jeudi 8 février 2018

Les bureaux de Dieu

Le stress, les pressions dans la salle d'attente
Réalisateur : Claire Simon née en 1955 est une réalisatrice française qui est entrée dans le cinéma par l’aspect technique, elle sait monter, tenir la caméra etc. Elle a fait des études d’ethnologie et réalise des documentaires et des films de fictions qui sont toujours des observations de personnages. Gare du Nord par exemple. A été enseignante à la Femis.
Pays : France Belgique Année : 2008
Acteurs : Nathalie Baye, Isabelle Carré, Rachida Brakni, Béatrice Dalle, Nicole Garcia. Toutes des « dames du planning ». Dir.Photo : Philippe Van Leeuw et Claire Simon
Résumé Le scénario de ce film a été écrit à partir de scènes réelles observées dans plusieurs centres du Planning Familial entre 2000 et 2007, par Natalia Rodriguez Forero et Nadège Trébal
« Des dames impeccables, des jeunes filles en jean, des adolescentes... Certaines viennent avec une copine, un parent, un amoureux. D'autres se présentent seules, pour dévider l'écheveau de leurs angoisses et de leurs désirs. Il est question de faire l'amour, de prendre la pilule, d'interrompre ou non une grossesse... Avec toutes ces voix, tremblantes, espiègles, timides ou désenchantées, Claire Simon orchestre un film choral, passionnante chronique de la condition féminine en particulier, et humaine en général. Elle nous installe pour deux jours dans le huis clos d'un centre de Planning familial, perché en haut d'un immeuble haussmannien, juste sous le ciel. Une hauteur idéale pour les « bureaux de Dieu », c'est-à-dire là où se trame et se dénoue le destin des femmes. » Cécile Mury http://www.telerama.fr/cinema/films/les-bureaux-de-dieu,345065,critique.php La grand idée de ce film est d’avoir pris des actrices professionnelles pour jouer les conseillères avec beaucoup de bienveillance et de leur avoir fait venir des filles et des femmes tout venant pour exprimer les jeunes femmes en consultation. Pour avoir participé autrefois à des conseils avant d’envoyer les filles en Hollande, j’ai trouvé ce film très réaliste, et les conseillères très pro. Les filles et femmes en demande, c’est toujours très variable et étonnant.
Ce film peut se voir comme un documentaire ou une étude de société. Il serait bon de le repasser vers le 8 mars journée des droits de la femme… Une mère a-t-elle le droit de fouiller dans les affaires de sa fille ? Un homme a-t-il le droit de faire l’amour à une femme sans s’enquérir de sa contraception ? le film pose des questions importantes sur le respect de la vie de sa compagne, et sur celui de l’enfant à venir.
Filmographie : Sinon, oui ; Ça c'est vraiment toi ; Ça brûle ; Les Bureaux de Dieu ; Gare du Nord
Avis : Un film à programmer pour les ados et les parents… qui ont du mal à parler de ça…
Note : 10/10 Rédigé par Jacquie


mercredi 7 février 2018

La tortue rouge

 Prix spécial « Un certain regard » Cannes 2017  


Réalisateur : Michael Dudok de Wit; Neerlandais né en 1953. Se fait connaitre grâce à des courts métrages. Il est sollicité par les studios Ghibli pour un long métrage qui lui prendra plusieurs années : La tortue rouge. Wikipedia    

Pays : Franco Belgo Japonais Année : 2016
Animation : Jean-Christophe Lie,
Musique Laurent Perez del Mar,
Scénario co-écrit avec Pascale Ferran
Résumé : Le scénario est celui d’un conte, une histoire d’un Robinson sur une île déserte. Sa rencontre ne sera pas celle de Vendredi, mais celle de La femme qui incarne les archétypes de la nature, de l’amour. La part de mystère de la nature humaine, dont la spiritualité se nourrit, est représentée ici par cette femme inconnue qui débarque dans sa vie contre toute attente de bonheur. C’est ensuite l'histoire de couple qui remplit la vie de ces trois habitants (un bébé est né). La nature à l’exclusion de toute construction humaine inspire et comble cette famille jusqu’à la vieillesse de l’ancien naufragé. Puis le conte et le merveilleux reprend en une large boucle. Une originalité, il est sans paroles.
« D'emblée, ce somptueux film d'animation s'enivre de la puissance de la nature, lui offre un vaste conte aux lumières changeantes, animé « à la main » et « à l'ancienne », à l'aquarelle et au fusain. Ceci n'est pas une banale histoire de naufragé, mais un mythe de sable et d'eau salée » Télérama 
« Dans ce récit fantastique, souvent matiné de représentations irréelles, lors des nuits agitées des protagonistes qui nous invitent même à caresser la crête des vagues de l’intérieur (quelle idée sublime), la grande verte et ses étendues océaniques évoque parfois, dans ses paraboles et ses images, L’île de Kim ki-duk, le goût de la transgression en moins, et surtout L’île nue de Kaneto Shindô, dans son cadre et sa narration cyclique. » Avoir-alire
https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Tortue_rouge
Filmographie : Premier long métrage.
Avis : Film d’animation, conte, esthétique dans sa réalisation.
Note : 10/10 Rédigé par Jacquie

