mardi 20 novembre 2018

L’avenir


Berlinale 2016 : Ours d'argent du meilleur réalisateur
Les indifférents? Photo Press kit
Réalisateur : Mia Hansen-Løve, réalisatrice française née en 1981. Fille de deux profs de philo… entre au conservatoire d’art dramatique, puis se lance dans le cinéma. Travaille aux cahiers du cinéma, tourne des courts métrages. Tout est pardonné est son premier film. Wikipedia
Pays : France Année : 2016
Acteurs : Isabelle Huppert (Nathalie) ; Édith Scob (Yvette) ; Roman Kolinka (Fabien) ; André Marcon (Heinz)
Dir.Photo : Denis Lenoir Musique airs de Woody Guthrie ; Shubert
Résumé Un couple de profs de philo, se sépare pour des raisons qui leurs sont propres. Nathalie magistralement interprétée par Isabelle Huppert, tient sa force dans son enracinement dans le présent et dans la réflexion philosophique. Nathalie à la cinquantaine va voir son monde affectif se lézarder, une partie de ses intérêts, écrire des livres sur les philosophes, va être frappé de porte close chez son éditeur. Bref tout s’écroule autour d’elle et c’est une situation assez commune à ces âges-là, où bien des virages doivent se prendre. On voit alors un personnage qui va plier sous le vent comme le roseau de La Fontaine, et puiser dans son métier et les philosophes matière à garder le sens du présent. Sa vocation et son engagement pour les étudiants, sera son viatique. Elle n’a aucune illusion sur le fait de retrouver un compagnon, c’est ce qu’elle dit à son ancien étudiant un peu amoureux. Sa vie est faite de relations à sa famille, à ses amis, au monde virtuel des livres et à la puissance de la pensée au service de la vie. L’esprit et le discernement au secours de l’envahissement des affects.
« … Et dès lors L’Avenir, narration d’une totale limpidité, n’est plus, ou plus seulement, la chronique d’une femme, ou l’histoire d’un passage à un ailleurs d’un personnage dans l’âge qui vient.
C’est un flot irisé d’une infinité d’échos, de suggestions, d’harmoniques. Cette aventure de l’existence vaut pour chacun, à n’importe quel âge, de n’importe quel sexe, dans n’importe quelle situation matérielle, sociale, conjugale… » Jean Michel Frodon
« Comme à son habitude, Hansen-Løve prend le temps qu’il faut pour poser chaque scène, pour installer au fur et à mesure le personnage, son entourage et son environnement, de repas de famille en réunions désaccordées avec le nouveau service marketing de son éditeur, de cours en classe en discussions intellectuelles avec son ancien étudiant (nimbées d’un léger suspense érotique), de débats avec son mari en disputes avec sa mère aussi envahissante qu’hystérique. » Serge Kaganski
Voir aussi Film du losange Presskit
Filmographie : Tout est pardonné ; Le Père de mes enfants ; L'Avenir
Avis : Le moment présent d’une femme, « au midi un quart » de sa vie. Portrait touchant de ses désillusions et combats pour simplement être. Enfin un film où les persos lisent des vrais livres ! 
Note : 9/10 Rédigé par Jacquie


