 et 18 novembre 1939 qui permettent l'internement administratif des « indésirables étrangers » Wikipedia  Il est clair que des camps d’internement, ne sont pas la meilleure façon d’accueillir des hommes et des femmes qui ont souffert dans leur pays ou sont menacés de mort. Le réalisateur raconte cette période avec deux personnages principaux : un jeune gendarme et Josep Bortoli un dessinateur et politicien. Cette histoire racontée est réelle, La France c’est aussi beaucoup de faiblesse et d’indifférence… rien n’a changé même si on pense être mieux.
Ce film a l’avantage de lever le voile obturant ces événements ayant marqué non seulement les espagnols mais aussi de nombreuses familles françaises d’immigrants dans des villes comme Toulouse, Perpignan, c’est la vie de leurs parents et grands-parents dont il s’agit.
Le film en lui-même est beau, il mêle des paysages aquarellés de la région de Rivesaltes à des dessins incisifs qui racontent, qui illustrent et des dessins de Bortoli montrant les hommes et les femmes du camp. Ce camp ironiquement est situé à côté d’un lieu de vacances en Occitanie. Je l’ai recherché pendant des années… curieusement quand je posais la question, venant de lire le roman autobiographique d’Arthur Koestler (La lie de la terre), personne n’avais entendu parler d’un camp de concentration d’étrangers en Pyrénées Orientales. Et pourtant, il n’avait pas bougé c’était juste un terrain militaire banal en dehors de la ville de Rivesaltes
Avis : Film à voir pour se souvenir que le nazisme n’a pas sévi qu’en France et en Allemagne, il avait expérimenté sa guerre avant grâce à Franco. La solidarité entre peuples s’était manifestée aussi au risque de la répression des hommes de droite. Toute ressemblance n’est pas fortuite, devant l’injustice et le malheur il y a toujours des justes qui se lèvent.
Note : 10/10 Rédigé par Jacquie

samedi 14 mars 2020

A mon âge, je me cache encore pour fumer

Réalisateur : Rayhana Obermeyer : Actrice, réalisatrice et écrivain.
Tout un symbole ces femmes qui fument en cachette.

Pays : France Grèce Algerie Année : 2017
Acteurs : Hiam Abbass (Fatima) ; Biyouna (Aïcha) ; Fadila Belkebla (Samia) ; Nassima Benchicou (Zahia) ; Nadia Kaci (Keltoum) Dir. Photo : Olympia Mytilinaiou et Mohamed Tayeb Laggoune
Résumé : Adapté de la pièce de théâtre éponyme édité en 2009 de : Rayhana Obermeyer. Il s’agit également d’un huis clos, tout se passe dans les bains publics. On démarre sur les rêves romanesques de Samia qui n’a pas été demandée en mariage et qui idéalise l’amour et donc le mariage qui lui manque. Fatima juste avant l’ouverture des bains reçoit une jeune femme menacée de mort par son frère, car elle est enceinte. Fatima femme, mûre, dont le mari lui est devenu insupportable et inutile, choisit de cacher la jeune femme.
Dans les bains il y a affluence car les bains étaient fermés faute d’eau aux robinets. Des femmes jeunes et vieilles bavardent, se vantent et jouent des alliances et se moquent des uns et des autres. En général elles ont à souffrir de leur condition féminine et du peu de liberté donné à leur féminisme par le pouvoir des barbus. On y voit certaines fêter leur prochain mariage avec des youyous, une autre en jean fêter son divorce ; et notre Samia célibataire écouter les récits à faire peur des nuits de noces des unes et des autres. On sent en toile de fond que l’extérieur n’est pas serein, avec les exécutions sommaires, les attentats, le bruit des explosions. A l’intérieur les conversations sont parfois musclées et la haine entrainant la haine, certaines sont plus prêtes à se casser la figure que de prêter leur flacon de shampoing. Au moins deux actrices de poids viennent structurer cette histoire, Hiam Habbas et Biyouna, mais de jeunes comédiennes ne sont pas de reste et prêtent leur sensibilité à ce film, en particulier Fadila Belkebla qui campe la rêveuse Samia. « En ces temps de doutes, de colère, de désir de révolution, parfois, les films orientaux, féministes, pacifistes, sont la preuve irréfutable que quelque chose d’important se passe dans un monde à l’avenir plus que trouble. » Arthur Champilou  Un peu moins tolérant : Vincent Ostria « …Certes, les doléances et dilemmes moraux sont en partie compensés par une certaine liberté sensuelle, par la vérité des corps (des femmes quasi nues de tous les âges et corpulences)… »
Avis : Voir le malheur des unes ne fait pas le bonheur des autres, mais on peut se réjouir d’être née à l’abri !
Note : 8/10 Rédigé par Jacquie


vendredi 13 mars 2020

Deux

Remarquable!
Réalisateur : Filippo Meneghetti Il s’agit d’un premier film !  
Pays : France Luxembourg Belgique Année : 2019 
Acteurs : Barbara Sukowa (Nina) ; Martine Chevallier (Madeleine) ; Léa Drucker (Anne)
Dir. Photo Aurélien Marra:
Résumé : Un sujet original, qui nous change des scénarios habituels. D’abord cette histoire cachée entre deux femmes, dont la dissimulation de l’amour concerne pas mal de couples homo encore actuellement. Le fait de devoir dissimuler des sentiments si forts est une source de souffrance, ça c’est un fait. Les familles étant si peu prêtes à accepter un amour différent, que par facilité celui-ci est caché la plupart du temps, alors que chacun pourrait être soulagé de voir une personne seule investie par l’amour. En plus de ce quasi tabou, le réalisateur ajoute que cet amour concerne deux femmes ayant passé l’âge des romances, du moins c’est ce qu’on croit. Bien sur, notre culture parle beaucoup de l’homme d’un certain âge, qui tombe amoureux d’une femme ayant déjà vécu. Là c’est politiquement correct, mais que dire de deux femmes ? quelle angoisse dans nos petites têtes, et si la grand-mère veuve et bien sage venait à tomber amoureuse ?