dimanche 4 février 2018

Normandie Nue


Toujours un jeu boulversant.
Réalisateur : Philippe Le Guay réalisateur et scénariste français né en 1956 à Paris. Sa spécialité la comédie sociale contemporaine. Ses succès publics sont variés suivant de qui il veut nous faire rire…
Toujours une finesse de perceptions pour ses sujets.
Pays : France Année : 2018
Acteurs : François Cluzet (Balbuzard, le maire) ; Toby Jones(Newman, le photographe américain) ; François-Xavier Demaison (Thierry Levasseur, l'ancien parisien installé à la campagne) ; Pili Groyne (Chloé Levasseur, la fille militante écologiste) ; Arthur Dupont : Vincent le fils de l'ancien photographe) ; Grégory Gadebois (Roger, le boucher) ; Philippe Duquesne (Férol, le pharmacien) Dir.Photo : Jean-Claude Larrieu
Résumé Sur fond de colère des agriculteurs Normands, Philippe Le Guay dresse le portrait de paysans un peu clichés, d’un bobo, d’un américain qui est bizarre, obnubilé par les nus dans des paysages. Un maire pas très paysan, une clique de personnages n’ayant que peu de rapports entre eux ni à la Normandie ni à l’agriculture. Pas de bonheur rien que des échecs pour ceux-ci.
Un scénario un peu faible malgré l’idée de vouloir faire poser nus des paysans… qui est le pitch du film. Il est cependant regrettable que le malaise des paysans soit tourné en ridicule (la scène de la pendaison parait choquante quand on sait le nombre de paysans qui se suicident) la crise économique est esquissée et reste dans le décor, dommage.
De bons acteurs, belle performance de Grégory Gadebois.
Filmographie Les Femmes du 6e étage ; Alceste à bicyclette ; Le Coût de la vie ; Du jour au lendemain
Avis : Une comédie amusante qui ne laisse pas un souvenir impérissable.
Note : 6/10 Rédigé par Jacquie




mercredi 31 janvier 2018

Interruption momentanée du fil... excuses


 L'interruption momentanée des articles sur le cinéma est due à mes grandes vacances en Australie. Ce n'est pas que je n'ai pas vu ou visionné des films, mais à part Star Wars épisode 8 qui je pense n'est pas indispensable au public de cinéma d'auteurs... mais je ne me suis pas ennuyée du tout.
C'est vrai que je suis une geek ratée.

 En fait regarder des films en anglais sans sous titres n'est pas facile pour moi...  Donc milles excuses, je vais reprendre jusqu'aux prochaines vacances. J'ai aussi beaucoup regardé des séries australiennes ou anglaises comiques. je ne suis pas sure quelles soient accessibles ici. 
C'est la série australienne Utopia qui se moque des entreprises et de leurs façon de gérer les grands projets. 






Enfin, la série anglaise "geek et nerds" The IT crowd de Graham Linehan 

qui est bien rigolote si on a quelque connaissance en informatique. Ce n'est pas très récent...

mardi 14 novembre 2017

A Beautiful Day

You Were Never Really Here
Deux somnambules..