dimanche 18 novembre 2018

La Villa


Réalisateur : Robert Guédiguian, réalisateur français né en 1953 à Marseille, est d'origine arménienne et fils d'un ouvrier électricien. Marseille, le milieu ouvrier, l’Arménie feront les sujets principaux de ses films. Profondément ancré à gauche depuis sa jeunesse, il est actuellement bouleversé par la déroute de la gauche et la montée du mercantilisme et de l’individualisme. Une belle carrière de cinéaste dans ce style qui lui est propre : un regard tendre pour les laissés pour compte. Prix « Un certain regard » au festival de Cannes 1997 pour Marius et Jeannette. Plus
Pays : France Année : 2017
Acteurs : Ariane Ascaride (Angèle) ; Jean-Pierre Darroussin (Joseph) ; Gérard Meylan (Armand) ; Anaïs Demoustier (Bérangère la compagne de Joseph) ; Robinson Stévenin (Benjamin le pêcheur) Dir.Photo : Pierre Milon
Résumé : Pour sûr un Guédiguian classique ! avec ses acteurs favoris qui sont quasiment sa famille (surtout Ariane Ascaride), et le souvenir du passé fondateur.
L’histoire est banale, sauf que le père de famille était de ces utopistes qui voyaient l’humanité chaleureuse, partageuse, éprise de sens commun. Entre eux une histoire de rancune, des incompréhensions, des vies souvent misérables à ras de terre mais un sens de l’honneur, du devoir. L’ancêtre plongé dans un profond silence dont il ne sortira pas ne peut plus répondre aux questions de ses enfants (s’ils les posaient !). Meurtris, ils sont réunis par cette mort prochaine, mais communiquent à peine. Le regard posé en arrière, ils ne peuvent se sortir de leur déconvenue et d’un climat d’huis clos lourd de non-dit. Le film vaut par cette évocation, les images des environs de Marseille et de sa rade, les sentiers des contrebandiers dans les pins. On revoit le viaduc gigantesque des films précédents, ici il symbolise le temps qui passe puis la communication magique à ceux qui ne peuvent pas parler.
Filmographie : À la vie, à la mort ! Marius et Jeannette ; À l'attaque ! Les Neiges du Kilimandjaro Avis : Un bon film à la gloire de la culture ouvrière telle qu’elle se partageait un temps. Avec son côté grégaire, solidaire, ses valeurs de l’amitié et l’espoir d’un futur radieux.
Note : 7/10 Rédigé par Jacquie



mercredi 14 novembre 2018

Toni Erdmann

Un clown triste veut récupérer sa fille
Sur Arte lundi 12 Nov
 
Réalisateur : Maren Ade, réalisatrice, scénariste et productrice allemande née en 1976. École de cinéma de Munich. Everyone Else, son deuxième film, a été sélectionné en compétition au Festival de Berlin et a remporté un ours d’argent.
Voir Wikipedia
Pays : Allemagne Autriche  
Année : 2016
Acteurs : Sandra Hüller (Ines Conradi) Peter Simonischek (Winfried Conradi ou Toni Erdmann)
Dir.Photo : Patrick Orth
Résumé : Ce film traite des relations d’un père à la retraite et de sa fille qui travaille corps et âme pour faire sa place dans le business international. Lui est un hurluberlu qui a toujours aimé faire des farces, présenté comme un individu qui ne sait pas communiquer. Sa fille de 37 ans a déjà réalisé une partie de sa carrière, elle est cadre international mais l’opiniâtreté avec laquelle elle mène ses projets professionnels lui cachent les réalités de la vie. En particulier, les sentiments sont absents, et en amour c’est plutôt catastrophique voire déviant ou pervers. Le père par sa présence toujours incongrue et fantasque essayer de la faire réfléchir sur la vie désincarnée qu’elle mène. Ce qui donne des situations cocasses, d’où la comédie ; mais c’est un drame celui des gens de la société des affaires implacable (business) et celui de deux êtres de la même famille qui s’aiment et ne peuvent communiquer.
La façon de filmer de Maren Ade est longue pour exprimer ces deux sujets (2h43). Heureusement que notre héro est un peu clown, sinon la fille froide à souhaits est caricaturale championne du professionnellement correct ... 
Filmographie : Everyone Else (Alle Anderen) ; Toni Erdmann
Avis : Film long, mais son originalité qui est indéniable nous fait passer un bon moment.
Note : 9/10 Rédigé par Jacquie


samedi 23 juin 2018

La jeune fille de l’eau

The Lady of the Water
L'homme de maintien de la résidence

Réalisateur : M. Night Shyamalan : Réalisateur américain né en 1970 à Pondichéry. Sixième sens est le film qui l’a lancé dans le public et chez les professionnels. La jeune fille de l’eau n’a pas reçu un gros succès… Ces films suivants divisent la critique mais fonctionnent auprès du public. « L'univers de Shyamalan est marqué par la représentation de créatures mystérieuses… » Wiki
Pays : US Année : 2006
Acteurs : Paul Giamatti (Cleveland) ; Bryce Dallas Howard (Story) ; Bob Balaban (Harry Farber) ; Sarita Choudhury (Anna Ran) ; M. Night Shyamalan (Vick Ran)
Dir. Photo : Christopher Doyle
Résumé : Une histoire plus ou moins fantastique avec de belles images et des imbroglios à la pelle. Il fallait y penser la personne éveillée venant d’un autre monde, sort d’une piscine située dans un genre de campus « The Cove » peuplée de personnages complètement foutraques. L’idée est super comique, mais elle se mélange à des considérations sur notre vie sociale moins drôles. C’est un film bande dessinée… surtout du domaine ados et encore ados ! On ne se fatigue pas les méninges sur la morale. Le réalisateur joue lui-même un rôle dans le couple frère-sœur de Anna et Vick…
Filmographie : Sixième Sens ; Incassable ; Split
Avis : Film fantastique pour ados.
Note : 7/10 Rédigé par Jacquie