Le film est intéressant pour ça en particulier. Si le sujet des préjugés sur l’amour de nos ainées vous intéresse, lisez donc l’étude de Mona Chollet Sorcières, La puissance invaincue des femmes. C’est bon pour remettre les pendules d’Adam et Eve à l’heure. Un film fondé sur une BD de Rabaté a aussi traité du problème, si je me souviens bien Les petits ruisseaux
D’un point de vue technique, le développement de l’histoire manque un peu de peps, mais les plans sont beaux, un peu trop de corbeaux peut être. Mais j’aime bien le côté direct, comme est le jeu de son actrice Barbara Sukowa.
Filmographie Premier film
Avis : Film qui vaut d’être vu pour son sujet et parce que ce réalisateur qui débute fera sans doute parler de lui plus tard.
Note : 9/10 Rédigé par Jacquie






samedi 7 mars 2020

Le cas Richard Jewell

Richard Jewell 
Le héro du jour, un brave vigile.
Réalisateur : Clint Eastwood né en 1930 acteur, réalisateur, compositeur et producteur de cinéma américain. De par sa longévité, sa richesse et ses nombreux succès, tant critiques que commerciaux, sa double carrière d'acteur et de réalisateur fait de Clint Eastwood une figure mythique du cinéma, aussi bien au niveau américain qu'à l'international. Il a ainsi été récompensé à de nombreuses reprises.Wiki
Pays : US Année : 2019
Acteurs : Paul Walter Hauser (Richard Jewell) ; Sam Rockwell (Watson Bryant) ; Olivia Wilde (journaliste) ; Jon Hamm ‘agent du FBI Shaw) ; Kathy Bates (Barbara la mère)
Dir. Photo : Yves Bélanger
Résumé : D’après l’histoire vraie de l’acte terroriste à la bombe perpétré aux États-Unis, le 27 juillet 1996, dans le parc olympique lors des Jeux d'été d'Atlanta. L’agent de sécurité qui a découvert la bombe est suspecté par le FBI. Les fuites dans la presse le présentent comme le principal suspect de l'enquête policière et le probable terroriste. Contraint de rester enfermé à son domicile, par l’afflux des journalistes et enquêteurs. Il est enfin disculpé, mais l’enquête est au point mort. Le coupable est découvert plusieurs années après à l’occasion d’autres bombes.
« L’histoire de Richard Jewell m’a intéressé parce que c’était quelqu’un de normal, un monsieur tout-le-monde. Il n’a jamais été poursuivi, mais il a été largement persécuté. » Clint Eastwood
C’est intéressant, voire, angoissant d’assister à une mise en accusation gratuite sous prétexte que ça arrange tout le monde. On replonge dans l'atmosphère de l’après guerre où des  gens ont été accusés sur des soupçons plus ou moins partagés, et des femmes ont été tondues sur des soupçons également. La liste est longue des cas où la justice rendue par des hommes ou des femmes n’est pas très justes. Doit-on juger ? direz-vous, c’est un autre sujet. Le film est touchant car il montre une personne un peu marginale, qui ne souhaite rien qu’un peu de reconnaissance dans sa vie de tous les jours, mais cet homme est en plus fragile psychologiquement.
La justice aux US nous fait toujours peur, et Clint Eastwood en a bien joué en mettant en scène des gens ordinaires presque des « loosers ».
Filmographie Sur la route de Madison ; lettres d’Iwo Jima ; Impitoyable ; Million Dollar Baby ; Gran Torino ; Mystic River 
Avis : Un bon film, un bon sujet le tout mitonné par C.Eastwood. PS il n’y a pas d’histoire d’amour, mais c’est réussi !
Note : 9/10 Rédigé par Jacquie


