mardi 22 janvier 2013

Ma nuit chez Maud

Jean Louis Trintignant et Françoise Fabian
Réalisateur : Eric Rohmer, (1920-2010). Cinéaste auteur d’une vingtaine de films originaux et inclassables…ceux-ci sont répartis en séries : les Contes moraux, les Comédies et proverbes et les Contes des quatre saisons. C’est dire le niveau d’intellectualité du réalisateur ! Il fait partie de la dite « nouvelle vague ». Individu très timide, tourne avec de faibles moyens. Passionné de littérature et de philosophie, il est venu au cinéma comme d’autres par la critique de film et les Cahiers du Cinéma. On trouvera beaucoup d’articles sur lui-même ou ses films, une base de recherche, peut démarrer par Wikipedia.
Pays :France Année : 1969
Acteurs : Jean-Louis Trintignant (Jean-Louis l'ingénieur) ; Françoise Fabian (Maud) ; Marie-Christine Barrault (Françoise) ; Antoine Vitez (Vidal) Dir. Photo : Nestor Almendros
Résumé : Film qui est une des facettes d’un ensemble de six contes moraux, dans ces films le héro rencontre, lie des relations, est amoureux de femmes aperçues ou rencontrées par les hasards de la vie et souvent en courant après l’une en rencontrant une autre… tombe amoureux… hésite… C’est en effet ce qui se passe dans ma nuit chez Maud. Jean Louis est un bon catho, plein d’idées bourgeoises, dont l’objectif est de fonder un foyer (le mariage n’était pas en option non plus à cette époque !) Il voit une jeune femme blonde à la messe qui représente pour lui l’idéal féminin et se promet de la séduire et de faire sa vie avec elle. Il est d’un naturel un peu timide ou réservé et tarde à faire sa connaissance. Entre temps (entre messes et sermons) il rencontre un vieil ami et discutent philosophie de la vie… Vidal est déjà plus dans la génération future et fréquente une jeune femme émancipée (c’est ce qu’on disait, ne riez pas…) qu’il désire lui faire rencontrer. Je ne raconte pas la suite… Ce qui frappe en 2013 c’est le ton, le sujet : l’approche d’une femme idéalisée, le poids de la religion chez le héro pourtant doté de moyens intellectuels. C’est également le poids des livres dont on parle, on se retrouve dans les librairies… (ça existait encore même à Clermont Ferrand !) et le clou de l’étonnement c’est qu’on discute philosophie…. Et de quoi ? du pari de Pascal ! Bref avec les valeurs morales, Dieu, la religion, le sentiment amoureux, la fidélité etc. il y a des sujets d’étude pour toute une année de classe de philo….
Filmographie : La Boulangère de Monceau ; La Carrière de Suzanne ; Ma nuit chez Maud ; La Collectionneuse ; Le Genou de Claire; L'Amour l'après-midi Pour les films autre que les contes moraux voir Wikipedia ou Imdb.fr Dans ce blog Les amours d’Astrée et de Celadon
Avis : Film étonnant par son contenu intellectuel, j’ai ressenti une mise en scène assez pauvre, assortie à la ville et le noir et blanc. Historiquement intéressant au regard des années 60-70. L’amour ou un sentiment amoureux, avec laquelle se marier ? Pourquoi ?ce qui se fait et ne se fait pas. Le choix… Ce film m’a donné l’occasion de réfléchir sur nos idéaux sociaux, et sur leurs valeurs au cour du temps. On ne dirait pas que 68 est passé… comme quoi ça na pas été instantané. C’est surement un film que je regarderais à nouveau.
Note : 9/10 Rédigé par Jacquie




