mercredi 17 décembre 2008

Aguirre, la colère de Dieu



Aguirre, des Zorn Gottes

Réalisateur : Werner Herzog. Né à Munich en 1942. Cinéaste aventurier, particulièrement décalé par rapport à l’institutionnel…. même rebelle… Une cinquantaine de film dont beaucoup de documentaires. Tellement original dans la façon de traiter les films et personnage si sulfureux qu’il est à peine connu en France.
De Décembre à Mars, le Centre Pompidou retrace son aventure artistique, ne manquez pas cela. http://www.centrepompidou.fr
Pays : Allemagne Année : 1972
Acteurs : Klaus Kinski (Aguirre), Helena Rojo (Inez), Ruy Guerra (Pedro de Ursua), Del Negro (Gaspar le moine), Peter Berlin (Don Fernando le futur chef), Cecilia Rivera (la fille d’Aguirre)
Dir. Photo : Thomas Mauch
Résumé : L’histoire est écrite d’après un document de la main du moine accompagnant l’expédition retrouvé par la suite… En Amérique du Sud, sous la direction de Cortez une expédition espagnole est partie à la découverte de l’Eldorado, mais dans la forêt amazonienne la petite armée s’enlise avec tout son matériel et décide d’envoyer un détachement sur des radeaux…. Les dangers de la navigation sur cette rivière tumultueuse et la présence hostile des indiens locaux rendent la vie difficile à nos héros. Le sujet de ce film, d’inspiration historique, est surtout les manipulations d’un halluciné pour prendre le pouvoir et vivre sa « quête mystique ». Aguirre regarde la vie de côté et d’un point de vue totalement biaisé ; jamais il ne doute de son but. Cette évocation des années Cortez ne nous éloigne pas de notre histoire proche (la montée du nazisme), ni de celle de la colonisation française, ni du fanatisme religieux. (Lisez donc le livre de Jean Ziegler : La haine de l’occident.) Ce film nous pose la question : avons-nous vraiment évolué depuis le XVIe siècle ?
Voir un dossier complet sur ce classique par Loïc Joffredo, professeur d'histoire (CNDP). http://www.cndp.fr/tice/teledoc/dossiers/dossier_aguirre.htm
Filmographie : Signes de vie ;Les nains aussi ont commencé petits ; Fata Morgana ; Aguirre, la colère de Dieu ; La grande extase du sulpteur sur bois Steiner ; L'Énigme de Kaspar Hauser ; Cœur de verre ; La Ballade de Bruno ; Nosferatu, fantôme de la nuit ; Woyzeck ; Fitzcarraldo ; Le Pays où rêvent les fourmis vertes ; Cobra Verde ; Little Dieter Needs to Fly ; Invincible; Ten Thousand Years Older ; Rescue Dawn.
Avis : Que dire d’un chef d’œuvre? Il faut avoir vu au moins celui-là. Même si l’action parait s’égarer parfois ce film est très riche de plusieurs lectures possibles. L’interprétation est impressionnante, et on n’a pas de mal à croire que le tournage ne fut pas serein entre Kinski et Herzog tant le premier parait habité par son rôle.
Note : 10/10 Rédigé par Jacquie

mardi 16 décembre 2008

Chien enragé



En ce moment Accattone, dans le quartier latin donne plusieurs Kurosawa: Ange Ivre, Chien enragé.

Réalisateur : Akira Kurosawa : Il s'attachait à décrire ou à faire une parabole de la société humaine. Il dépeignit ainsi au long de ses films la pauvreté (les Bas-Fonds, Dodes'kaden), la violence urbaine (Chien enragé), la maladie et l'immobilité des fonctionnaires (Vivre), la destruction de l'environnement (Rêves), la vieillesse (Madadayo)... Il fit également des fresques sur l'époque médiévale (les Sept Samouraïs, Kagemusha, Ran). www.wikipedia.org
Pays : Japon Année : 1949
Acteurs : Toshiro Mifune (l'inspecteur Murakami), Takashi Shimura (le commissaire Sato), Isao Kimura (Yusa, le voleur) , Gen Shimizu, Yasushi Nagata, Keiko Awaji, Résumé : Tokyo. La deuxième guerre mondiale vient de s'achever. Murukami, un jeune policier de la brigade des homicides, se fait subtiliser son colt par un pickpocket dans un bus. Paniqué, honteux, il va mettre toute son énergie à essayer de retrouver l'arme, il est hanté par les méfaits commis avec son arme qui contenait 7 balles…. Il travaille avec Sato, expérimenté, qui prend Murukami sous sa protection et lui apprend le métier. Le film est construit autour de la traque du malfrat et est prétexte à explorer le monde nippon d’après guerre et à exposer les recherches d’un nouvel humanisme à travers le Bien et le Mal. Le site suivant donne de bonnes indications sur le film et Kurosawa : www.commeaucinema.com
Filmographie : La légende du grand judo, Rashomon, Le Château de l'Araignée Vivre, Les 7 samouraïs, La Forteresse Cachée, Chien enragé, Les Salauds Dorment en Paix Yojimbo, Sanjuro, Barberousse, Dodes'kaden, Dersu Uzala, Kagemusha, Ran, Rêves, Rhapsodie en août, Madadayo, Après la Pluie ( œuvre posthume)
Mon avis : Un des premiers films de Kurosawa, c’est un film policier mais « à l’ancienne » pas de violence mais l’étude des caractères des personnages, les réalités de la vie quotidienne. Il est superbement filmé, cadré, éclairé, de la photo d’art… Il manie en douceur les notions de frontières entre le bien et le mal, il existe peu de différences entre celui qui est du côté « sombre » et celui qui l’a refusé. A voir, pour ne rien manquer des chefs d’œuvres !
Note :10/10 Rédigé par : Jacquie