mardi 25 février 2020

Grâce à Dieu

Grand Prix du Jury à la Berlinale 2019
Josiane Balsko touchante
Réalisateur : François Ozon Né en 1967, réalisateur français. « est ouvertement homosexuel. La sexualité, l'ambiguïté, l'ambivalence et la subversion des normes sociales ou familiales sont certains de ses thèmes privilégiés. » Wiki
Pays : France Belgique Année : 2018
Acteurs : Melvil Poupaud (Alexandre Guérin celui qui met en route la justice) ; Denis Ménochet (un des anciens scouts qui se décide à agir) ; Swann Arlaud (Emmanuel, celui qui a des crises) ; Josiane Balasko (la mère d’Emmanuel) ; François Marthouret (le cardinal Barbarin)
Dir. Photo : Manu Dacosse
Résumé : fondé sur la mise à jour, dans la région lyonnaise, des actes pédophiles d’un prêtre qui fut protégé par l’église. Le film montre dans des familles catholiques comment les jeunes ont vécu cette période honteuse, et ce qu’il en reste comme souffrances au présent, dont des vies brisées, des adultes en difficultés psychologiques. Ce film est sorti en pleine période de l'actualité du jugement de cette affaire. D’ailleurs « Avant la sortie en salle prévue le 20 février 2019, François Ozon est assigné en référé deux fois car la défense veut obtenir le report de la sortie du film » Wiki  Ce film un peu comme son prédécesseur, Spotlight de Tom Mc Carthy sur Boston, montre comment les défenseurs des victimes ont opéré devant la protection dressée par les congrégations. Ici est surtout développée la peur des victimes qui n'osent pas, ne veulent pas en parler, par pudeur et honte. Le temps nécessaire à oublier ou guérir de ces abus est long et souvent les faits sont prescrits, aucun n’a envie de réanimer ces souvenirs et pourtant il le faut. On voit également les deux côtés du procès, le cardinal qui se défend et le prêtre qui avoue tout, la personne qui est consultée à l’évêché qui essaye de ménager la chèvre et le chou, et bien sûr Alexandre qui se démène pour soigner ces abus par une reconnaissance publique, un jugement. On le voit chez les jeunes adultes qui ont besoin de mettre un nom et un jugement public sur leur affaire pour la clore et se débarrasser de cette honte sournoise.
Actualité 2020 : Le procès en appel du cardinal Barbarin : Condamné en première instance, le cardinal Philippe Barbarin a été relaxé en appel, jeudi 30 janvier 2020, pour ses silences sur les abus sexuels d’un prêtre.
Filmographie 8 Femmes ; Potiche ; Dans la maison ; Jeune et Jolie ; Une nouvelle amie ; Frantz ; L'Amant double ; Grâce à Dieu
Avis : Film au cœur de l’actualité, au sujet des abus sexuels d’un prêtre, couvert par son évêque. Pas un documentaire mais une mise en scène pour notre réflexion.
Note : 10/10 Rédigé par Jacquie


samedi 22 février 2020

Les invisibles

des acteurs et des figurants ayant connu le SDF
Réalisateur : Louis-Julien Petit ; réalisateur et scénariste français né en 1983. Assitant pendant une dizaine d’années, Son premier film remarquable Discount, où des salariés maltraités et témoins de gâchis, décident de créer une « épicerie équitable »
Pays : France Année : 2018
Acteurs : Audrey Lamy (Audrey, travailleuse sociale de l'Envol) ; Corinne Masiero (directrice de l’envol) ; Noémie Lvovsky (bénévole) ; Déborah Lukumuena (bénévole)
Dir. Photo : Davis Chambille
Résumé : Une comédie, avec un sujet grave : la grande précarité des femmes SDF. Les faits se passent dans la région Nord, particulièrement touchée par la récession. Quatre travailleuses sociales, dont deux bénévoles vont tenter le tout pour le tout alors que le refuge dont elles s’occupent va fermer faute d’argent. Un excellent film qui montre qu’avec mes moyens du bord on peut faire beaucoup. Egalement que ces femmes ont des problèmes psychologiques, ou des caractères qu’il ne faut pas ignorer si on veut les aider. Montre aussi les faiblesses d’une action hors réglementation, pour laquelle une mauvaise langue peut tout faire échouer. Optimiste le film ne laisse pas le spectateur dans la tristesse, avec des bonnes volontés tout peut arriver.
« « Je suis quelqu’un qui doute en permanence. Le jour où j’aurai des certitudes n’est pas près d’arriver. Mais on a senti dès le tournage qu’il y avait quelque chose en plus. Je suis très fier de mon équipe et de l’unité très forte qui régnait sur le plateau. Ces femmes – celles qui jouent les SDF dans le film ont toutes réellement connu la grande précarité – m’ont beaucoup appris. Plus que j’ai pu leur apprendre. Elles m’ont donné tout leur amour et leur humour, et cela se ressent dans le film. » Caroline Besse Telerama
Filmographie Discount ; Les invisibles 
Avis : Excellent film sur une catégorie défavorisée à plus d’un titre, les femmes SDF. Ce n’est pas un documentaire, mais le film dénonce l’aveuglement (non empathie) de l’administration, qui pourrait mieux faire.
Note : 10/10 Rédigé par Jacquie
Photo à habitat-humanisme.org



mercredi 5 février 2020

Doute

Doubt
Comme deux corbeaux en observation.

Réalisateur John Patrick Shanley né en 1950, américain Scénariste, producteur, dramaturge. D’abord connu comme dramaturge, puis scénariste puis réalisateur au cinéma. Il navigue entre ses envies. Plus  
Pays : US Année : 2008
Acteurs : Meryl Streep (Mère supérieure Aloysius) ; Philip Seymour Hoffman ( le père Brendan Flynn) ; Amy Adams (sœur James prof histoire) ; Viola Davis (Mme Miller la mère du jeune élève)
Dir. Photo : Roger Deakins
Résumé : Basé sur une pièce de théâtre du même auteur. Passage à la TV par Arte en pleine période du jugement du cardinal Barbarin sur la non dénonciation d’un prêtre pédophile (au cinéma : Grâce à Dieu). Ici le sujet est le doute qui conduit d’abord la mère supérieure (superbe Meryl Streep) à épier les faits et gestes du prêtre Lynn, donc plutôt suspicion. Elle monte un plan avec les autres sœurs pour être vigilantes et tout rapporter. C’est aussi l’affrontement entre deux époques : la modernité décontractée de Flynn et le fondamentalisme coincé d’Aloysius. Puis comme dans un policier on voit arriver « des balises » de suspicion qui sont exploitées à fond par l’intellect de la mère supérieure, et la peur de la jeune James. Puis nous avons la peur du suspect qui quoi qu’il en soit ne peut pas s’en sortir sans dommage. Ceci se termine par la demande du prêtre de démissionner et de muter sur un autre poste. Aloysius triomphe donc, mais elle dit à James qu’elle doute ! relançant notre réflexion.
Un vrai film sur le doute, mais pas sur les abus des prêtres auprès des enfants. Des acteurs qui semblent justes et réels, jouent la responsabilité embarrassée de celui qui doit juger. La mère du petit, donne un autre son de cloche à notre jugement, la vérité fait-elle du bien ? ou peut-elle aller à l’encontre de ce qu’on recherche ?
J’ai bien aimé le jeu des acteurs et la problématique du jugement. Pour un film US on est dans la finesse.
« En l’occurrence, deux forces s’affrontent : Flynn, un prêtre progressiste au passé trouble. Et la soeur Aloysius irréprochable mais dont le conservatisme moral est également suspect. » basile saint verraut
Filmographie Éclair de lune ; Les Survivants ; Doute 
Avis : Film sobre sur le doute dans une école catho, un peu trop guindée.
Note : 9/10 Rédigé par Jacquie






