mercredi 8 juin 2016

35 Rhums

Une famille...

Réalisateur : Claire Denis Née en 1948, scénariste et réalisatrice française. Est remarquée pour un court métrage et attire l'attention de producteurs de Pathé Cinéma. Elle travaille avec Jacques Rivette, Wim Wenders, Jim Jarmush. Elle met en avant l'importance de la scène, de l'image « Dans le cinéma de Claire Denis, les non-dits occupent une place importante. » Wiki
Pays : France Allemagne Année : 2009
Acteurs : Alex Descas (Lionel) ; Grégoire Colin (Noé le voisin) ; Mati Diop (Jo la jeune fille) ; Nicole Dogué (Gabrielle la taxi) Dir. Photo : Agnès Godard
Résumé : Le sujet la vie quotidienne pour un conducteur de RER qui élève seule sa fille. Une longue introduction ferroviaire nous fait gouter la poésie des petits matins sur les rails où tout est calme et réglé. Le train suit les rails… c’est trivial mais peut être très beau de la cabine du conducteur, les rails sinueux ensorcèlent le paysage. D’autres visions des trains en hiver, de nuit, au loin, passant en ville nous montrent un aspect de douceur et d’intimité de nos chers RER. Claire Denis nous montre les rituels tranquilles d’un père et sa fille dans un Immeuble SNCF. On observe les attentes de l’un ou de l’autre et leurs rapports basés sur une extrême tendresse. Dans l’immeuble il y a beaucoup "d’oiseaux perchés sur les branches" qui attendent le bonheur. Lionel doit se désengager de l’amour que lui porte sa fille pour qu’elle puisse réaliser sa propre vie, il lui dira un soir de se sentir libre de voler de ses propres ailes.
Claire Denis crée des personnages qui ont tous un petit coin triste, un manque… elle procède par touches aller et retour et les choses s’éclairent finalement, comme si on était un nouveau locataire de l’immeuble.
C’est le passage à l’âge adulte qui y est raconté, et les passages difficiles de la vie comme la retraite, la fin d’une histoire d’amour qui ne reprendra pas. Le film se passe, une fois n’est pas coutume dans une communauté black ou métis, il n’est pas interdit de penser que la vie a les mêmes secrets et misères que les autres. Le parti pris de ne filmer qu’avec des acteurs « non blanc » permet de montrer l’envers du racisme ordinaire. J’ai été séduite par la photographie d’Agnès Godard, je pense que la communauté de gouts de ces deux femmes a fait beaucoup pour la poésie exprimée dans ce film. Même le petit bruit des rames qui filent est reproduit avec ses lumières… qui les transforment en chenilles de nuit. Le RER la nuit ce n’est pas que glauque ! 
Les qualités esthétiques du film en font un film majeur, le scénario en déroutera plus d’un par son style.
Bien reçu par les critiques et pas toujours compris par Mr et Mme Toulemonde! Pourtant, si on fait bien attention... dans la vie de tous les jours on peut déceler cette poésie sous-jacente.
« On a toujours l’air un peu idiot à tenter de “raconter” un film de Claire Denis. Son cinéma ne fonctionne pas sur des récits lisibles à la virgule près, mais procède par coulées sensorielles, non-dits, ellipses, pointillés à combler, éclaircissements différés. » Serge Kaganski Les Inrocks
Filmographie : Chocolat ; Beau Travail ; Trouble Every Day ; 35 rhums ; White Material
Avis : Pour moi Claire Denis est une grande cinéaste, mais c’est une femme, et ce n’est toujours pas facile dans un monde de machos !
Note : 10/10 Rédigé par Jacquie

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