Cannes : Prix d’interprétation masculine et du scénario. 
Réalisateur : Lynne Ramsay réalisatrice britannique née en 1969. Ecole de cinéma en Ecosse. Débute par des courts métrages. Puis premier film en 1999 Ratcatcher. Plus 
Pays : France UK Année : 2017
Acteurs : Joaquin Phoenix (Joe) ; Alessandro Nivola (sénateur Williams)
Dir. Photo : Thomas Townend Musique Jonny Greenwood
Résumé : d'après le roman You Were Never Really Here de Jonathan Ames  Un film de fous ! Un vétéran de guerre (Irak ?) est chez lui et vit avec sa maman qu’il chouchoute quoi qu’elle fasse. Visiblement il vit de missions ou plutôt de contrats. Qui lui donne les ordres ? c’est hypothétique le FBI, les politiques… Ses actions sont gérées à partir d’un réseau, boites noires en séries. Le personnage de Joe est l’intérêt principal du film, vu qu’il n’y a pas vraiment de scénario. Il apparait lourd, figé, à la limite du somnambule sans état d’âme. Il est constamment en proie à des hallucinations ou souvenirs d’enfance qui se rappellent à son souvenir dans les moments les plus rudes. C’est pire que des souvenirs, ou des remontées d’inconscient, ce sont des obnubilations (je ne suis pas dans le métier). Cet homme n’a aucun avenir devant lui, pas de projet, pas de sentiments sauf pour sa mère, il est vide et surtout vidé. C’est impressionnant. En tout cas très bien joué (meilleur acteur pas volé !) Le film et l’histoire se déroulent par parties rapides qui donnent un rythme. La caméra capte de belles images dont certaines pour rendre la scène plus réelle, d’autres celles des gares et des trains avec un défilement effrayant montrent la violence de ce monde urbain, la présence symbolique de l’eau est omniprésente. La musique, (ou le bruit ?) est aussi un élément important dans cette ambiance et en cours de film, pour prévenir ou accompagner l’action. La fin est originale !
« Revisitant à sa façon les codes du vigilante movie et du tueur à gages impitoyable, Ramsay s’en sert puis s’en détourne pour composer l’errance, physique et psychologique, d’un homme qui semble ne plus avoir sa place nulle part. Errance dans un New York aux airs de bête endormie, de l’enfance à l’âge adulte, d’hier à aujourd’hui, de la vie à la mort (et inversement). » Michael Pigé  
« Cette recherche de l’émotion, ce test d’humanité se développe étrangement car il ne se construit pas dans la relation entre cette gamine et de ce tueur sans pitié mais plutôt par son absence, moteur indicible qui guide le personnage Phoenix de manière quasi-aveugle. On ne saurait trop dire s’il agit en tant que citoyen réactionnaire en quête de justice ou simplement comme un être déshumanisé cherchant simplement à remplir son contrat. C’est cette ambiguïté là que creuse Ramsay… » A lire Loris Dru
Filmographie : Ratcatcher; We Need to Talk about Kevin ; A Beautiful Day 
Avis :Très  Bon film, malgré les violences du métier de tueur…
Note : 10/10 Rédigé par Jacquie




mercredi 8 novembre 2017

Corps et âme

Testről és lélekről
Un couple sans paroles ou presque.

Ours d’Or à Berlin 
Réalisateur : Ildikó Enyedi Réalisatrice et scénariste hongroise née en 1955. son premier long métrage, Mon XXe siècle, remporte la caméra d’or à Cannes en 1989.
Pays : Hongrie Année : 2017
Acteurs : Géza Morcsányi (Endre, directeur financier) ; Alexandra Borbély (Mária Rácz, contrôleuse de qualité) ; Zoltán Schneider (Jenő, directeur des ressources humaines)
Dir. Photo : Máté Herbai
Résumé : Esthétique par ses images superbes de forêt, de biche et de cerf ; j’ai beaucoup aimé le vent dans les grands arbres. Les images de bovins, et de l’abattoir sont également belles… cependant, j’ai souvent mis ma main devant mes yeux devant ce spectacle de boucherie. Le film ne porte pas sur l’abattage de bovins pour notre nourriture, mais sur les relations amoureuses et sexuelles. Le décor de l’abattoir induit une pulsion de vie forte, les employés vont et viennent dans cette ambiance dérangeante mais n’en parlent pas. Deux personnages dont les personnalités sont en retrait (de la vie) vont occuper notre attention. Endre un directeur handicapé d’un bras et Maria une contrôleuse de qualité anormalement rigide. Là où le film est génial, c’est dans l’introduction de l’histoire des rêves concomitants que font ces deux personnes. Ils sont attirés l’un par l’autre, contre toute attente, et leurs difficultés à converser vont occuper les psychologues. Pour mieux opposer leurs attitudes « cassées » un grand dragueur entre dans l’usine déjà aux prises avec une histoire de partouse.
Les difficultés de Maria remontent à l’enfance, elle est toujours suivie par son pédopsychiatre qui est débordé par le passage à l’âge adulte de sa patiente. Pour s’en sortir, elle recourt à sa façon de regarder la réalité à travers des figurines. Cette technique met en jeu son intuition et lui permet de trouver des réponses. Tout n’est pas explicite, les images, les gros plans, les symboles montrent la révolution qu’induit la relation amoureuse chez la jeune fille. C’est sans doute le plus qu’apporte la réalisatrice sur la condition féminine, en montrant que la perception intellectuelle instinctive précède généralement le désir physique. Et dans notre contexte actuel de violences sexuelles dénoncées, le respect de la fragilité de Maria par Endre est un bonheur.
Filmographie : Mon XXe siècle ; 
Avis : Histoire d’amour délicate dans un abattoir, film très esthétique. Vaut bien le détour !
Note : 10/10 Rédigé par Jacquie