samedi 16 juin 2018

Un été italien

Genova
Un rôle bien difficile, mais réussi.

Réalisateur : Michael Winterbottom né en 1961 réalisateur, producteur monteur Britannique. Il effectue plusieurs métiers dans le cinéma et produit des films aussi différents que La stratégie du choc, et Un été Italien.
Pays : UK Année : 2008
Acteurs : Colin Firth (Joe) ; Hope Davis (Marianne la mère) ; Willa Holland (Kelly) ; Catherine Keener (Barbara) ; Perla Haney-Jardine (Mary)
Résumé : Le film raconte le quotidien d’une petite famille dont la maman vient de disparaitre au cours d’un accident. Deux filles sont avec leur père en Italie où il a choisi de reconstruire leurs vies. La plus petite très choquée par le décès, s’estime responsable de la mort de sa mère, et elle percevra sa mère tout au cours du film. La plus grande entre juste dans l’adolescence et cherche à prendre ses distances de sa sœur et de son père.
« Ce qui fait la force du film du réalisateur britannique c’est un récit simple, beau et touchant ; une histoire personnelle pour lui qui a également deux filles, peut-être le scénario pour lequel il est allé le plus puiser dans sa propre expérience. Cette histoire, aussi bien écrite soit-elle, fonctionne grâce à un excellent casting. » Carine Filloux
Les deux filles jouent très juste leurs rôles et Colin Firth est très à l’aise, du coup on est dans le quotidien sans poses. L’histoire est très simple, et on suit tour à tour chaque personnage qui cherche sa place dans une ville pas forcément très hospitalière.
Filmographie : Jude ; Tournage dans un jardin anglais ; The Killer Inside Me ; La Stratégie du choc ;
Avis : Un film sur le deuil familial vécu par deux filles différentes.
Note : 7/10 Rédigé par Jacquie


vendredi 8 juin 2018

Les amants crucifiés

Sur le lac, la déclaration
Réalisateur Kenji Mizoguchi. 1898-1856. Un des meilleurs cinéastes japonais, auteur de plus de deux cents films. Produit beaucoup de films comme lui demande sa société, puis avec la notoriété il pourra prendre son temps. Dans les thèmes favoris viennent la condition de la femme au Japon, la critique de la société japonaise son hypocrisie et son gout pour le totalitarisme, puis après-guerre la liberté promise. Il tourne beaucoup de films « en costumes ». Wiki
Pays : Japon Année : 1954
Acteurs : Kazuo Hasegawa (Mohei) ; Kyōko Kagawa (O-san) Eitarō Shindō (l’imprimeur) ; Dir. Photo : Kazuo Miyagawa
Résumé : C’est l’adaptation d’une pièce de Monzaemon Chikamatsu écrite en 1715. L’action se passe au Japon médiéval. Ishun est Grand Imprimeur à Kyoto, capitale impériale du Japon, et créancier de nombreux courtisans. Ishun est marié à O-San, de trente ans plus jeune que lui. Ishun est avare et ne s’intéresse qu’à ses plaisirs. Il doit ses succès commerciaux à la corruption des fonctionnaires et à l’avarice avec laquelle il traite son personnel.
Ce qui frappe dans ce film c’est le parti pris d’esthétique, les cadrages avec des objets signifiants aus lignes épurées, les attitudes des acteurs un peu compassés néanmoins mais terriblement beaux. On a l’impression que peu importe le récit, tout est dans l’image, d’ailleurs les dialogues sont réduits. On ne peut que louer l’art de Mizoguchi et de son Dir Photo, Kazuo Miyagawa. Du fait de l’évasion des deux héros, on visite, road movie avant la lettre… la scène de poursuite au milieu des tonneaux est superbe ainsi que les scènes sur le lac.
« Les Amants crucifiés a pour pivot central une histoire d’amour totalement partagé de deux êtres purs, un amour d’abord non déclaré du fait des conventions sociales mais qui va pouvoir s’exprimer une fois passé dans l’illégalité. Comme le titre le laisse supposer, tout cela se terminera mal, Mizoguchi n’a d’ailleurs aucun attrait pour les happy-ends. » L‘œil sur l’écran
« Ah quel plaisir ! Quel plaisir de sentir le souffle de la modernité à travers une œuvre dite "classique". Quel plaisir d'être pris par la puissance d'un film mélangeant harmonieusement drame humain, passion amoureuse et critique sociale. Les Amants crucifiés est un splendide mélodrame dans lequel Mizoguchi défend le droit à l'amour... mais c'est surtout un profond drame... » Kalopani
Filmographie La Vie d'O'Haru femme galante, Les Contes de la lune vague après la pluie, L'Intendant Sansho, Les Amants crucifiés, La Cigogne en papier ; Oyuki la vierge ; Les Coquelicots Avis : Un film culte du cinéma japonais bien que déjà ancien de la part d’un réalisateur issu du muet. Un régal esthétique. Le Racine des japonais !!!
Note : 10/10 rédigé par Jacquie