dimanche 20 janvier 2013

L'homme qui plantait des arbres

Le berger Elzéard plantant des arbres
Oscar film d’animation 1987 
Réalisateur : Frédéric Back, l'illustrateur canadien. Né en Alsace passe la plupart de sa vie au Canada. Doué en dessin il devient illustrateur et animateur pour la Radio Canadienne. Inspiré par la nouvelle, et ses convictions personnelles, il a lui-même replanté une petite forêt au Canada, qu'il a dédiée à Jean Giono. Son film adapté de Giono lui offre une renommée mondiale aussi bien auprès du monde de l’éducation que chez les écologistes ou de celui de l’art tout simplement. Sélectionné au festival de Cannes en 1987, il obtient de nombreux prix dont un grand prix au Japon.
Pays : Canada Année : 1987  
Animation : voix de Philippe Noiret,
Résumé : D’après une nouvelle écrite en 1953 par Jean Giono pour « faire aimer à planter des arbres », selon ses termes. C’est Philippe Noiret qui lit le texte de Giono (qu’on peut se procurer dans toutes les bonnes bibliothèques). Jean Giono (1895-1970) s'est inspiré de son vécu et de l’histoire de sa région pour écrire sa nouvelle, quelques années après la fin des hostilités de la 2 ième guerre mondiale. Il met ainsi l’accent sur les actions pacifistes et tournées vers l’avenir de nombreux paysans et son admiration pour les êtres proches de la nature comme les bergers. Il n’y a pas beaucoup d’action dans cette animation, mais une description poétique et philosophique de la vie du berger Elzéard Bouffier qui est un personnage plein de sagesse et d’opiniâtreté créé par Giono. Le dessin de Frédéric Back sert très bien cette nouvelle en y apportant légèreté et en renforçant le sens. Souvent les images, toujours en mouvement, s’approchent de la recherche des impressionnistes. Sur le DVD on trouve un entretien avec le dessinateur qui éclaire sa perception des choses. Les animaux sont le point fort, plus que la nature par elle-même. La rencontre avec le berger est décrite simplement par Giono : « Cet homme parlait peu. C'est le fait des solitaires, mais on le sentait sûr de lui et confiant dans cette assurance. C'était insolite dans ce pays dépouillé de tout. Il n'habitait pas une cabane mais une vraie maison en pierre où l'on voyait très bien comment son travail personnel avait rapiécé la ruine qu'il avait trouvée là à son arrivée. Son toit était solide et étanche. Le vent qui le frappait faisait sur les tuiles le bruit de la mer sur les plages. » et plus loin : « La société de cet homme donnait la paix. Je lui demandai le lendemain la permission de me reposer tout le jour chez lui. Il le trouva tout naturel, ou, plus exactement, il me donna l'impression que rien ne pouvait le déranger. Ce repos ne m'était pas absolument obligatoire, mais j'étais intrigué et je voulais en savoir plus. » Je vous engage à voir ce DVD et lire la nouvelle….
Filmographie : Abracadabra ; Inon ou la conquête du feu ; Illusions ; Crac ; le fleuve aux grandes eaux. 
Avis : Une très belle illustration du texte de Jean Giono. Ce film est, sans conteste, d’un intérêt éducatif pour les enfants, mais il propose aussi aux adultes de réfléchir sur la puissance des actions à long terme avec la nature. Elle a un rythme lent alors que l'homme court toujours et tente d'ignorer ce fait, mais la nature en rit....
Note : 10/10 Rédigé par Jacquie




