mardi 10 août 2010

Gadjo Dilo

César 1999 musique de film.
Locarno 1997 Léopard d’Argent et prix pour Rona Hartner

Réalisateur : Tony Gatlif, né d'un père kabyle et d'une mère gitane en 1948 en Algérie. Adolescence difficile en France. Il est aussi musicien et compositeur. Il obtient 2 fois le César de la meilleure musique de film, et le prix de la mise en scène en 2004 pour Exil.
Voir article de Castelnau-Mendel Florence:
Pays :France Année : 1998
Acteurs :Romain Duris (Stéphane) ; Rona Hartner (Sabina) ; Izidor Serban (Izidor) Dir. Photo :Eric Guichard Musique : Gatlif et Rona Hartner
Résumé : Stéphane un très jeune homme est parti en Roumanie dans l’espoir de rencontrer une chanteuse, Nora Luca, que son père écoutait beaucoup dans les dernières années de sa vie. Stéphane, plutôt du genre insouciant, demande à tous les gens qu’il rencontre s’ils connaissent un moyen de rencontrer cette femme. On le trouve au début du film sur la route dans cette quête croisant des tziganes qui ne parlent que la langue rom et qui se moquent gentiment de lui. A la faveur de ses tribulations il se lie d’amitié avec un vieux Rom (Izidor) dont le fils vient d’être emmené en prison et qui de ce fait noie sa tristesse à coups de Vodka. Izidor lui fait un peu de place chez lui, mais le village ne l’entend pas de la même façon quand ils découvrent le jeune gadjo (non gitan) ceux-ci déclinent toutes les clichés que reproche le monde moderne aux gitans… assez cocasse il est donc traité de voleur de poules, d’enfants etc…
Le film est l’occasion d’admirer la musique tzigane et l’art de la danser, la musique n’est pas accessoire elle est indirectement la raison de ce périple, et fait partie de la vie des gitans. Les artistes sont :Monika Juhasz-Miczuro (N Luca) RHartner, Adrian Simionescu, Esma, et les orchestres Gypsy Star, Orchestre Marin Ionica.
Ce que Gatlif montre c’est l’inimitié des roumains pour la population Rom même si celle-ci est sédentaire (et nationale). Il montre comment un petit groupe « mafieux » attise les griefs de la population roumaine par leurs méfaits et leur arrogance. Le petit village en lui-même est « spécial » mais assez inoffensif. Voilà donc un film de 1998 qui est toujours d’actualité. La communauté tzigane et en particulier Rom n’est bienvenue nulle part ; en France on veut les renvoyer en Roumanie où ils ne sont pas mieux acceptés que chez nous… champions (théorique) de l’égalité et de la fraternité.- nous rejetons ceux qui sont différents et qui donc font peur. Dans le film ce que j’ai beaucoup aimé de l’humour grinçant de Gatlif c’est le moment où les Roms reprochent à Stéphane ce qu’on attribue généralement aux gitans ou tziganes, et quand Izidor déclare que Stéphane vient de France, pays de liberté, où les tziganes vivent heureux et respectés ce qui est le comble de l’ironie pour cet été 2010, Un fait divers et une bavure ont mis le feu aux poudres à la Présidence de la République trop contente de se faire valoir d’actions sécuritaires dans un contexte électoral défavorable. De même que le dernier film de Gatlif : Liberté fait « souvenir » de la maltraitance nazie et nationale des populations française d’origine tzigane. Pour info : Amnesty International s’intéresse à la maltraitance des populations tziganes et Roms (www.amnesty.fr) http://www.amnesty.org/en/news-and-updates/france-president-urged-not-stigmatize-roma-and-travellers-2010-07-23
Filmographie : Korkoro; Transylvania; Exils; Vengo ; Je suis né d'une cigogne ; Gadjo dilo ; Mondo ; Latcho Drom ; Les princes ; Liberté
Avis : Arte a publié un coffret avec Gadjo Dilo et Vengo qui est très intéressant au point de vue de l’art de Gatlif, de la musique tzigane. Cependant il est « éducatif » pour nos jeunes qui ne comprennent pas qui sont ces gens différents, croisés dans le métro. Gatlif ne donne que quelques clés à la faveur de ses films, mais à eux tous il est possible de comprendre cet autre qui n’est pas celui qu’on vous fait croire. Devant des renards (ils mangent aussi les poules J), la société peut les tuer, ou les apprivoiser à la mode du Petit Prince que chacun admire… pourtant.
Note : 8/10 Rédigé par Jacquie

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