dimanche 2 février 2020

Le casse du siècle

The Big Short
Hallucinant
Oscar du meilleur scenario adapté 
Réalisateur Adam McKay : réalisateur, scénariste et acteur américain né en 1968. 
Pays : US Année : 2015 
Acteurs : Christian Bale (Michael) ; Ryan Gosling (Jared Vennett); Brad Pitt (Ben Rickert); Steve Carell (Mark Baum); 
Résumé : Inspiré du livre éponyme de Michael Lewis, The Big Short En 2005, à Wall Street, des hommes de banque s’aperçoivent que le marché immobilier est loin d’être sain. Ces hommes sont un peu non conventionnels, comme Michael, en short dans son bureau écoutant du hard rock, c’est un mathématicien., En étudiant certains fonds en vogue il s’aperçoit que ça cloche, et que ce marché risque de s’effondrer. Il en parle à ses supérieurs qui le croient fou. Le courtier de la Deutch Bank entend cela, il se rend compte que Michael a raison, et se prépare à cette éventualité qui consiste à parier sur le fait que les prêts ne seront pas remboursés. On suit l’enquête faite par ce petit groupe, et on en apprend de belles sur les habitudes de la bourse, les agences de notation qui tournent entre eux, les actions des agents immobiliers, les habitudes de certains de leurs clients américains qui rendent extrêmement fragiles certains fonds. 
« Ces cinq-là ont supposé qu'avec leurs emprunts, proposés pour acheter une maison sans apport ni garantie de solvabilité, et les subprimes, trop d'Américains n'auraient plus les moyens de payer leurs hypothèques et perdraient leurs maisons. Ruinant au passage les banques, à la base de ces produits financiers trafiqués. Pour gagner de l'argent, ils ont donc misé sur une catastrophe économique, mais surtout humaine. » Véronique Trouillet L’express
Filmographie Présentateur vedette : La Légende de Ron Burgundy ; Ricky Bobby : roi du circuit ; Frangins malgré eux; Very Bad Cops; The Big Short: Le Casse du siècle 
Avis : Film qui évoque une actualité récente dans le domaine de la crise de la bourse dite des subprimes aux US. Pas facile à comprendre, mais éclairant. 
Note : 9/10 
Redigé par Jacquie

samedi 18 janvier 2020

Terminal

Face a l'administration.
Réalisateur : Steven Spielberg né en 1946 est un réalisateur, scénariste et producteur américain. Issu du Nouvel Hollywood dans les années 1970, il réalise le premier blockbuster de l'histoire du cinéma, Les Dents de la mer (1975). Il enchaîne ensuite les succès internationaux. Il est cité comme le meilleur représentant de l'industrie cinématographique hollywoodienne dont il a promu, sur le plan mondial, l'efficacité technique, Wiki 
Pays : US Année : 2004 
Acteurs : Tom Hanks (Viktor Navorski) ; Catherine Zeta-Jones (Amelia Warren) ; Stanley Tucci (Frank Dixon le dir aéroport) ; Chi McBride (Joe Mulroy) ; Diego Luna (Enrique Cruz) Zoë Saldana (l'officier Dolores) 
Dir. Photo : Janusz Kamiński 
Résumé : Le film s'inspire de l'histoire vraie de Mehran Karimi Nasseri, réfugié iranien sans papiers et déchu de sa nationalité, bloqué à l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle de 1988 à 2006. Surnommé Sir Alfred, il a depuis écrit sa biographie, The Terminal Man. 
Spielberg nous montre un terminal, comme nous ne le voyons pas d’habitude, avec ses personnages incroyables dont un jouant le rôle du Directeur qui attend une promotion, un employé de surface amoureux d’une policière, un immigré indien qui fait le nettoyage des sols et poubelles, une hôtesse de l’air dont l’amant est toujours en retard. Des gags sur sol mouillé à répétition, mais il faut bien que le spectateur ait des repères. Tom Hanks joue le naïf parfaitement et devient ensuite un homme amoureux tout aussi crédible. L’humour déployé passe du burlesque à l’ironie critique, voire à la critique de la société. L’intérêt se renouvelle sans arrêt grâce à la multitude de personnages suivis de près. 
« Par la simple force de ses mimiques et de son jeu, il parvient à faire croire en l’invraisemblance de cette histoire qui possède plusieurs fictions qui tournent en même temps.» Romain Le Vern 
Filmographie Les Dents de la mer ; Indiana Jones (saga) ; ET., l'extra-terrestre ; Jurassic Park ; La Liste de Schindler ; Arrête-moi si tu peux ; Il faut sauver le soldat Ryan 
Avis : Une bonne comédie style Hollywood pour tout public. 
Note : 8/10  Redige par Jacquie