vendredi 4 janvier 2013

Les Moissons du Futur

 
Réalisateur : Marie Monique Robin fille d’agriculteurs, est née en 1960. Elle démarre sa carrière comme journaliste après des études de sciences politiques, elle est réalisatrice et écrivaine française. Elle réalise des documentaires sur des sujets divers avec une prédilection sur les rapports entre l’industrie et l’alimentation. Elle crée son entreprise de production M2R et depuis peu travaille avec les militants en direct pour démarrer ses sponsors et vendre son film…
Marie Monique Robin a créé son entreprise M2R  Elle souhaite, en plus de son indépendance journalistique, la propriété de ses œuvres et de pouvoir donc les utiliser comme elle le veut. De plus elle souhaite des rapports différents avec son public : « développer une relation différente avec le public en l’associant à la genèse et au développement de mes films pour que ceux-ci jouent pleinement leur rôle d’outil d’information et d’éveilleur de conscience ». C’est donc une réalisatrice particulièrement intéressante, face à l’évolution de la conscience mondiale, conscience des enjeux qui plus elle sera partagée nous donnera la possibilité de sauver la planète des griffes des financiers.
Pays : France Année : 2012
Intervenants :Olivier de Schutter (rapporteur ONU pour le droit à l’alimentation) ; Mark et Hilda Majoni (paysans au Malawy qui pratiquent l’agroforesterie) ;Ulrich Hoffmann (expert pour l’ONU sur le commerce et le développement) ;Miguel Altieri (prof d’agroécologie à l’université de Berkley) ; Ibrahim Sall (agriculteur au Sénégal) ; Yoshinori et Tomoko Kaneko (agriculteurs biologiques depuis 40 ans à côté de Tokyo) ; Manfred et Friedrich Wenz (exploitent une ferme sans engrais depuis 30 ans avec un couvert végétal) ; Christian Dupraz (chercheur à l’INRA précurseur de l’agroforesterie) Hans Herren (entomologiste directeur de l’institut du Millénaire de Washington) ; Marc Dufumier (agronome, enseignant, expert agricole pour l’Amérique latine) ; Eleazar et Teresa Garcia ( paysans mexicains qui pratiquent les cultures conjointes depuis de très nombreuses années) ; Eric Holt Gimenez (directeur de l’institut des politiques alimentaires et du développement en Californie) ; Catherine Badgley (paléoécoogiste à l’université du Michigan) ; John et Perez Otiep (paysans au kenya pratiquannt le push-pull)
Résumé : Film d’emblée tourné vers l’avenir, certes les dégâts créés par l’humain et ses activités industrielles ont étébien représentés dans les films précédents. Marie Monique enquête ici sur une contre vérité assénée par tous les lobbies : il n’y aurait pas de moyens de nourrir la population terrestre sans utiliser les engrais, intrants variés et OGM. Donc le sujet en prose c'est "Comment on nourrit les gens ?" A propos de cette production MMR nous dit : « l'appel à souscrire a été un succès, qui a permis à notre entreprise à peine créée de se lancer dans la production d'un grand film... et d'en venir à bout ! Sans recourir à l'emprunt, nous avons pu utiliser cette trésorerie pour commencer la réalisation, et rechercher des financements plus importants, nécessaires à la production du documentaire "Les Moissons du Futur". Je fus de ces modestes contributeurs… et j’ai suivi la construction du film grâce aux nouvelles régulière de MMR à ses souscripteurs. Si le cœur vous en dit son prochain film (sur la croissance ?) cherche également des souscripteurs… lien
Filmographie: Le Monde selon Monsanto ; Escadrons de la mort, l'école française ; Torture made in USA ; Notre poison quotidien ; Moissons du futur. 
Avis : les films de marie Monique Robin, sont toujours bien faits et argumentés. Ici de nombreux exemples de succès sans les industries chimiques, nous permettent de remettre en question ce dont les lobbies nous bourrent le crâne à propos des intrants chimiques obligatoires. A chacun de réfléchir au rôle de la Presse et des Médias… et à regarder différemment notre alimentation, notre agriculture. Et maintenant que faire ? Peut être se mettre en contact avec une Amap, des associations militantes…..
Note : 9/10 Rédigé par Jacquie


