lundi 13 juillet 2009

Adieu ma concubine



Réalisateur : Chen Kaige né en 1952 à Pékin en Chine, il est considéré comme l'un des chefs de file de la génération qui regroupe les cinéastes chinois ayant étudié le cinéma après la Révolution Culturelle. Palme d’Or en 1993 à Cannes, pour Adieu ma concubine.
Pays : Chine Année : 1993
Acteurs : Gong Li et Leslie Cheung Zhang Fengyi
Résumé : Toutzi, enfant d’une prostituée, est conduit dans une école pour enfants destinés au spectacle (opéra). Les conditions d’apprentissage par le maître Guan sont à hurler … Dans cet enfer, Toutzi trouve l’amitié d’un autre enfant : Shitou. Ayant acquis malgré tout un amour réel de l’opéra, Toutzi et Shitou deviennent adultes et de véritables vedettes. Ils changent de nom pour : Dieyi et Xiaolou. Leur succès est dû en particulier à l’interprétation des rôles de l’Empereur Chu et de sa femme, Yu dans « Adieu ma concubine ». Les représentations de cet opéra et le thème de celui-ci sous-tendent tout le film, du début jusqu’au final. La personnalité ambiguë de Dieyi se forme au fur et à mesure des représentations dans le rôle de la concubine, assimilant le personnage féminin qu’il avait eu tant de mal à jouer quand il était à l’école. Ils atteignent une quasi perfection dans leurs rôles. En arrière plan, on voit défiler les diverses calamités qui ont traversé la Chine pendant ces dernières décennies, invasion par les Japonais, révolutions, induisant des changements dans la vie de nos deux héros. Xiaolou se marie, mais Dieyi reste seul et jaloux.
Filmographie : L’Empereur et l’assassin L’enfant au violon Feu de glace
Mon avis : Chen Kaige nous raconte une histoire qui se situe en Chine dans la période charnière 1920-1980, il en profite pour nous intéresser à l’opéra dit de Pékin (jingju), et de nous en montrer la beauté malgré son conformisme hors du temps. A contrario, l’aventure des personnages bien réelle, se heurte à l’actualité et surtout aux oppositions des sentiments. Ce film est esthétiquement beau, tout ce qui fait le spectacle lui donne charme et couleur faisant passer la musique pour nos oreilles … c’est une histoire d’amour … entre …. Pour des infos sur l’opéra dit de Pékin voir le site www.eurasie.net
Note: 9/10 Rédigé par : Jacquie