lundi 4 juin 2018

Monsieur Schmidt

About Schmidt
Que fait cette vieille femme dans mon lit ?

2003 Nomination à l'Oscar du meilleur acteur pour Jack Nicholson et à l'Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle pour Kathy Bates 
Réalisateur : Alexander Payne, né en 1961 réalisateur et scénariste américain. Oscar du meilleur scénario adapté (partagé avec Jim Taylor) pour L'Arriviste. Oscar du meilleur réalisateur pour Sideways. Oscar du meilleur réalisateur pour The Descendants. Oscar du meilleur réalisateur pour Nebraska.
Pays : US Année : 2002
Acteurs : Jack Nicholson (Warren Schmidt) ; Kathy Bates (Roberta Hertzel) ; Hope Davis (Jeannie Schmidt) : Dermot Mulroney (Randall Hertzel) : June Squibb (Helen Schmidt) :
Dir. Photo : James Glennon
Résumé : Adaptation du roman du même nom de Louis Begley. Warren joué par Nicholson part en retraite (bien sûr il n’y a pas pensé avant…) après des années de travail de bureau. Au lendemain de la fête en son honneur, sa femme décède brutalement. Warren est complétement déboussolé par ces deux abandons successifs. Il se retrouve en possession d’un énorme camping-car et décide d’aller se faire réconforter par sa fille des milliers de km plus loin. Celle-ci n’est pas disposée à le recevoir… il s’occupe donc et visite quelques villes et lieux, où des aventures l’attendent. Il est mal dans sa peau et déprime…
« Monsieur Schmidt, joué par un Jack Nicholson toujours au top, fait le point sur sa vie. Ce qu'on aime dans les films d'Alexander Payne, c'est l'ambiance décontractée de ses films. Souvent grâce à la musique, on se laisse transporter dans le voyage intérieur du personnage. » JimAriz
« Cruel, tendre, émouvant, hilarant... Tels sont les adjectifs qui peuvent définir ce Monsieur Schmidt. Cruel parce qu’il n’hésite pas à conspuer ses proches (sa femme en particulier avec cette réplique choc : "Que fait cette vieille femme dans mon lit ?"). Tendre parce que une fois esseulé, il n’hésite pas à traverser les Etats-Unis pour renouer contact avec sa fille unique perdue chez les whites trashes (les bons ploucs américains). » Edgar Hourrière Avoir-alire.com
Filmographie L'Arriviste ; Monsieur Schmidt ; Sideways ; The Descendants
Avis : Road Movie, de la prise de retraite, du milieu business bien moqué, aux aventures sentimentales de ce sexagénaire apeuré par le monde réel. Tenant son journal sous forme de lettres à un africain orphelin.
Note : 9/10 Rédigé par Jacquie