dimanche 30 décembre 2012

Un conte de Noël

Anne Consigny, Hippolyte Girardot, et Catherine Deneuve
Césars : Jean-Paul Roussillon meilleur second rôle. 
Réalisateur : Arnaud Dépleschin : né en 1960. Intègre l’IDHEC après la fac. Commence son premier long métrage, Sentinelle, avec Pascale Ferran, Emmanuel Salinger et Noémie Lvovsky. Rois et Reines est sans doute le film qui l’a fait reconnaitre dans le public comme un pro du cinéma d’auteur. Cet attrait du public sera retrouvé pour son film suivant Un conte de Noël.
Pays : France Année : 2008
Acteurs : Catherine Deneuve (Junon) ; Jean-Paul Roussillon (Abel) ; Mathieu Amalric (Henri) ; Anne Consigny (Elisabeth) ; Emmanuelle Devos (Sonia) ; Melvil Poupaud (Yvan) ; Chiara Mastroianni (Sylvia) ; Hippolyte Girardot (le mari d’Elisabeth) Dir. Photo : Eric Gautier
Résumé : L’essentiel de l’intrigue se passe dans la maison familiale à Roubaix, qui est une belle maison bourgeoise de la grande époque industrielle du Nord. Cette maison restée en l’état après le départ des enfants recèle des portes et fenêtres garnies de vitraux, des niveaux, des chambres aux papiers désuets, des jouets, des placards pleins de photos, et une ambiance qui n’est pas toujours sereine. La famille a vécu le drame d’un enfant mort à 6 ans d’une leucémie pour lequel aucun des frères et sœurs ne pouvait fournir une greffe compatible. Chacun a vécu cela différemment et Elizabeth en particulier cherche à culpabiliser son frère Henri qu’elle déteste au point d’avoir réussi à l’éloigner de ses parents. Chacun vit sa vie de son côté, avec tous un grain de folie ou d’originalité marquée. Une nouvelle fois, la maladie choisit la famille; Junon sexagénaire file une maladie du sang qui nécessite une greffe de moelle et chacun et prié de faire le test de compatibilité à l’hôpital. Paul le fils d’Elizabeth est compatible, mais malheureusement il est fragile et vient d’être hospitalisé en psychiatrie. A l’occasion de Noël, il est décidé de réunir toute la famille, certains insistent pour que tous soient présents autour de Junon et Abel. La réunion de tout ces handicapés de l’amour familial ne va pas sans bagarres, répliques vachardes ou revanchardes… les petits mic macs du passé ressortent aussi à la faveur du hasard ou d’un témoin. La mère, femme froide, reste très extérieure aux rixes des uns et des autres aussi bien qu’à sa maladie. Heureusement Abel, le père, tient les fils familiaux et aime tous ses enfants, ne se plaignant pas des frasques en particulier d’Henri, alcoolique mal aimé qui frise l’asile à tout moment. D’ailleurs aucun n’est vraiment… normal : Elizabeth est en thérapie, Yvan a été soigné pour « fou » à l’adolescence, et le neveu Simon picole et se shoote comme les autres …
Le film est le bilan un grand règlement de compte familial… L'amour entre les frères et une volonté d’entre-aide familiale qui est bien présente, mais la mère a peu la fibre maternelle, c’est Abel qui joue ce rôle ainsi que celui de la sagesse et de la culture. Le réalisateur cible donc les relations dans la fratrie et les relations parents-enfants, il semblerait que tout n’ait pas été facile pour lui dans son enfance ! et que comme un patient en thérapie, il écrive ce qui lui pèse…Mais difficile de s’y retrouver dans les écheveaux des aventures des membres de la famille, Seuls les personnages des parents sont clairs, les enfants sont plutôt des agités dont on se demande s’ils ont vraiment fini leur adolescence.
Filmographie : Comment je me suis disputé... (ma vie sexuelle), Esther Kahn, Rois et Reine ; Un conte de Noël; Jimmy P psychothérapie d'un indien des plaines;
Avis : Film un peu brouillon, totalement imprévisible comme le héro… on ne s’ennuie pas, les petites phrases fusent dans une atmosphère sous les auspices traditionnels de Noël avec feu d’artifice…. Les images sont puissantes, les couleurs chaudes adaptées à cette ambiance et à ce drame, le côté maison ancienne, pain d'épices apaise tout en liant les personnages dans leurs options passées. 
Note : 7/10 Rédigé par Jacquie