mardi 30 juin 2009

La vie d'O-Haru, femme galante



Lion d’Argent Festival de Venise 1952

Réalisateur : Kenji Mizoguchi : considéré comme un des plus grands cinéastes de l’histoire du cinéma japonais. Au Japon sa notoriété est immense et dépasse celle d’Ozu et surtout celle de Kurosawa, moins connu en France est pourtant un cinéaste moderne. 1898-1956. Né dans une famille pauvre, sa sœur vendue par son père est sans doute le souvenir le plus cruel qui a influencé son œuvre dédié à la femme.
Pays : Japon Année : 1952
Acteurs : Kinuyo Tanaka (O-Haru) ; Tsukie Matsuura (la mère) ; Ichirô Sugai (le père) Toshiro Mifune (Katsunosuke). Dir. Photo : Yoshimi Hirano, Yoshimi Kono
Résumé : D’après le roman d’ Ihara Saikaku. Une vieille femme, O-Haru, nous raconte sa vie semée de malheurs depuis sa déchéance de la cour impériale de Kyoto. Un coup de foudre se fait entre elle et un samouraï… qui ne pourra pas se transformer en foyer car les deux familles ne sont pas de condition sociale identique. La sentence est pire que cruelle puisque le samouraï est décapité et O-Haru et sa famille chassés de Kyoto. Dans ce malheur son père est pire que tout, seule sa mère la comprend. L’avenir d’ O-Haru ne sera fait que de trahisons de son père qui ne s’intéresse qu’à l’argent qu’elle peut rapporter. Dès que le bonheur ou la chance lui sourit, le sort en veut autrement et la pauvre femme est toujours « l’objet » des hommes. Son seul bonheur à la fin de sa vie misérable est de revoir sa mère…
« dans ce film, Mizoguchi nous livre, peut être le plus ouvertement, ses propres obsessions érotiques. On sait que la femme est au centre de son œuvre. Mais c'est toujours une femme victime, malheureuse, sur laquelle fondent perpétuellement et comme avec prédilection les pires malheurs. Mizoguchi semble donc n'aimer que la femme souffrante torturée, au bord des larmes, des gémissements, de la plainte, qu'il peut alors venir consoler, combler d'un amour débordant et tendre. » Jean Douchet
« Langage commun mais porté ici à un degré de pureté que notre cinéma occidental n'a jamais connu qu'expérimentalement » Jacques Rivette
C’est ce film qui a fait connaître Mizoguchi en occident par sa sélection au festival de Venise.
Filmographie : Les Contes de la lune vague après la pluie ; L'Intendant Sansho ; Les Amants crucifiés ; L'Impératrice Yang Kwei-Fei ; Le Héros sacrilège ; La Rue de la honte ; La cigogne en papier ; Oyuki La Vierge ; La Vie d'O'Haru femme galante ; Cinq femmes autour d'Utamaro ; Conte des chrysanthèmes tardifs.
Avis : Dans ce film les images sont très belles. Les sujets : regard acéré sur la condition féminine et la négation de l’amour dans la tradition sont bien servis par l’actrice préférée de K.M. :Kinuyo Tanaka et le dir photos (les). La mise en scène, chaque plan est très construit et très symbolique. Une œuvre majeure.
Note : 9/10 Rédigé par Jacquie

samedi 27 juin 2009

les contes de la lune vague après la pluie



Lion d’Argent Festival Venise 1953
Réalisateur : Kenji Mizoguchi : (1898 - 1956) a fait 89 films. De ceux-ci 2 sont considérés comme des chef d’œuvres celui-ci et Conte des chrysanthèmes tardifs. Les meilleurs sont cités en bas.
Pays : Japon Année : 1953
Acteurs : Masayuki Mori (Genjuro), Machiko Kyô (Lady Wakasa), Kinuyo Tanaka (Miyagi), Eitarô Ozawa (Tobei), Ikio Sawamura (Genichi), Mitsuko Mito (Ohama)
Résumé : Tiré de deux nouvelles du recueil « Les Contes de la lune vague après la pluie » de Akinari Ueda (publié en 1776) et de Maupassant. Le film raconte le manège des illusions ; avec les aventures de deux couples de paysans d’un village perdu. Il met en scène les espoirs et désirs de paraître ou la sexualité chez l’homme, opposés aux désirs de stabilité, de simple bonheur chez les femmes. Les désirs de richesse ou de reconnaissance vont entraîner les deux hommes vers la prise de risques. Nous sommes dans une période troublée où les bandes armées des seigneurs font des ravages dans les villages et rendent peu surs les voyages. Nos héros une fois l’argent gagné vont commencer à perdre de vue la raison et s’enfoncer dans des situations douteuses. Pendant ce temps leurs épouses semblent payer leurs écarts à la Providence…. La construction des scènes montre toujours les effets à venir et donne une dynamique au film. Le rêve, ou l’aspect fantastique se mêle aux autres scènes avec un decorum simple mais très recherché.
Filmographie : Cinq femmes autour d'Utamaro (1946), L'Amour de l'actrice Sumako (1947), Les Femmes de la nuit (1948) et Flamme de mon amour (1949) Conte des chrysanthèmes tardifs (1939) La vie d'Oharu femme galante (1952) Les musiciens de Gion 1953, L'intendant Sansho 1954, Une femme dont on parle 1954, Les amants crucifiés, L'impératrice Yang-Kwei-fei 1955, Le héros sacrilège 1956, La rue de la honte 1957.
Mon avis : Ce film est un chef d’œuvre de cinéma, c’est clair. Les prises de vues sont très convaincantes, et esthétiques. Malgré le noir et blanc, cette histoire de toujours déroule agréablement sa fable. On le regardera à nouveau avec plaisir.
Note : 9/10 Rédigé par : Jacquie