vendredi 17 janvier 2020

Woman at war

Activiste ou chef de choeur?
Réalisateur Benedikt Erlingsson : réalisateur, scénariste et acteur islandais né en 1969. Wikipedia  
Pays : Islande France Ukraine Année : 2018 
Acteurs : Halldóra Geirharðsdóttir (Halla) ; Jóhann Sigurðarson (Sveinbjörn) ; Juan Camillo Roman Estrada (Juan Camillo) ; Jörundur Ragnarsson (Baldvin) 
Dir. Photo : Bergsteinn Björgúlfsson Musique : Davíð Þór Jónsson 
Résumé : Une activiste de l’écologie et de la protection de la nature, décide de passer à l’action directe. Elle sabote une ligne à haute tension qui alimente une usine d’aluminium d’une puissance étrangère. Cette industrie, en plus de consommer énormément d’électricité, génère des toxiques dans l’environnement. « Pour une tonne d’aluminium, on provoque jusqu’à quatre tonnes de boues rouges nocives. » Sauvons la foret Les toxiques passent éventuellement dans les eaux et l’air, provoquant des maladies de peau ou la mort des poissons dans les rivières. Halla, sait tout ça et voudrait protéger des pollutions son pays, sa belle nature, et sa population. Le metteur en scène nous propose une femme, la cinquantaine déterminée à faire changer les choses, alors que les discours ne servent à rien devant les intérêts financiers. Il montre le combat d’une seule femme, que rien n’arrête, qui aime trop son pays et sa montagne, pour plier devant les prédateurs. Néanmoins c’est une femme qui agit, devant la passivité de tous. 
« Avec cette manière à la fois très réfléchie et très joueuse de faire du cinéma et de parler du monde d’aujourd’hui, Benedikt Erlingsson s’affirme définitivement comme un drôle de zèbre, talentueux et décomplexé. » Frederic Strauss 
« Le cinéma de Benedikt Erlingsson est à l’image de son pays, grandiose, sauvage, revigorant, riche en histoires décoiffantes et tempéraments déterminés. A voir absolument et jusqu’au point final magistral. » Fernand Denis 
 Avis : Film original qui tient en haleine, montre la riche nature qui sera polluée si rien ne s’arrête. 
Note : 10/10  
Rédigé par Jacquie



vendredi 10 janvier 2020

Parasite

Palme d’or Cannes 2019
Plier des boites de pizzas, un job?
Réalisateur : Bong Joon-ho, réalisateur, scénariste Corréen né en 1969. études en sociologie à l'université puis Korean Academy of Film Arts. Il démarre avec une comédie noire sur la société Coréenne. Puis adaptation de la BD le Transperceneige. En 2019 Cannes le couronne à l’unanimité. 
Pays: Corée du sud Année : 2019 
Acteurs : Les pauvres : Song Kang-ho (Ki-taek, le père) Jang Hye-jin (Chung-sook, la mère) Choi Woo-sik (Ki-woo, le fils) Park So-dam (Ki-jung, la fille); 
Les riches : Lee Sun-kyun (Dong-ik, le père) Cho Yeo-jeong (Yeon-gyo, la mère) Jung Ziso (Da-hye, la fille) Dir. Photo : Hong Kyeong-pyo 
Résumé : Deux familles vont interagir dans ce film : La famille Kim, pauvre à la recherche de moyens de subsistance pour avoir au moins le minimum, et la famille Park, riches et cultivés avec les soucis des nantis. L’histoire démarre avec la description du mode de vie débrouillard des Kim (les pauvres) avec beaucoup d’humour. L’élément de liaison est un ami du fils qui cherche un remplaçant pour ses cours particuliers à une riche jeune fille, ce qui fait l’introduction dans la villa des Park. Très belle villa moderne toute en verrières et vastes plans, ou un peu vide. Tout se passe admirablement bien et on peut rire des stratagèmes de la famille Kim pour travailler. Je ne dis pas la suite, mais on la sent vite arriver. 
« Bong Joon-ho réinvente le classique "film de maison", avec ses relations vénéneuses entre servants et employeurs, et fabrique un thriller au rythme fou, sans rien perdre de son regard attentif sur la société coréenne. Un coup de génie. » Julien Dugois 
« Car, en effet, un peu à la manière d’Hitchcock ou de Chabrol, à qui le cinéaste sud-coréen a eu le bon goût de rendre hommage en recevant son prix, Bong Joon-ho réussit avec Parasite une sorte de tour de force : un film totalement limpide et, en même temps, complexe et mystérieux. » Thierry Jousse  
Filmographie Memories of Murder; The Host; Mother; Snowpiercer, le Transperceneige; Okja; Parasite; 
Avis : Un film “gouteux” plein de découvertes d’humour et de suspenses. Fameux dirait Gaston. 
Note : 10/10 

Green Book

Meilleur film musical Golden Globes 2019
Une belle Cadillac De Ville
Meilleur film Oscars 2019 