lundi 15 décembre 2008

Helma Sanders-Brahms


Au début de cette année le Festival du film de Femmes de Créteil nous permettait de voir ce film peu connu, mais qui n'était pas passé inaperçu pour autant :
Présenté au Festival de Berlin en 1980 et lauréat du Grand Prix au Festival international du film de femmes de Créteil 1980.
Le sujet est profond et l'interprétation à l'écran, très forte (en partie autobiographique).
C'est au quartier Latin que vous pourrez le voir: Espace Saint Michel. Carlotta Film avait annoncé sa réédition....Ma fiche est sur ce blog vous la trouverez surement. Je me permets d'insister sur les qualités de ce film et vous engage à aller le voir.
Jacquie

dimanche 14 décembre 2008

Caos calmo



Selection Berlin 2008

Réalisateur : Antonello Grimaldi : Acteur et réalisateur italien né en 1955 qui après des études de droit apprend le cinéma à Rome. Réalisateur de film TV, acteur dont dans un film de Moretti. http://fr.wikipedia.org/wiki/Antonello_Grimaldi
Pays : Italie Année : 2008
Acteurs : Nanni Moretti (Pietro), Valeria Golino (Marta), Alessandro Gassman (le frère), Isabella Ferrari (Eleonora)
Dir. Photo
: Alessandro Pesci
Résumé : d’après le roman éponyme de Sandro Veronesi ( Grasset).
Grimaldi a adapté le célèbre roman de Veronesi, en le dépouillant pour le cinéma de toutes les considérations sociales (l’histoire de la fusion n’est qu’un élément qui explique l’attitude de Pietro) et en ne conservant que le personnage central. Tout tourne autour de Pietro, et la place devant l’école pourrait être l’unité de lieu chère aux classiques. Pietro qui est découvert dans une scène banale de la vie sur une plage, se trouve en quelques instants propulsé d’une vie tranquille au Chaos. Il perd son épouse accidentellement et la vision de sa vie se trouble… il reste seul, mais très entouré par sa famille et ses relations qui ne le comprennent plus…. Il se consacre à sa fille sans doute pour suppléer l’absence de sa mère et parce que c’est le seul fil qui le tienne à la réalité. Il prend ses habitudes sur une petite place devant l’école et découvre des réalités que l’homme d’affaire branché n’avait pas aperçues auparavant. On peut discourir sur la courte scène de sexe…, elle me parait opportune car on ne peut pas se tromper… cette passe n’est là que pour montrer que le basculement à bien lieu dans l’esprit de Pietro, ce n’est que du sexe… avec son pouvoir de transgression voire de libération. Le film tourne autour du personnage joué par Nanni Moretti qu’il emmène magistralement « à sa sauce » puisqu’il a coécrit le scénario.
Filmographie : Un delitto impossibile TV : Distretto di polizia ; Distretto di polizia ; Le stagioni del cuore
Avis : Film qui a le mérite de dire autre chose que des banalités, et de montrer comment on peut se trouver soi-même ou auprès d’un tiers dont la vie est affectivement bouleversée sans pour autant être dans « la douleur » communément admise. Enfin on apprécie le décor; l'Italie c’est quand même beau !
Note : 8/10 Rédigé par Jacquie

dimanche 7 décembre 2008

Two Lovers

Sélection Cannes 2008

Réalisateur : James Gray réalisateur américain d’origine russe (1969). Lion d’argent à Venise pour son Little Odessa.
Voir littérature abondante de vincy, yannick sur http://www.ecrannoir.fr
Pays : US Année 2008
Acteurs : Gwyneth Paltrow (Michelle), Joaquin Phoenix (Léonard), Isabella Rossellini, Vinessa Shaw (Sandra). Dir. Photo : Joaquin Baca-Asay
Résumé : L’histoire se passe dans une famille juive. Le fils, dépressif, se jette dans la rivière… en ressort, retourne chez lui comme si de rien n’était…. Il est suivi par un psy, et par sa mère… La famille qui possède une teinturerie à New York, et le fils y travaille avec un ennui constant multipliant les pitreries dès que possible. Un projet d’association avec une autre teinturerie est assorti d’un projet de mariage pour Léonard avec Sandra une jeune femme conventionnelle et sentimentale…. Pendant ce temps Léonard tombe amoureux d’une voisine un peu givrée, Michelle, mais bien dans sa peau qui a une liaison avec un homme marié. L’une représente la tradition familiale juive avec l’ennui à la clef, l’autre l’aventure et la sortie du cercle familial.
Filmographie : Little Odessa, Yards, La nuit nous appartient.
Avis : Un peu kitch, sans grand intérêt. Quelques beaux plans. Je vois pas ce qui serait bouleversant dans cette très banale histoire de choix de vie et de femme.
Note : 6/10 Rédigé par Jacquie