Les coquelicots



Gubijinso

Réalisateur : Kenji Mizoguchi. 1898-1956 né dans une famille très pauvre il a du mal pendant la première partie de sa vie. Il devient acteur puis commence la réalisation. Commence a être connu en 1936. Après guerre et la liberté nouvelle ses films sortent et sont reconnus en Europe vers 1950 avec La Vie d'O'Haru femme galante, en paticulier grâce au français Rivette. Voir http://fr.wikipedia.org/ wiki/Kenji_Mizoguchi http://www.films-sans-frontieres.fr/mizoguchi
Pays : Japon Année : 1935
Acteurs : Daijiro Natsukawa (Munechika), Ichiro Tsukida (Ono), Kuniko Miyake (Fugio) ; Chiyoko Okura (Sayako) ; Yukichi Iwata (le professeur) Dir. Photo : Minoru Miki
Résumé : D’après le roman de Natsume Soski qui montre deux femmes face à l’amour du même homme deux caractères différents et deux styles également différents. L’une la fille du professeur (Sayoko) est restée traditionnelle et donc très réservée, l’autre (Fugio) a déjà un pied dans le modernisme et oser déclare ses sentiments et même plus. De l’autre côté deux hommes dont l’un a une réussite universitaire (Ono) par un travail assidu et l’autre moins scolaire (Munechika) mais fils de bonne famille, l’un a un caractère faible n’agira pas directement, l’autre fort remet le premier devant les réalités et tire les conséquences. Voir les sites : ilétaitunefoislecinéma.com et cineclubdecaen.com
Filmographie : Les Contes de la lune vague après la pluie ; L'Intendant Sansho ; Les Amants crucifiés ; L'Impératrice Yang Kwei-Fei ; Le Héros sacrilège ; La Rue de la honte ; La cigogne en papier ; Oyuki La Vierge ; La Vie d'O'Haru femme galante ; Cinq femmes autour d'Utamaro ; Conte des chrysanthèmes tardifs
Avis : Film restauré par Carlotta, mais malheureusement imparfaitement, cependant il est très intéressant à voir car il montre le choc entre deux « mondes » par l’intermédiaire d’une histoire d’amours contrariés.
Note : 8/10 Rédigé par Jacquie

La cigogne en papier


Orizuru Osen

Réalisateur
: Kenji Mizoguchi (1898-1956) Venant d’une famille du peuple il commence une carrière artistique en tenant des rôles de femmes, puis il devient assistant réalisateur et fait son premier film en 1922. De ses 90 films peu de son œuvre est connue en dehors du Japon.
Pays : Japon
Année
: 1935
Acteurs : Isuzu Yamada (Osen), Daijirô Natsukawa (Sokichi Hata) Dir. Photo : Minoru Miki
Résumé : D’après un roman de Kioka Izumi. Osen est une femme brimée par une bande de malfaiteurs qui l’exploitent , en particulier celui qui semble en avoir la propriété. Elle a essayé de leur échapper mais ils l’ont rattrapée, pendant ce court intermède elle empêche un jeune ado (Sokichi) de se suicider au cimetière où elle s'était réfugiée et prise de pitié elle le prend avec elle. Les bandits utiliseront ce jeune comme homme à tout faire. Sokichi est en effet orphelin et a perdu sa grand-mère qui l’élevait, il n’en garde que le souvenir ému, et sa dernière recommandation : étudie. qu'il s'efforcera de réaliser . Osen qui est malheureuse aussi décide de l’aider à faire ses études pour devenir médecin. Le film est en fait l’exposé des malheurs d’une femme vendue à un homme peu scrupuleux qui l’exploite dans des actions qu’ Ozen réprouve car c’est une femme foncierement droite. Elle ne peut échapper à ce destin malheureux, mais elle développe à la fois un amour maternel pour Sokichi, qui lui rend un peu de bonheur, et psychologiquement elle se dédouane aussi des mauvaises actions qu’elle est obligée de faire. Elle se consacre à Sokichi en lui permettant de faire ses études et de sortir ainsi du cercle de la misère.
Filmographie : complète sur imdb.com ou wikipedia.org La Cigogne de papier ; Oyuki la vierge ; Les Coquelicots ; L'Élégie d'Osaka ; Les Sœurs de Gion ; L'Épée Bijomaru ; La Vie d'O'Haru femme galante ; Les Contes de la lune vague après la pluie ; Cinq femmes autour d'Utamaro ; La Flamme de mon amour ; L'Amour de l'actrice Sumako ; Femmes de la nuit.
Avis : Dans un coffret les années 30, Carlotta Films met à notre disposition 3 films de Mizoguchi restaurés. C’est une occasion pour les amateurs de beaux films. Celui-ci, très beau, est pour tous les publics surtout pour les amateurs de films d’autrefois, très travaillé au point de vue de la mise en scène et des jeux de lumière. Il a aussi un côté « conte moraliste » avec des flashs back sortis du réel.
Note : 9/10 Rédigé par Jacquie