mardi 25 décembre 2012

Rois et Reines

Mathieu Amalric et Emmanuelle Devos
César du meilleur acteur 

Réalisateur : Arnaud Despléchin né en 1960. Intègre l’IDHEC après la fac. Commence son premier long métrage, Sentinelle, avec Pascale Ferran, Emmanuel Salinger et Noémie Lvovsky. Rois et Reines est sans doute le film qui l’a fait reconnaitre dans le public comme un pro du cinéma d’auteur. Cet attrait du public sera retrouvé pour son film suivant Un conte de Noël.
Pays : France Année : 2004
Acteurs : Emmanuelle Devos (Nora) ; Mathieu Amalric (Ismaêl) ; Catherine Deneuve (Docteur Hélène Vasset ) ; Maurice Garrel (le père de Nora ) ; Elsa Wolliaston (la psy)
Dir. Photo : Éric Gautier
Résumé : Arnaud Desplechin dit s’être inspiré des personnages d’Hitchcock pour construire ce film où deux personnages évoluent sur notre écran chacun pour soi avec ses antécédents et caractères propres. Le titre lui est donné par une poésie de Michel Leiris : « Rois sans arroi, / Reine sans arène, / Tour trouée, / Fou à lier,/ Cavalier seul ». Les personnages sont étonnants d’originalité ou de naturel ? on se pose la question sans arrêt, Ismaël est un fou ou un sage ? ou ni l’un ni l’autre…Nora est-elle un pur produit de notre siècle de consommateurs, ou un personnage déviant, sujet à angoisses et visions… L’univers psy… a-t-il un sens ? qui est « normal » où est la vérité ? que valent les vies d’Ismaël et de Nora quand on les mets face à face ?doit-on les comparer ? Chacun choisit sa façon personnelle d’être... Que de questions qui se posent ! L’énigme de la gravure du début se retrouvera à la fin la mythologie, faisant un lien par rapport à la paternité ; problème qui se pose du début à la fin pour Nora. La mort du père de son fils est également ambigüe… les rêveries qui l’assaillent pendant l’opération de son père ne sont pas innocentes et se retrouvent à la fin dans les écrits de son père… qui était aussi un curieux personnage. Quel est cet avenir pour Nora avec Jean Jacques dont on parle depuis le début ? insipide mais socialement correct. La famille est mise à mal d’un bout à l’autre… beaucoup de misère morale est répartie à des individus souvent déjà fragiles ou qui le sont devenus, si tant est qu’on pose le fait que la famille et la filiation soient deux éléments structurant indispensables, la présence d’un père et d’une mère aimants sont une garantie pour une vie bien commencée, mais ne fait pas tout... Il faut voir le film plusieurs fois pour démêler les écheveaux de la vie de ces personnalités hors du commun qui se croisent. Le film suivant de Dépleschin remet en scène la famille et ses relations contraintes ou « tordues ». Du côté photo, c’est du beau, de belles couleurs, des gros plans sur nos héros des cadrages explicites… Eric Gautier !. La musique, Ismaêl est altiste donc pas mal de classique… qui adoucit les mœurs c’st bien connu.
Analyse dans Wikipedia voir l’analyse d’Anthony Sitruk dans Film de Culte
Filmographie : Comment je me suis disputé... (ma vie sexuelle), Esther Kahn, Rois et Reine ; Un conte de Noël ; Jimmy P psychothérapie d'un indien des plaines;
 Avis : film que je regarde toujours avec plaisir, y trouvant toujours un élément passé inaperçu : très riche et juste l’humour que j’aime bien, le léger recul qui fait sourire.
Note : 9/10 Rédigé par Jacquie








jeudi 6 décembre 2012

Les Amants

Le couple romanesque au clair de lune....