Réalisateur Peter Farrelly, réalisateur, scénariste, producteur et romancier américain, né en 1956. 
Pays : US Année : 2018 
Acteurs : Viggo Mortensen (Tony Vallelonga) ; Mahershala (Ali Doc Shirley, le pianiste) ; Linda Cardellini (Dolores Vallelonga) ; Dimiter Marinov (Oleg, le violoncelliste) ; Mike Hatton (George Dyer, le contrebassiste) 
Dir. Photo : Sean Porter 
Résumé : Film biographique sur une tournée réalisée dans les États du Sud en 1962 par le pianiste noir Don Shirley  et son chauffeur et garde du corps blanc Tony Vallelonga. Un road trip dans le sud des Etats unis, à la découverte du racisme des américains. Nous suivrons un personnage curieux, un pianiste imbu de sa personne, avec ses rituels et manies. Pour que l’histoire ait un sens dramatique, il ne conduit pas et embauche un « blanc » d’origine italienne qui était videur d’une boite de nuit. Ceci posé, le film risque d’être assez chaud en actions. Ce n’est pas faux, mais la transformation de la façon de penser du chauffeur et du virtuose vaut le drame. Les caractères sont un peu poussés, mais on regarde sans ennui le triomphe des idées progressistes. Viggo Mortensen joue un rôle surprenant, soit un immigré italien, gentil mais sans trop de cerveau, on ne l’attendait pas ici. 
« Évidemment, il s’agit aussi, par le biais du film d’époque, de tendre un miroir à l’Amérique trumpienne, qui se crispe de plus en plus sur toutes ces questions de société que l’on aurait pu penser définitivement réglées. 
Mais il le fait sans marteler le discours, préférant la mélancolie et la poésie d’un voyage jamais déconnecté d’une réalité plus dure et, surtout, sans oublier le rire qui affleure souvent. » Franck Lalieux 
Un « acteur secondaire » : la somptueuse Cadillac De Ville, et un exploit de Viggo Mortensen : grossir de près de 20kg… 
La critique US a souvent émis un jugement négatif, en disant que c’était un film vu du point de vue des blancs. J’aurais tendance à dire, c’est vrai, mais pas de film du tout serait mieux ? 
Filmographie : Mary à tout prix ; L'Amour extra-large ; Les Trois Corniauds 
Avis : Film bien fait, parfois hilarant sur le drame raciste des US. Se passe 1965, mais est-on au bout du changement de mentalité commencé ? 
Note : 10/10 
Redigé par Jacquie

lundi 25 novembre 2019

Gloria Mundi

Une famille unie?
Réalisateur : Robert Guédiguian, réalisateur français né en 1953. D’origine arménienne, son cinéma renvoie toujours aux problèmes des minorités. Son enfance à Marseille lui livre aussi une source d’inspiration. Les conflits sociaux, le mouvement ouvrier font aussi partie de sa façon de penser. Producteur indépendant, il est souvent présent aux festivals.
Pays : France Année : 2019
Acteurs : Ariane Ascaride (Sylvie) ; Jean-Pierre Darroussin (Richard) ; Gérard Meylan (Daniel) ; Anaïs Demoustier (Mathilda) ; Robinson Stévenin (Nicolas) ; Lola Naymark (Aurore) ; Grégoire Leprince-Ringuet (Bruno) Dir. Photo : Pierre Milon
Résumé : Robert Guédiguian, après une introduction idyllique sur la naissance source de joie nous plonge dans des drames familiaux et de société. Dans sa dédicace il cite : « L’apogée de la domination est atteint lorsque le discours des maîtres est tenu et soutenu par les esclaves. » Agrippa Menenius. En effet, né en 1953 il a vécu dans le milieu ouvrier, avec les syndicats et le PC du temps de leurs grandeurs. Il constate actuellement les changements dans les attitudes égocentriques des jeunes, et leur peu de foi dans le partage. Il dit lui-même : « Pour paraphraser Marx, partout où le néocapitalisme règne, il a foulé aux pieds les relations fraternelles, conviviales et solidaires pour ne laisser subsister d’autre lien entre les hommes que le froid intérêt, le dur argent comptant. Il a noyé tous nos rêves dans les eaux glacées du calcul égoïste. Voilà ce que ce film noir veut signifier à travers l’histoire d’une famille recomposée aussi fragile qu’un château de cartes. »
En voyant le film, j’ai pensé : le film manque un peu de rythme, tant il est documentaire sur le mal vivre des petites gens dans une grande ville. Peu à peu la fresque se met en place, et le drame également. Les scènes en ville, bruyantes, montrent aussi l’individualité qui ronge les humains. Les relations entre les deux couples de jeunes sont hallucinantes et très bien jouées.
« Gloria Mundi rend compte d’une dégénérescence sociale, à savoir la disparition de la solidarité et de l’entraide. La guerre économique est telle que les gens modestes, les précaires sont prêts à tout, c’est-à-dire à s’entredéchirer, pour survivre. Le film choral tend vers la tragédie, pressentie, inexorable. » Jacques Morice
Nous sommes à une époque charnière où tout peut basculer vers le pire, c’est ce que nous montre Guédiguian, ou bien un sursaut d’humanité dans les cœurs peut-il sauver notre présent qui va droit vers le mur ? Je l’espère, mais il faudra un peu plus d’actions individuelles d’empathie les uns vers les autres. A nous de faire notre part.