Oyuki la Vierge



Réalisateur :
Kenji Mizoguchi.
1898-1956 né dans une famille très pauvre il a du mal pendant la première partie de sa vie. Il devient acteur puis commence la réalisation. Commence a être connu en 1936. Après guerre et la liberté nouvelle ses films sortent et sont reconnus en Europe vers 1950 avec La Vie d'O'Haru femme galante, en paticulier grâce au français Rivette. Voir http://fr.wikipedia.org/ wiki/Kenji_Mizoguchi
Pays : Japon Année : 1935
Acteurs : Isuzu Yamada (Oyuki), Komako Hara (Okin) ; Daijirô Natsukawa (Asakura)Dir. Photo : Minoru Miki
Résumé : Inspiré par la nouvelle de Maupassant : « Boule de suif ». Ce film court se place dans une époque troublée par une guerre civile entre l’empereur et un groupe de rebelles dirigé par des samouraïs. Oyuki prostituée de son métier doit fuir avec une de ses collègues alors que les patrons ont déjà quitté les lieux. Les deux femmes arrivent à trouver une dernière diligence qui emmène tous ceux qui peuvent payer leur passage, donc plutôt des bourgeois, la destination est un port d’où ils prendront la fuite sur un bateau. Dans leur voyage les fuyards traversent des régions où on entend siffler les balles. De nombreuses péripéties nous permettent de voir un échantillon de la population dans une situation critique, et le cinéaste se livre à une critique de la société à travers cette narration. Les femmes sont le sujet de moqueries de la part des bourgeois et victimes de leur mépris. La triste vie des geishas et des prostituées est un sujet favori du réalisateur. Ce film fait partie d’un coffret DVD de Carlotta films, qui a restauré ces vieux films oubliés, pour notre bonheur. Voir les pages du cinéclub de Caen : http://www.cineclubdecaen.com/realisat/mizoguchi/oyukilavierge.htm Et Il était une fois le cinéma : http://www.iletaitunefoislecinema.com/dvd/1843/coffret-dvd-de-kenji-mizoguchila-cigogne-en-papier-oyuki-la-vierge-et-les-coquelicots
Filmographie : Les Contes de la lune vague après la pluie ; L'Intendant Sansho ; Les Amants crucifiés ; L'Impératrice Yang Kwei-Fei ; Le Héros sacrilège ; La Rue de la honte ; La cigogne en papier ; Oyuki La Vierge ; La Vie d'O'Haru femme galante ; Cinq femmes autour d'Utamaro ; Conte des chrysanthèmes tardifs
Avis : Quand on a vu les contes de la lune vague on cherche a mieux connaitre l’œuvre de ce cinéaste. Merci à Carlotta de cette recherche et restauration qui nous permet de voir ces films très fins dans leur réalisation. Les copies sont loin d’être bonnes, mais c’est un plaisir néanmoins de les regarder. En bonus la carrière de Isuzu Yamada.
Note :8/10 rédigé par Jacquie

Kenji Mizoguchi

Je vais donner les fiches de tout les films de Mizoguchi que j'ai vus... pour vous donner un petit aperçu de ce grand du cinéma japonnais. leur conservation laisse parfois à désirer mais la découverte de cet auteur mérite qu'on n'y prenne garde. D'un point de vue esthétique c'est du grand art.