Prix spécial du jury au festival de Venise, 1958  
Réalisateur : Louis Malle. Acteur, réalisateur, scénariste français né en 1932 mort en 1995. Après l’IDHEC Louis Malle travaille avec Cousteau pour le Monde du Silence qui obtient une Palme d’Or à Cannes. Il réalise son premier long métrage à 25 ans : Ascenseur Pour L'Echafaud (1957). Il a 26 ans quand il tourne Les Amants.
Sans être dans la nouvelle vague du cinéma français il donne un élan à cette génération de réalisateurs. Savoir plus
Pays : France Année : 1958
Acteurs : Jeanne Moreau (Jeanne) ; Jean-Marc Bory (Bernard) ; Alain Cuny (Henri le mari) ; Judith Magre ( Maggy Thiebaut-Leroy) ; José Luis de Villalonga ( Raoul) ; Gaston Modot (le serviteur) ;Michèle Girardon (la secrétaire) Dir. Photo : Henri Decae
Résumé : Louis Malle a cherché son inspiration dans une nouvelle de Vivant Denon : Point de Lendemain. Cet écrit libertin place un homme et une femme dans une situation de faux semblant où une femme mariée invite au château de son mari l’amant de son amie pour dévier les soupçons du mari de son véritable amant.
Une fois de plus, je retrouve ce film qui a bousculé la morale bien pensante de l‘époque de ma jeunesse. Il dépeint une société bourgeoise obsolète (quant à son comportement) où la femme appartient naturellement à son mari, n »ayant aucune vie propre, elle est épouse X… Ici Jeanne est l’épouse d’un directeur de journal dans une vague province pas très originale. Ce qui est dérangeant dans ce film ce n’est pas que Jeanne trompe son mari, on s’y attend depuis le début, mais c’est la soudaineté du point final mis à sa vie sur tous les plans, mariage aussi bien que vie sociale, amis… c’est le départ sans arrière pensée vers un futur qui ne se laisse pas deviner. La vanité, ou oisiveté d’une certaine classe aisée est bien montrée du doigt par le réalisateur. L’homme qui emmène Madame au 7 ième ciel et dans sa caverne est ben le contraire des précédents : laïc et républicain, il roule en 2CV au gré de ses vacances.. et représente l’antithèse de la bourgeoisie où a vécu Jeanne. Elle avait besoin de liberté et surtout de sens à sa vie, on imagine qu’elle va trouver cela… La décision qui entraine sa vie future a été prise en une nuit, le repas du soir avec les sous entendus du mari très mesquin aura été la goutte de trop qui a fait déborder le statut social, le déclencheur d’un cataclysme familial. Le tire de la nouvelle dont Louis Malle s’est inspiré évoque bien cette situation : sans lendemain. Ici, la femme très infantile ou soumise au début du film, prend son essor au fur et à mesure, et sur un coup de tête, décide de prendre sa vie en mains. Elle n’a plus besoin comme dans Ascenseur pour l’échafaud, d’un homme pour la dégager, ni comme au début du film de Raoul pour lui apporter ce changement. Elle part avec un homme qu’elle ne connait même pas. Néanmoins film culte par le scandale qu’il a provoqué entre le titre et la scène où les amants sont au lit… bien que le cinéaste ait choisit d ne montrer que les mains… c’est vrai que c’est beaucoup plus expressif. Malgré le décalage du temps (oh ! les beaux gants et beaux chapeaux, toilettes… Villalonga superbe…) ce film montre un phénomène que nous rencontrons tous (ou la tentation de …) à un moment donné de, faire un stop et de prendre un chemin de traverse… et de changer de vie. Louis Malle choisi de raconter les classes aisées et un peu vides, sans doute règle –t-il ses comptes ? c’est un film où je prends beaucoup de plaisir à voir la belle Jeanne Moreau tomber amoureuse d’un inconnu au clair de lune, là où les sentiments prennent le pas sur la raison. Les images y sont romanesques à souhaits… Ces trois films de Louis Malle : feu Follet, Ascenseur pour l’échafaud, les Amants donnent tous une peinture du milieu social aisé (ceux qu’on appelait les bourgeois en 68) avec leurs enfermements, Feu Follet se dégage pa r le suicide tandis que les femmes ont leurs aventures personnelles, Florence fait tuer son mari et Jeanne se sauve à la cloche de bois aux yeux et à la barbe de ses proches. Voir analyse sur Laterna Magica
Filmographie : Les Amants ; Le Souffle Au Coeur ; Lacombe Lucien ; Ascenseur Pour L'échafaud ; Zazie Dans Le Métro ; Le Feu Follet ; La Petite ; Au Revoir Les Enfants ;
Avis : Film sulfureux de ma jeunesse… donc fétiche ! la liberté de choix de la Femme, annoncée par louis Malle bien avant que 1968 et surtout le combat des femmes du MLF lèvent les tabous d’une société étroite et puritaine. Je reverrai toujours ce film avec plaisir. Les trois films de Louis Malle peuvent être vus grâce au coffret d’Arte Boutique.
Note : 10/10 Rédigé par Jacquie