Filmographie À la vie, à la mort !; Marius et Jeannette ; À l'attaque !; Les Neiges du Kilimandjaro ; Le Voyage en Arménie ; La Villa.
Avis : Guédiguian ose montrer ce qui se passe autour de nous, et ce qui va arriver à notre humanité si aucun sursaut de bonne volonté ne vient redresser les rapports à l’intérieur du genre humain.
Note : 7/10 Rédigé par Jacquie


jeudi 17 octobre 2019

Sorry we missed you

Aide à domicile, c'est un métier ou une vocation?
Réalisateur : Ken Loach Britannique, né en 1936 se lance dans le cinéma vers les années 60-70. Dans les années 90 il remporte des prix à Cannes. Loach est consacré par la Palme d'Or au festival de Cannes pour son film Le vent se lève en 2006. Puis 2 éme Palme d’or pour "I, Daniel Blake". Homme de gauche, ses films revendiquent généralement les droits de l’homme, dont les libertés politiques et les lois du travail
Pays : UK Année : 2019
Acteurs : Kris Hitchen (Ricky) ; Debbie Honeywood (Abby)
Dir. Photo : Robbie Ryan
Résumé : le scénario est inspiré d’un fait divers, avec la mort au travail d’un employé, malade du diabète, qui avait travaillé comme un fou pour les livraisons de Noël dans le cadre d’une entreprise de coursiers (imdb). Ken Loach montre la violence qui résulte de la compétition des entreprises suivie de celle des contractants individuels. Ici Ricky, dont la famille subit la mauvaise situation économique générale, se retrouve à chercher un travail plus rémunérateur pour rembourser les prêts et ne plus devoir sans cesse déménager. Abby, travaille comme aide sociale, avec une plateforme qui donne les rendez-vous et les tâches et ne propose pas de solution pour les événements imprévus. En bref, on est dans le déni des couvertures sociales des employés, grâce au libéralisme cher à Mme Tatcher. La famille prend de plein fouet cette tension du quotidien avec des effets néfastes non seulement pour les parents mais aussi pour les enfants dont un adolescent.
Ken Loach introduit la violence dès les premières séquences grâce à l’entretien d’embauche de Ricky qui ne laisse pas de doute sur le futur, le patron est caricatural. Le rythme du film est également stressant, les seuls repos pour le spectateur sont au cours de la représentation du travail social d’Abby avec les vieilles personnes, où du véritable amour est donné aux personnes.
Filmographie : Le vent se lève; My name is Joe; Bread and Roses; It’s a free world; La part des anges ; Looking for Eric ; Jimmy’s hall ; Moi Daniel Blake 
Avis : Un plaidoyer contre l’Ubérisation de la société. Film choc de Ken Loach, qui ni va pas par quatre chemins.
Note : 9/10 Rédigé par Jacquie


lundi 14 octobre 2019

Julie en Juillet

Une cérémonie de mariage ?
Réalisateur : Fatih Akin acteur, réalisateur, producteur scénariste allemand d'origine turque né en 1973. Ours d’or à Berlin pour Head on, Grand prix du scénario (De l’autre côté) Grand prix mostra de Venise pour Soul Kitchen. Fatih Akin est un réalisateur attachant pour ses films sur l’immigration, l’amour, la jeunesse et le partage. Toujours léger même quand les sujets sont graves.
Pays : Allemagne Turquie Année : 2000
Acteurs : Moritz Bleibtreu (Daniel bannier) ; Christiane Paul (Juli) ; İdil Üner (Melek) ; Mehmet Kurtuluş (Isa) ; Branka Katić (Luna)
Résumé : Ce film est qualifié de road movie, oui, on est sur la route…mais vers l’amour. C’est une comédie dramatique où un jeune homme rêveur, recherche l’âme sœur et se laisse guider par le hasard tellement il est inhibé. Il part à l’aventure aidé par l’idée que la prédiction d'une jeune hippie doit se réaliser et qu’il a rendez-vous avec son destin. Deux pôles : la fille qu’il croit aimer et celle qui l’aime déjà et le retrouve partout. Les aventures sont invraisemblables mais on s’amuse de ces péripéties. Les acteurs sont bons et les personnages attachants. J’avais bien aimé Soul Kitchen, j’ai aussi apprécié celui-là. On ne peut pas toujours se prendre la tête !
« Un film jouissif, plein d’espoir et de vie, de Fatih Akin, cinéaste allemand d’origine turque, qui ne cesse de proposer sa vision d’un monde coloré, bigarré et multiracial où les êtres humains sont juste des êtres humains. Le petit jeu autour des frontières est paradigmatique et Fatih Akin lui-même dans un rôle de douanier montre bien la direction. » Maqroll
Filmographie : Head-On ; De l'autre côté ; Soul Kitchen ; In the Fade ; Julie en juillet ; Solino 
Avis : Une charmante comédie amoureuse qui fait penser aux Hippies de Paolo Cohello.
Note : 9/10 Rédigé par Jacquie


mardi 8 octobre 2019

L’amant d’un jour

Le père, la fille, un dialogue.
Merci Arte de nous offrir des films qui ont quelque chose à dire! sur le site.