mercredi 1 novembre 2017

Detroit

la police peu nombreuse fait du n'importe quoi.
Réalisateur : Kathryn Bigelow réalisatrice scénariste productrice américaine, née en 1951. Est consacrée aux Oscar pour les Démineurs : meilleur film et du meilleur réalisateur. Son cinéma fait la part belle aux hommes, la violence, les menaces sur l’humanité. Lire plus
Pays : US Année : 2017
Acteurs : John Boyega (Melvin Dismukes, agent de sécurité noir) ; Jack Reynor (un des policiers, le plus fragile) ; Will Poulter ( le policier qui tue sans se poser de questions) ; Hannah Murray ( Julie, la jeune fille brune) ; Kaitlyn Dever ( la deuxième jeune fille, la coiffeuse) ;
Dir. Photo : Barry Ackroyd
Résumé : Le film raconte les émeutes de Detroit en 1967 qui débutèrent après un raid de la police dans un bar privé (vente d’alcool en dehors des heures légales, jeux etc.) La police s’est trouvée débordée par le nombre de participants ce soir-là. Des maladresses, en arrêtant les invités dont des GI revenant du VietNam, mettent le feu aux poudres. Par l'ampleur des destructions et des pertes en vies humaines, c'est l'une des pires émeutes de l'histoire des États-Unis. Lire sur Wikipedia. Pour aller plus loin, le dossier de presse et dossier pédagogique est téléchargeable (en français) sur le net :  Vous trouverez dans le dossier de Presse ( à lire absolument) les commentaires de trois témoins de l’affaire de l’Algiers… Le film commence par une projection de tableaux en style animation. La réalisatrice déclare « Comme j’admire l’œuvre du grand peintre noir Jacob Lawrence, sa série de panneaux sur la migration des Noirs Américains me semblait idéale pour évoquer les décennies de ségrégation raciale qui ont abouti aux émeutes des années 60 »
Le film n’a rien d’un documentaire… cependant le scénariste est un journaliste qui s’est beaucoup documenté… et les témoins retrouvés ont participé comme conseillers sur le tournage. Le film ne manque pas d’intérêt, par contre il est rude, dans la violence continuelle. Trois fils narratifs sont choisi le jeune qui rêve de faire son premier album (un des survivants), sa soirée publique ratée est suivie jusqu’au drame. L’homme de la sécurité Melvin Dismukes qui essaye de limiter les dégâts, est aussi passé à travers un sort tragique. A côté de ces deux noirs, le personnage du policier joué par Will Poulter du côté blanc, montre l’absurdité de la police. D’après Kathryn Bigelow, «si le but de l’art est de bousculer les consciences pour faire bouger les lignes – si nous sommes vraiment prêts à nous attaquer aux injustices liées aux questions raciales dans notre pays –, il faut qu’on soit prêts à écouter d’autres points de vue que les nôtres». «J’espère que ce film contribuera, même modestement, à ce débat et qu’on trouvera le moyen de panser les plaies qui existent depuis bien trop longtemps dans ce pays».
Filmographie : Aux frontières de l'aube ; Point Break ; Strange Days ; Démineurs ; Zero Dark Thirty
Avis : Le sujet du racisme, aux US ou ailleurs, n’est pas encore un travers oublié, même si il y a des progrès. Film à voir.
Note : 10/10 Rédigé par Jacquie