Ascenseur pour l’échafaud

Jeanne Moreau sans paroles....
Réalisateur : Louis Malle. Acteur, réalisateur, scénariste français né en 1932 mort en 1995. Après l’IDHEC Louis Malle travaille avec Cousteau pour le Monde du Silence qui obtient une Palme d’Or à Cannes. Il réalise son premier long métrage à 25 ans : Ascenseur Pour L'Echafaud (1957). Il a 26 ans quand il tourne Les Amants.
Sans être dans la nouvelle vague du cinéma français il donne un élan à cette génération de réalisateurs. Savoir plus
Pays : France Année : 1958
Acteurs : Jeanne Moreau (Florence Carala) ; Maurice Ronet (Julien Tavernier) ; Georges Poujouly (Louis, le jeune) ; Yori Bertin (Véronique, la jeune fille) ; Lino Ventura (le commissaire). Dir. Photo : Henri Decae, Musique: Miles Davis
Résumé : Tout se passe autour d’un couple qui s’aime à la folie, celle-ci surviendra inévitablement. Le début du film donne le ton avec une scène d’amour désincarnée car Julien et Florence sont au téléphone, le ton est grave, les serments valent ceux de Roméo et Juliette. Le drame se déroule ensuite entrecoupé de hasards qui mettent en place une deuxième intrigue, mais un ton plus bas au niveau d’adolescents rêveurs. Sans violence ni voyeurisme le crime a lieu et les événements s’enchainent inexorablement. Les personnages principaux, séparés par un impromptu, tentent de se rejoindre, alors que deux ados qui font « n’importe quoi » seront conduits à l’intérieur du drame. Maurice Ronet joue avec économie Julien, en servant la parfaite maitrise de soi que demande son personnage. Jeanne Moreau, elle aussi est très sobre dans sa recherche à comprendre ce qui se passe. Elle questionne avec retenue en traversant tout Paris les éventuels possesseurs d’information. Le doute, l’angoisse se lisent sur son visage mais elle ne lâche pas. Tout se joue dans le non dit, et c’est moderne pour l’époque. Ici l’amour d’un homme pour une femme mariée ne peut être réalisé que par la mort du mari. Il nous est, heureusement, décrit comme un mafieux, vendeur d’armes sans scrupules dont on ne pleurera pas le décès pour que le scénario passe. Cette intrigue est inspirée d’un roman policier de Noêl Calef que Louis Malle avait lu lors d’un voyage en train. Le sujet de fond de ce film est surtout celui de la femme dans les années 50 dont l’horizon est bouché, qui ne peut faire évoluer sa vie, ni même réaliser la vie à laquelle elle aspire, comme pourrait le faire un homme. Elle ouvre ce problème dès la première scène en parlant de liberté à conquérir au téléphone. Ce thème est posé dans les premiers film de Louis Malle ; il décrit le besoin de liberté des femmes contemporaines, dans le film suivant (Les Amants) il donnera une autre vois que la mort pour accéder à cette liberté recherchée par son héroïne, mais tout aussi radicale. Louis Malle a écrit le scénario avec Roger Nimier, romancier disparu précocement dans un accident de voiture (elles tiennent beaucoup de place dans ce film et dans la mode nouvelle vague…). Louis Malle c’est également entouré d’assistants dont Alain Cavalier et François Leterrier qui deviendront des réalisateurs originaux. La musique très sobre, mais combien originale et indissociable du film, de l’équipe de Miles Davis vaudra un Grand Prix du disque de l'Académie Charles-Cros décerné au disque de la bande originale. La trompette de Miles Davis joue souvent seule pour accentuer le caractère dramatique, comme au cours de la nuit où Jeanne cherche Julien dans Paris, la bande son se réduit parfois à quelques légers sons de batterie pour laisser place à l’image. Plus tard le thème sera repris et sera un succès de la formation Miles Davis dans laquelle se glisse un pianiste français : René Urtreger.
Filmographie : Les Amants ; Le Souffle Au Cœur ; Lacombe Lucien ; Ascenseur Pour L'échafaud ; Zazie Dans Le Métro ; Le Feu Follet ; La Petite ; Au Revoir Les Enfants ;
Avis : film culte, thriller à voir, Jeanne Moreau y est émouvante. Les points d’intérêt sont bien équilibrés, les prises de vues sont belles sans artifices ni lourdeurs.
Note : 10/10 Rédigé par Jacquie