Réalisateur : Philippe Garrel, réalisateur français, né en 1948. L'Enfant secret reçoit le prix Jean-Vigo fait entrer Ph Garrel dans la notoriété. Issu du cinéma nouvelle vague, ce ne sont pas les scénarios qui le préoccupent. « Le rythme est souvent lent et ses réalisations comportent une esthétique contemplative » Wiki
Pays : France Année : 2017
Acteurs : Éric Caravaca (Gilles) ; Esther Garrel (jeanne) ; Louise Chevillotte (Ariane)
Dir. Photo : Renato Berta
Résumé : L’auteur traque l’inconscient féminin, la femme, les raisons de ses actions et de ses sentiments. C’est une démarche intéressante, de montrer qu’une femme peut faire l’amour pour le plaisir uniquement, oui ça existe (même à un âge avancé ! lire Sorcières de Mona Chollet). Ici c’est triste, sauvage, pas de passions. Le photographe nous donne des plans vastes de paumés au milieu de la ville ou de couloirs hallucinants de pauvreté, des gros plans de visages qui respirent l’échec. Mais le film n’atteint pas le fond de l’inconscient féminin, la forme, le pourquoi (Garrel lit trop Freud, misogyne notoire). A la différence d’un homme les fantasmes féminins ne sont pas de cette espèce, même si l’appareil sexuel féminin a les mêmes besoins de s’exprimer (plus ou moins semblables). Chez la femme la demande sentimentale est plus grande. Des siècles d’enfermement de la femme dans son rôle de mère, de confidente (vraie cause ?) ont développé un besoin de fusion propre aux sentiments voir à l’âme. Ce qui est paradoxal dans ce film c’est qu’Ariane, amoureuse de Gilles depuis 3 mois, soit conduite à faire l’amour avec des jeunes occasionnels. Que peut-elle en attendre ? Gilles ne la baise pas bien ?
La propension à faire l’amour debout dans les toilettes sordides de la fac, m’inquiète sur la vie amoureuse de mes contemporains. J’ai des goûts de luxe ?
Regarder l’entretien de Philippe Garrel au sujet de ce film est éclairant sur la volonté et les moyens du cinéaste.  La conclusion pourrait être : la liberté sexuelle existe aussi pour la femme mais n’est jamais valorisée et pire conduit à l’échec, donc mieux vaut rester discrète. (confession d’une 68arde contemporaine de Garrel !) 50 ans plus tard ni la parole ni la pratique n’est libérée… Je préfère L’amant double de F. Ozon pour illustrer ce fait, c’est plus jouissif !
Filmographie L'Enfant secret ; J'entends plus la guitare ; Les Amants réguliers ; La Jalousie ; L'Ombre des femmes ; L'Amant d'un jour 
Avis : Un film sur la sexualité féminine plutôt déprimant. Quoi que, montre la revendication de la liberté sexuelle pour les femmes.
Note : 8/10 Rédigé par Jacquie.


mercredi 2 octobre 2019

Une femme d’exception

On the Basis of Sex

Réalisateur : Mimi Leder née en 1952, réalisatrice et productrice américaine.
Pays : US Année : 2018
Acteurs : Felicity Jones (Ruth Ginsburg) ; Armie Hammer (Martin Ginsburg) ; Justin Theroux (Mel)
Résumé : Une jeune femme, battante, entre à Harvard pour faire son droit. Elle doit affronter un machisme rampant de la part de ses collègues et flagrant de la part des professeurs. Sortie avec brio de l’école, elle a du mal à trouver un emploi dans un cabinet, elle devient professeur de droit.
Elle est marquée par le sexisme ambiant et prend l’occasion du cas d’un homme discrédité car il remplit une charge dévolue aux femmes. Elle entreprend cette mission pour que la cause des femmes avance.
Le film, sur un modèle classique, montre le sexisme ordinaire et la lâcheté de ceux qui le reconnaissent. Ici, il s’agit de la société américaine des années 50. Il n’y a pas grand-chose de changé… mais un progrès. 
Autant vous dire qu'il n'y a pas beaucoup de critiques, ce film a l'air transparent, comme les femmes que nous sommes. Il y a un DVD pour nous montrer le chemin que d'autres ont parcouru le réalisateur est une femme!
« Une femme d’exception n’est certes pas décisif sur la lutte des droits des femmes, mais il arrive néanmoins à être assez captivant dans le détail du récit de ce combat inachevé, par la grâce d’un scénario bien charpenté, davantage que par une mise en scène vraiment inspirée. » Avoir à lire
Filmographie Deep Impact; Vanished 
Avis : Un film sur les empêchements rencontrés par les femmes pour exercer un métier de prestige habituellement dévolu aux hommes.
Note : 9/10 Rédigé par Jacquie






samedi 28 septembre 2019

Louise en hiver

Allégorique? ou pratique?
Réalisateur : Jean-François Laguionie réalisateur de films d'animation et écrivain français, né en 1939. Il réalise plusieurs courts métrages, dont le célèbre La Traversée de l'Atlantique à la rame (1978), qui est récompensé d'une Palme d'or à Cannes et qui obtient aussi un César. Il est considéré comme un des meilleurs de l’animation en France. Wikipedia .
Pays : France Canada Année : 2016
Animation
Résumé : dans une station balnéaire de Normandie, une vieille dame fait ses valises et regarde une dernière fois le spectacle de la mer, elle est prête mais regarde une pendule arrêtée... Elle rate le dernier train pour la capitale. Elle restera esseulée tout l’hiver en se débrouillant avec les ressources locales. Cette dame nous fait partager les douceurs de la côte sans les touristes et sa vie de Robinson sur la plage. Jamais de détresse, d’anxiété, juste un peu de solitude qui l’amène à converser avec la nature et se lier à un gros chien qui la comprend. Au cours de cet hiver elle va se souvenir de sa jeunesse, de ses amours. La narration est très belle, les sentiments sont touchants, elle ne s’ennuie jamais (nous non plus) et continue sa vie avec sérénité.
« Et puis en juillet, les touristes reviennent. Louise ne se pose plus de question, elle reprend sa vie. Quant à nous spectateurs, nous conserverons de cette belle aventure un peu de douceur et beaucoup de sérénité au sein d’une nature aquarellée qui frémit de couleurs, de lumière et de chants d’oiseaux. » Claudine Levanneur
Filmographie : Le Château des singes ; L'Île de Black Mór ; Le Tableau ; Louise en hiver ; Le Voyage du prince

Avis : Très beau film poétique par la narration et le dessin. A ne pas manquer.
Note : 10/10 Rédigé par Jacquie