De l'eau tiède sous un pont rouge



Sélection à Cannes 2001

Pour Marie-Odile qui va voir ce DVD!...
Réalisateur : Soshei Imamura : est un cinéaste japonais né le 15 septembre 1926 à Tokyo au Japon et mort le 30 mai 2006 des suites d'un cancer du foie. Figure de la nouvelle vague japonaise, il fut découvert en France au début des années 1960 avec La Femme-insecte (Nippon konchuki, 1963). Il reçut deux Palmes d'Or au Festival de Cannes : la première en 1983 pour La Ballade de Narayama et la seconde en 1997 pour L'Anguille (Unagi), obtenu ex aequo avec Le Goût de la cerise d'Abbas Kiarostami. (Wikipedia)
Pays : Japon Année :2001
Acteurs : Koji Yakusho (Yosuke Sasano), Misa Shimizu (Saeko Aizawa), Mitsuko Baisho (Mitsu Aizawa), Kazuo Kitramura (Taro)
Résumé : Yosuke, un cadre d’une quarantaine d’année est au chômage, sa femme le quitte…. Il passe du temps avec des marginaux sur un quai, où il discute beaucoup avec l’un d’eux, Taro cultivé et philosophe. Il lui confie avoir caché un trésor dans une maison dont il lui décrit la position, et lui demande d’y aller à sa place. Yosuke à la mort du philosophe décide de s’y rendre…. Il rencontre une étrange jeune femme dont il s’éprend aussitôt… Imamura nous conte une histoire allégorique sur le « mystérieux » de la femme et de ses pouvoirs….. Il s’ensuit une histoire fantastique, drôle, érotique pour certains et très décalée par rapport à la réalité du monde moderne. D’un travers physiologique il construit une version éblouissante à l’honneur des femmes et de la nature. On ne s’ennuie pas au contraire, on accepte avec gentillesse le conte qui file à l’envers … prise-de-tête ! Les photos sont belles, les images sont bien amenées et la mise en scène est soignée. A 75 ans c’est un film de jeune homme…. Cependant présenté à Cannes en 2001, il n’a pas été apprécié, tout l’aspect décalé, kitch, drôle ou clin d’œil à ses anciens films a déplu… il faut être sans prétention intellectuelle pour aimer…. Cela me va bien.
Filmographie : La Vengeance est à moi, Pourquoi pas? La Ballade de Narayama, Le seigneur des bordels, Pluie noire, L'Anguille, Dr Akagi , De l'eau tiède sous un pont rouge
Mon avis : Un bon moment à passer avec ce film, qui détend et fait sourire. Je pense que c’est aussi un must, d’autant qu’il y a peu d’œuvres d’Imamura disponibles en France.

Note :9/10 Rédigé par :Jacquie

jeudi 4 décembre 2008

Moscou, Belgium



Aanrijding in Moscou
Caméra d’or à la semaine de la critique Cannes 2008
Réalisateur : Christophe Van Rompaey : Né en 1970. Jeune réalisateur ayant travaillé comme assistant et fait des courts métrages, de la TV. C’est son premier long métrage.
Pays : Belgique Année : 2008
Acteurs : Barbara Sarafian, Jurgen Delnaet, Johan Heldenbergh, Anemone Valcke, Sofia Ferri, Julian Borsani Dir. Photo : Ruben Impens
Résumé : Une mère de famille, dont le mari est parti vivre avec une de ses élèves, rencontre fortuitement un homme plus jeune qu’elle qui vit également une séparation douloureuse… autour de la table familiale et des plats belges les remarques des enfants ne vont pas cesser d’annoncer les humeurs et les sentiments….. notre héroïne se retrouvera coincée entre le retour de son mari et l’envie de repartir ailleurs. Vous saurez que le film ne parle pas de voyage entre la Belgique et Moscou….. s’il s’agit bien d’une intrigue avec un camionneur celui-ci ne va qu’à Milano ! Et Moscou inscrit sur le tram n’est qu’un quartier de Lederger ville située en Flandres. Là aussi vous aurez remarqué que Belge, mais pas Wallon….. le film est sous titré ! C’est une histoire assez banale racontée avec humour belge et beaucoup de réalisme, comme dit une jeune fille « ils sont vrais »
Filmographie : Premier film
Avis : Un film qui traite un peu de tout : couple, amour, adolescents, abandon, différences. Met surtout en scène la famille quand un changement bouleverse les acquis parentaux et les opportunités du rebondissement quand on en a le courage. Bien vu et drôle.
Note : 7/10 Rédigé par Jacquie